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PUITS ARTÉSIENS

point le plus bas où il coule souterrainement et où le trou de sonde est parvenu à le rencontrer, qui donne lieu à la pression énoi'me capable de faire remonter l'eau jusqu'au niveau du sol et à Ja faire jaillir même au-dessus.

On appelle niveau hydrostatique d'un puits foré la hauteur fixe à laquelle parvient l'eau lorsqu'on prolonge au-dessus du sol le tube qui a pour objet, après avoir servi au forage, d'empècher la déperdition des eaux à travers les couches plus ou moins perméables qu'elles rencontrent dans leur ascension. Or on a constaté que ce niveau n'est point invariable, et qu'il monte ou descend suivant que les cours d'eau de la région originaire sont en crue ou en baisse. Cette coïncidence établit donc avec certitude la provenance des eaux souterraines, jjuisque leur abondance est en rapport avec celle des pluies.

Les procédés de forage, aujourd'hui grandement perfectionnés, ne laissent pas que d'offrir de sérieuses diifîcultés, quand les puits artésiens ont une profondeur aussi grande que ceux du bassin parisien que nous venons de citer. Si les trépans, les cuillers et leurs tiges (ce sont les outils qui servent à perforer les roches et à ramener les débris à la surface du sol) viennent à se briser, il faut, pour les retirer, des opérations qui peuvent être longues et coûteuses*.

Un grand nombre de cités plus ou moins riches ou populeuses n'ont pas hésité à faire des sacrifices considérables pour forer des puits artésiens et se procurer ainsi une eau à la fois abondante et pure. Mais c'est dans les contrées où l'eau manque, où la pluie est pour ainsi dire inconnue et où les rares rivières sont presque constamment à sec, que les puits artésiens deviennent de véritables bienfaits. On a vu plus haut qu'ils étaient connus des anciens Egyptiens, ou plutôt des habitants des rares oasis des déserts de Libye. Au sud de l'Algérie, sur l'initiative du gouvernement de notre colonie, de nombreux

i . Nous renvoyons, pour la description détaillée du forage d'un puits artésien, aux ouvrages spéciaux, parmi lesquels le Guide du sondeur, do M. Degousée. et à Y Hydraulique, de M. Marzy {Bibliothèque des merveilles).

puits ont été iorés sans grandes dépenses, grâce à l'emploi des procédés perfectionnés de sondage et aussi à la faihle profondeur où gisent, dans le désert, les nappes d'eau souterraines. Citons, d'après VHydrcmlique de M. E. Marzy, un ou deux exemples des féconds résultats que les travaux artésiens ont déjà produits dans le Sahara.

C'est àTamerna, dans l'Oued R'ir, que fut foré, sous les ordres et l'initiative du général Desvaux, le premier puits artésien. Après six semaines au plus de ti'avail, la sonde atteignait une nappe jaillissante dont le débit, de 4000 litres par minute, donnait naissance à luie véritable rivière.

Autre exemple. « L'oasis de Sidi-Rached, située à 26 kilomètres au nord de Touggourt, était menacée d'une ruine prochaine : la moitié de ses ])almiers avait péri, le flot de sable montait chaque jom% les habitants avaient . tenté de creuser un puits ; mais, à 40 mètres de profondeur, ils avaient rencontré un banc de gypse terreux très dur, qu'ils n'avaient pu percer. Les eaux parasites avaient envahi et noyé leurs travaux; enfin, l'instant était marqué où cette population allait devoir se disperser. C'est dans ces circonstances critiques que l'atelier français arrive à Sidi-Racliêd. Une colonne de tubes est descendue dans le puits abandonné : le trépan perce aisément la couche de gypse devant laquelle les indigènes avaient dû avouer leur impuissance, et, après quatre jours de travail, une nappe jaillissante de 4500 litres d'eau par minute sortait des entrailles de la. terre comme un fleuve bienfaisant. »

Après cinq ans de travaux pareils, cinquante puits avaient été forés, donnant près de 40000 litres d'eau par minute, 57 millions de litres par jour, sans que la dépense totale dépasse 500000 francs. Plus de 50 000 palmiers plantés, des oasis nombreuses relevées de leurs ruines, deux villages nouveaux créés dans le désert, tels furent les résultats. Cette œuvre de civilisation a été et est encore aujourd'hui poursuivie avec succès.

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