‹ Le monde physique (volume 5)Chapitre 76 sur 185 · FLUORESCENCE. ' S · texte numérisé non relu

FLUORESCENCE. ' S

bientôt des courants bleuâtres d'une teinte assez vive, descendre de chaque fragment et peu à peu remplir tout le liquide. L'expérience est plus frappante quand on la fait dans la chambre obscure, et qu'on reçoit le faisceau à l'aide d'une lentille adaptée à l'ouverture de la chambre, après lui avoir fait préalablement traverser un écran en verre violet. « L'esculine que renferme l'écorce, dit M. Ë. Becquerel, commence à se dissoudre dans

Fig. 161. — Fluorescence de l'esculine.

l'eau, et l'on voit aussitôt des traînées bleuâtres assez vivement lumineuses, qui accusent la présence de cette matière, descendre verticalement dans l'eau, dont la teinte est plus sombre et dont la couleur est violet foncé comme celle du faisceau des rayons incidents. Si au bout de quelques instants on agile l'eau, l'esculine se mélange à toutes les couches, et le vase entier prend la teinte bleue. »

Parmi les substances liquides qui jouissent de cette propriété de s'illuminer à la surface, citons encore les solutions alcooliques de chlorophylle, d'orseille, de tournesol, de datura stramonium. Certains corps solides transparents, le verre d'urane, le spath fluor, sont dans le même cas. C'est en étudiant sur ce dernier corps la phosphorescence spéciale dont il vient d'être II. »

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question, qu'un physicien anglais, M. Stokes, a donné à l'ensemble de ces phénomènes le nom de fluorescenee.

Le spath fluor (cliaux fluatée ou fluorine) se trouve fréquemment dans les fîlons métallifères, sous la forme de beaui cristaux cubiques, tantôt réguliers, tantôt à faces octaédriques. Exposés aux rayons solaires dans la chambre obscure, ils se colorent d'une vive lumière répandue en couche mince à la surface, et dont la teinte varie avec les échantillons : violette, bleuâtre, bleu-verdâtre, rose'.

On a vu plus haut que J. Herschel avait reconau que la lumière qui avait pénétré dans la solution de sulfate de quinine ne perdait point de sa force, et que la solution restait transparente et incolore. Mais il constata aussi un iait très important, qui est général dans les phénomènes de fluorescence. Ayant disposé à la suite l'une de l'autre deux cuves remplies du même liquide fluorescent, il trouva que le faisceau, après son passage dans le premier milieu, avait perdu le pouvoir de provoquer la fluorescence dans le liquide du second vase. On met en évidence celte propriété curieuse de la façon suivante : Un tube TT' (flg. 162) plein de la solution de quinine devient lumineux tout le long de la face ou de. l'arête exposée aux rayons solaires. On le plonge dans la cuve pleine du même liquide et aussitôt toute la partie immergée du tube perd sa lumière, tandis que la face AB de la cuve placée en avant s'illumine ellemême. On observerait le même phénomène avec deux cristaux de fluorine dont l'un serait disposé à la suite de l'autre.

On fait, dans les cours de physique, une expérience curieuse qui consiste à tracer un dessin quelconque sur une feuille de papier, à l'aide d'un pinceau imbibé de sulfate de quinine. Exposé à la lumière blanche, le dessin se voit à peine. Mais si l'on interpose, entre le faisceau de lumière et la feuille, un

i. Le spath fluor, qui a donne son nom aui phénomènes de fluorescence, doknl tiK<i lumincui par la chaleur. En le rcduisanl en poudre el en projetant celte ponssiirc bltotk sur une feuille de tôle chauflce au-dessous du rouge naissant, oUe émet une lumière qm " du rose au ijokl el au blanc.

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