BALANCES DU COMMERCE
était tout entière exercée en B; or nous supposons que le levier OB est le dixième de la longueur OA; dès lors, dans notre hypothèse, il suffira de poids dix fois moins lourds que celui du corps à peser, pour équilibrer celui-ci. Si l'équilibre, par exemple, est établi en poids marqués avec 5\400, le poids réel du corps est de 54 kilogrammes.
Les balances à bascule, auxquelles diverses modifications ont été apportées depuis leur invention, sont très usitées dans les bureaux à bagages des messageries, des chemins de fer, et dans les magasins du commerce. Quand il s'agissait de peser des voitures ou des wagons tout chargés, on se servait autre-
Fig. 191). — Pesoii. Fiy. 200. — Pèse-lettres.
fois, en France, des ponts à bascule, sortes de balances dont le principe est analogue à celui des balances de Quintenz, c'est-à-dire repose sur une combinaison de leviers de diverses longueurs. On emploie encore les ponts à bascule ou halances de Sanctorius^ dans quelques pays étrangers.
Le j^eson (fig. 199) est une balance qu'on emploie pour la pesée des matières légères , des lettres par exemple (on le nomme dans ce cas pèse-lettres), ou, dans les filatures, pour la pesée de la soie, de la laine, du colon.
C'est un levier AB, susceptible de tourner autour du point 0.
1. Sanctorius est le nuiii du savant italien aïKjiiel on en allribiie l'invention.
L'une des branches A porte le plateau ou bassin destiné à recevoir les matières à peser. En 0 est une aiguille fixée au levier à angle droit : le peson étant libre, AB reste horizontal, et l'aiguille prend alors une position verticale ; mais quand on place un corps dans le plateau, l'action de ce poids au bout du bras de levier OA entraîne l'aiguille et lui fait parcourir les divisions d'un arc de cercle convenablement gradué. Cet appareil n'exige, comme on voit, l'usage d'aucun poids. Sa graduation se déduit d'un principe de mécanique très simple, à savoir que les poids placés dans le plateau sont proportionnels, non pas aux angles que l'aiguille fait avec la verticale, mais aux tangentes de ces angles, c'est-à-dire aux distances CT, CT',...quela direction de l'aiguille prolongée détermine sur la ligne horizontale menée du point C, ligne qui est dès lors tangente à l'arc de cercle décrit du^'point 0 comme centre.
La figure 200 représente la forme qu'on donne habituellement au pescm quand on l'emploie à la pesée des lettres.
Nous terminerons cette description des instruments de pesage usités dans le commerce et l'industrie par quelques mots sur la balance de Roberval (fig. 201). Les deux plateaux de
Fig. 201. — Balanco de Roberval.
cette balance reposent, à la partie supérieure du fléau, sur deux couteaux dont les tj anchants sont tournés vers le haut et sont fixés à deux tiges mobiles égales, AA', BB', reliées entre elles, à