FONDATION DES PILES DE PONT
sur un bateau, à droite du dessin), on fait pénétrer l'air dans les deux cheminées latérales, on comprend que la pression de plus en plus considérable du fluide, supérieure à la pression extérieure de l'atmosphère, refoulera peu à peu l'eau qui remplit le caisson, la forcera à s'échapper par les fissures des bords inférieurs et mettra à nu, ponr ne pas dire à sec, le lit de gravier sur lequel il repose. Seule la cheminée du milieu, qui pénètre
Fig. 247. — Fondation des piles du pont de Kehl parj'emploijde l'air (;oinpi'iiné.
jusque dans le gravier, continuera à être pleine [ d'eau. Les ouvriers chargés de creuser les fondations descendent alors, par l'intermédiaire de chambres formant écluses et par les cheminées latérales à l'intérieur du caisson, plein d'air comprimé. Sous la protection d'une pression de deux ou trois atmosphères, qui les garantit contre l'envahissement des eaux du fleuve, ils fouillent le sol, dont ils rejettent les débris vers la base de la cheminée centrale. Une rlrague ou noria, enfermée
dans cette cheminée, remonte avec ses godets et déverse à l'extérieur, dans un bateau, les déblais de la fondation. D'ail-
Fig. 248. — Pont de Saint-Louis sur le Mississipi. Fondation à l'air comprimé de l'une des piles.
leurs, la maçonnerie, construite à mesure sur le plancher supérieur, presse par son poids le caisson et le force à descendre jusqu'à ce qu'on soit arrivé à la profondeur voulue. Alors les