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THÉORIE DES PUITS ARTÉSIENS

Ces nappes liquides suivent les sinuosités et inclinaisons des couches; il suffit donc, pour que l'eau monte dans le puits, qu'il y ait entre le point atteint par la sonde et le niveau de la nappe à une distance quelconque, une certaine différence de hauteur. On voit un exemple de ce fait dans la coupe géologique des terrains qui constituent le sol parisien, depuis Paris jusqu'au niveau supérieur du bassin , au plateau de Langres (fig. 218). Les couches de sable aquifère qu'on a rencontrées à des profondeurs de 548 et de 570 mèti'cs, pour le ïorage des puits artésiens de Grenelle et de Passy, sont surmontées par une série de roches, notamment par une couche de craie d'une épaisseur considérable. Toutes ces assises vont, en se relevant progressivement, affleurer en des points d'autant plus éloignés

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Fig. 218. — Coupe géologique du bassin de la Seine entre Paris et Langres.

que leur profondeur relative est plus grande. Le sable aquifère n'émerge qu'au plateau de Langres. Sur toute l'étendue du bassin où a lieu cet affleurement, la couche de sable reçoit les eaux pluviales qui s'infiltrent et descendent dans toute sa profondeur, constituant ainsi comme une succession d'immenses tubes recourbés où la nappe liquide est de plus en plus comprimée. On comprend dès lors qu'en creusant un puits en un point dont l'altitude est inférieure à celle du plateau d'affleurement, l'eau montera dans le puits et jaillira au-dessus du sol dès que la profondeur du forage sera assez grande pour atteindre la nappe d'eau en question.

La théorie des puits artésiens, telle qu'on vient de l'exposer sommairement, s'appuie donc sur le fait de l'existence de nappes d'eau souterraines , de lacs ou plutôt de courants emprisonnés dans

les profondeurs des couches du sol. Ces nappes d'eau se rencontrent dans des couches perméables, formées de sables plus ou moins désagrégés, ou encore de roches calcaires criblées de vides ou de fissures, mais comprises entre d'autres couches imperméa-

Fig. 219. — Puils artésien de Paris.

bles, telles que des bancs d'argile. L'alimentation de ces rivières souterraines se fait par la pénétration des eaux pluviales qui tombent sur les régions où a lieu l'aifleurement des couches perméables. Et c'est précisément la différence de niveau qui existe entre les points de départ du courant liquide et celui du

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