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pour d'autres corps; la lumière électrique, si riche en ravoiis chimiques, détermine la phosphorescence en un temps exlrèmement court.

Georges Pouchet nous citait un cas remarquable de phosphorescence déterminée par une insolation prolongée et qui se produisait sur la plus vaste échelle. Il se trouvait en Égjpte en face d'une bande de collines qui, à la lumière du soleil, avaicDl reflété pendant toute la journée une teinte d'un blanc jaunâtre éblouissant; au coucher de l'astre, descendu presque perpoodiculaircment sous l'horizon, coucher suivi d'un très court crépuscule, les coltines dont il s'agit, bien que n'étant plus éclairées par la lumière solaire , conservèrent quelque temps un éclat, une illumination que nulle réflexion lumineuse ne pouvait expliquer. N'esl^il pas probable que sous l'action contiDuc d'une insolation intense et qui avait duré de longues heures, les roches dont ces collines étaient formées, étaient devenues lumineuses par phosphorescence? M. Edmond Becquerel, comme on le verra plus loin, a reconnu que certains corps soumis à l'action solaire conservaient des traces de phosphoresccaec plusieurs heures après l'exposition à la lumière ; celte persistance est môme plus grande chez les substances où la phosphorescence est développée avec une faible intensité.

Ainsi, voilà toute une série de phénomènes, dans lesquels la production de la lumière n'est ni le résultat d'une combustion vive à une haute température, ni celui d'une illuminatioo rapide qui disparaît aussitôt que la sonnée cesse d'être en présence de l'objet éclairé. Tous les corps que nous venons de passer en revue et que des circonstances particulières rendent phosphorescents, acquièrent, pour un temps limité il est vrai, mais souvent assez considérable, la propriété d'être lumineux par eux-mêmes, d'émettre de la lumière sensible dans l'obscurité, lumière assez forte pour éclairer les objets voisins.

Les faits étant décrits, essayons d'en indiquer les conditions déterminantes, sinon d'en faire connaître la cause.

PHOSPHORESCENCE

g 5. LA PHOSPHORESCENCE. CONDITIONS ET CAUSES DES PHÉNOMÈNES.

La phosphorescence paraît due à des causes multiples. Dans les êtres organisés et vivants, le mode de production de la lumière est à peu près inconnu. On sait seulement que la volonté de Tanimal joue un certain rôle, qu'une température modérée est nécessaire au dégagement de la lumière, ainsi que la présence de l'oxygène. Un froid trop vif, une chaleur un peu forte la font également disparaître. Dans le phosphore, le bois pourri, les poissons morts, la production dé la lumière est due sans doute à une action chimique, à une combustion lente ; dans le vide en effet, toute phosphorescence cesse. Enfin, il résulte des faits exposés plus haut que l'insolation, l'élévation de température, l'électricité, et des actions mécaniques oii rélectricité et la chaleur jouent sans doute un rôle, sont dans beaucoup de cas des conditions favorables au développement de la phosphorescence. Dans ces derniers temps, ce mode singulier de production de la lumière a été l'objet d*études fort intéressantes, dues à MM. Biot, Matteucci, et principalement à M. Edmond Becquerel. Nous allons les résumer rapidement.

Il a d'abord été reconnu que la phosphorescence est une propriété que peuvent acquérir momentanément un grand nombre de corps, surtout à l'état solide et à l'état gazeux : le papier, l'ambre, la soie, et une multitude d'autres matières d'origine organique; les oxydes et les sels des métaux alcalins, des métaux terreux, et de l'uranium; un grand nombre de gaz. Mais ni les autres métaux ni leurs composés n'ont pu jusqu'ici manifester la moindre trace de ce phénomène.

Les teintes de la lueur phosphorescente varient selon la nature du corps : ainsi les pierres précieuses émettent une lueur jaune ou bleue. Les sulfures de strontium, de baryum, de calcium, donnent toutes les nuances du spectre, depuis le rouge jusqu'au violet. Mais un fait singulier, mis en évidence

LZ ^ONnS PHTSIQÏÏE.

;. ^{ m*^ la teinte et la Tiracilé de la lueur -riî.'inrni le la tempéralnre, mais aussi du (1 -.t'- -ii^forps. ^l œ ipi est plus singulier

3i'i.VtL.nrp ies sfis d'iHi ils ont été tirés.

iv-if^ srronates lie chaux, du spath, de la

vint niius MT le âoufire, il obtint sii sul- Tn. TL.rjeï .m. soleil. deTinrent phosphores- [ ia? " it?tnriié les teintes suivantes :

Td-tt it b lueur.

'tui Jaaae onngi-.

■.4m .e -^Mm Tat

-R-mu.- ibmise T«l.

(anrn- Vukl ros*.

1 rrr-'jum; ie Vertaison, . . . VmXtt rase.

, -^t ' n rm ue permeltre une comparaison, dit M. E. Bec- ;i«*-fi i ' «.vaïftun lie i-es faits, on pourrait dire que ces der- ■ut-> oi't'--^. j'^r rjppui't aux effets lumineux, sont analc^es .tu.\ -t'niL's ^oiiorfs auxquelles on fait rendre différents sons <ui«iiiti t'iir t'Lal lie tension. »

L". iL-vatiou ite la température, nous l'avons déjà dît, accélère !a !<iioï^>hures€euoe ; mais aussi elle la &it dépenser plus vite : U Uu'itr obleuue dure moins longtemps. Elle a aussi pour effel lit- iiiu«lilit'i" les teiutes; ainsi le sulfure de strontium, bleu à la tiiuporatuif oitliiiaire, passe au violet-bleu, au bleu clair, au ^trl, au jaune, et enliii à l'orangé, quand on élève prc^-essive- UK'iil sa tt'mpéi-alure de 20 degrés au-dessous de zéro à 150 dejiivs au-dfssus.

Il était d'un grand intérêt d'étudier la manière dont les tliwi'si's radiations du spectre agisseot sur les corps pourdétoiiuinui' leur phusphurence. depuis les rayons chimiques situés dtiiiH la pai'tie obscure du spectre au delà du violet jusqu'aux ravoiii* caloritî'^ues de la partie au delà du rouge. Pour cela, ou a iirojclé le spectre sur des bandes recouvertes de diverses Hub^litiioi-s phosphorescentes, puis on a examiné dans l'obscu-

PHOSPHORESCENCE rite les eflets lumineux produits à des c'est-à-dire dans les régions que détermii tiques. On a vu ainsi quels étaient les ra; les efiets lumineux les plus intenses. On a mum d'action dépend des corps impressioi les cas, ce sont toujours les rayons chimi du violet, les plus réfrangïbles par consét la phosphorescence : les rayons calorifiqu* mais ils sont doués de la propriété de (

- Eipérionccs de H. E. Bovqucrel sur h phosphon électrique.

rayons chimiques. Ces résultats expliquen action de la flamme des bougies ou du phosphorescence des corps, et au conlr lumière électrique : cette dernière sourc chimiques ou ultra- violets, tandis que les rayons de chaleur, sont très pauvres au chimiques. On voit dans la figure i57 h par M. E. Becquerel pour l'étude de cette électrique. Les diverses matières phosph fermées dans une série de tubes de Geiss même circuit. Quand le courant de la bob

à travers les tubes, ies diverses substances s'illuminent, prennent chacune une coloration spéciale, et il est facile de comparer en même temps les durées relatives de l'illumi nation pour chacune d'elles. La lumière si vive du magnésium rivalise, comme l'a montré M. Le Roux, avec la lumière électrique. H suffit d'allumer un fil de ce métal en présence d'un tube renfermant par exemple du sulfure de calcium, pour obtenir

Fig. 158. — Pliosphoroscope de M, E. Btcquerel.

une phosphorescence prolongée de cette substance, ainsi qu'on le constate en portant le tube dans l'obscurité.

M. Edmond Becquerel a imaginé, pour l'étude de ces phénomènes, un instrument qu'il nomme phosphoroscope , et dont voici la description sommaire : Deux disques noircis sont percés chacun de quatre ouvertures en forme de secteurs et peuvent tourner autour d'un axe commun ; mais comme les ouvertures de l'un ne correspondent pas aux ouvertures de l'autre, il en résulte qu'un rayon de lumière ne peut jamais traverser

PHOSPHOnESCENGE. S55

le système des deux disques, quelle que soit d'ailleurs la vitesse de rotation. Ils sont l'un et l'autre enfermés dans une boite noircie qui reste immobile et dans les parois de laquelle sont |iratiquées deux ouvertures. La lumière solaire arrive par l'une d'elles, frappe le corps dont on veut étudier la phosphorescence et qui est fixé entre les deux disques dans l'axe des fenêtres^ extérieures de la boite; mais, comme nous venons de le dire, elle ne peut traverser de l'autre côté. La lueur phosphorescente provoquée dans le corps passe, au contraire, par l'ouverture opposée, toutes les fois que le mouvement de rotation amène l'une des fenêtres mobiles en face de l'ouverture extérieure.

L'action de la lumière sur le corps se reproduit ainsi quatre fois à chaque tour : si la vitesse est sulTisante, la phosphorescence produite est continue, et la sensation produite dans l'œil de l'observateur l'est pareillement.

Le phosphoroscope ainsi construit laisse arriver au corps qu'on observe une quantité de lumière constante,

. . , Fig. I5i). — DiM|iies du jibos-

(luelle que soit la vitesse de 'rotation; phoroscopc.

il en est de même pour la quantité de

lumière phosphorescente qui arrive à l'œil ; mais la durée de l'action continue de la lumière sur le corps varie avec cette vitesse, puisqu'elle est égale au temps qu'une ouverture meta jiasser devant lui ; cette durée se mesure d'ailleurs aisément, quand on connait les dimensions de l'ouverture et le nombre des tours que fait en une seconde le système des deux disques mobiles. En résumé, plus la rotation est rapide, plus est petite la durée de l'action de la lumière, mais aussi plus les interruptions dans cette action sont courtes, de sorte qu'il doit y avoir une certaine vitesse pour laquelle on obtient le maximum d'éclat.

A l'aide du phosphoroscope, M. Becquerel, outre les résultats que nous avons déjà indiqués plus haut, a pu constater

dans certains corps des émissions lumineuses dont la durée est excessivement faible, puisqu'elle ne dépasse pas la diimillième partie d'une seconde. D'autres, comme tes sulfures verts de strontium et de calcium , restent phosphorescenU pendant trente-six heures. Le diamant luit pendant plusieurs heures. Enfin, il a pu étudier la loi suivant laquelle les corps phosphorescents perdent leur lumière par émissions successives.

La lumière émise par divers végétaux et animaux phosphorescents a été soumise à l'analyse spectrale ; on a trouvé que les spectres de ces lumières sont continus, qu'on n'y peut distinguer ni raies obscures ni raies brillantes.

g 6. rHËNOHÈNES DE PLDOllESCENCE.

Si l'on dispose à l'intérieur d'une chambre obscure une auge en verre remplie d'une dissolution de bisulfate de quinine, et si l'on projette sur l'une des faces du vase un faisceau de lumière solaire, ce faisceau F traverse le liquide sans perdre de sa force, F'. La lumière vue par transmission reste blanche el la solution de quinine parait tout à fait incolore. Toutefois la face antérieure ABaft, celle sur laquelle lonibe le faisceau lumineux, a pris une belle teinte d'azur, qu'elle reu-

t'ig. 160. — Fluorescence du sulfale voic par diffusiolJ daUS tOUS IcS

e quinmc. ^^^^^ ç,^^^ ^ ^.^ ^^^^^ Herscbel

qu'on doit la première observation de ce phénomène, qui a été cohstatc ensuite dans un assez grand nombre de substances.

Par excm]»le, si l'on projette à la surface d'un vase plein d'eau quelques fragments d'écorce fraîche de marronnier d'Inde, et qu'on expose le vase à la lumière du soleil, on voit

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