LES RÉSEAUX. — FRANGES POLTGHROMATIQUES
Frauenhofer, dont nous avons cité déjà les belles expériences sur les raies du spectre, porta dans l'étude des phénomènes de diffraction ce génie de la précision qui le distinguait à un si haut degré. Après avoir observé les images produites par un nombre très limité de petites ouvertures, il eut l'idée de voir ce qui se passe quand la lumière traverse un réseau formé d'une multitude de fils très fins, parallèles ou croisés. Il employa d'abord un réseau en fil d'archal, composé d'un grand nombre
i . Du moins le croyait-on alors. A la vérité, Texpéricnce proposée par Poisson en vue de la réfutatioii de la théorie que présentait Fresnel, avait été faite vers 1715 par Tastronoroe français Delisleet était complètement oubliée un siècle plus tard. (Y. Verdet, Leçon» d^ optique physique,)
2. « Dèfli que le diamètre de Técran est un peu grand, dit Fresnel, par exemple d'un centimètre (celui d*Arago avait 2 millimètres), les moindres défauts de ses bords ou de la plaque de verre sur laquelle il est fixé altèrent la régularité des anneaux obscurs et briUanti qui entourent la tache blanche du centre de Tombre. 11 faut que le petit disque soit tourné avec le plus grand soin en forme de cône tronqué, de manière que les bords soient taillés en biseau. La plaque de verre doit être parfaitement exempte de stries, et avoir ses (aces bien planes. • On voit, par Tindication de ces précautions, avec quel soin les expériences d'optique doivent généralement être conduites pour réussir.
de fils très fins tendus sur un cadre rectangulaire, au moyen de deux vis parfaitement semblables. Puis, pour obtenir une plus grande régularité et une plus grande finesse dans les intervalles qui laissent passer la lumière, il traça sur des plaques de verre couvertes d'une feuille d'or des lignes parallèles et équidistantes ; puis il grava les mêmes traits au diamant sur le verre même, formant ainsi plus de 1000 divisions par millimètre. Chaque strie est un écran opaque, et les intervalles des stries laissent passer la lumière. Du reste, un nombre beaucoup moindre de divisions rend le réseau plus régulier, et 38 traits suffisent au besoin pour observer les phénomènes.
Outre les réseaux à lignes parallèles, Frauenhofer étudia les réseaux à mailles carrées, formés par deux séries de lignes se croisant à angle droit, et ceux à mailles circulaires ou de toute autre forme. Il obtint de la sorte un grand nombre de figuresoù les franges et les spectres se distribuaient avec une symétrie merveilleuse; mais il fît plus, il étudia les lois de cette distribution, lois que M. Babinet a prouvé être autant de conséquences nécessaires du principe des interférences.
On voit dans la planche V le phénomène résultant du passage de la lumière à travers un réseau à lignes parallèles : au milieu est une ligne brillante, puis deux larges intervalles obscurs suivis de chaque côté de deux spectres dont le violet est tourné vers le centre, et si purs, que les raies sombres y sont aisées à distinguer. Au delà, viennent deux nouvelles bandes obscures, et enfin deux séries de spectres superposés de plus en plus étalés et plus pâles. Un réseau à mailles carrées donne l'image représentée, dans la même planche V, audessous de la précédente : outre la ligne brillante centrale et deux séries de spectres plus étalés que ceux du réseau à mailles parallèles, on voit dans les quatre angles droits une multitude de petits spectres rayonnant vers le centre. Newton avait entrevu l'identité des phénomènes de diffraction par les petites ouvertures et par les réseaux, comme il ressort de ce passage de son Optiqiie : « En regardant le soleil au travers d'une