À UN AXE ET À DEUX AXES
une croix blanche, et les anneaux irisés présentent, aux mêmes distances du centre, des couleurs complémentaires de celles qu'ils alTectaient dans la première expérience (planche VII, iig. 3). Dans les positions intennédiaires des axes des tourmalines, on passe graduellement de la première apparence à la seconde : si les axes sont inclinés de 45**, on obtient la figure 2 (le la planche VII.
Tels sont les phénomènes, quand on se sert de la lumière blanche. Si Ton s'était servi de lumière homogène, de lumière jaune par exemple, on eût obtenu des anneaux alternativemenl brillants et noirs, traversés par des croix semblables à celles qu'on vient devoir dans les expériences précédentes, les anneaux brillants élant de couleur jaune. Les anneaux de même ordre seraient, si l'on employait les diverses couleurs du spectre, d'aulant plus grands que ces couleurs sont plus réfrangibles. Voilà pourquoi les anneaux sont irisés avec la lumière blanche, et pourquoi le violet ()ccui)e, dans ce cas, le bord extérieur de chaque anneau dans la première position du polariscope.
C'est en 1813 que Brewsler découvrit les anneaux colorés produits par la lumière polarisée, quand elle vient à traverser, en convergeant, des lames minces de cristaux biréfringents : il les vit d'abord dans le rubis, l'émeraude, la topaze, la glace, le nitre, et plus tard le docteur Wollaston les observa dans le spath d'Islande. En étudiant ces phénomènes dans les différentes substances cristallisées, Brewster arriva à distinguer les cristaux biréfringents en deux classes, celle des cristaux à un axe, et celle des cristaux à deux axes. Voici comment : tandis (|ue dans le rubis, l'émeraude, le spath par exemple, il n'aper- <;ut qu'un simple système d'anneaux colorés, dans le nitre, la • topaze, Uiillés suivant une certaine direction et observés à travers la pince à tourmaline, etc., il observa un double système d'anneaux, alternativement noirs et brillants si la lumière polarisée qui les traverse est homogène, et irisés si cette lumière est blanche. C'est ce phénomène qui fit découvrir à Brewsler les cristaux biréfringents à deux axes.
Pour observer les anneaux dont il s'agit, on taille une lame, de nitre par exemple, perpendiculairement à la ligne moycuiu des deux axes, et on l'interpose entre les anneaux de la piocc à tourmaline. On aperçoit alors l'une des figures 4, 5 el 6 de la planche Vil. La figure 6 coiTespond au cas où le plan des axes de la lame de nitre est parallèle au plan primitif de polarisation ; la figure 4 à celui où ces plans font un angle de 45°; eutiii la figure 5 représente les anneaux donnés par la position iotcimédiaire. Au delà de 45° jusqu'à 90*, on retrouve les mdmes apparences, et il en est de même dans chaque angle droit, si
Fig. S06. ~ Anneaux colorés du spalh.
l'on continue à faire tourner sur elle-même la plaque de nita'. Avec la lumière homogène, on obtient des anneaux allenintivement noirs et brillants, ces derniers étant de la couleur de la source.
Si, en laissant la lame fixe entre les deux tourmalines, on fait tourner le polariscope ou analyseur, c'est-à-dire la tourmaline voisine de l'œil, les anneaux, sans changer de position, changent peu à peu de couleur, et quand la rotation est de 90' ou de 270', ces couleurs sont devenues les complémentaires de celles que donnaient les anneaux dans les mômes positions de la lame : les croix noires ont été remplacées par des croix blanches.