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FONDATION DES PILES DE PONT

ouvriers remontent; puis le caisson ainsi que les trous des trois cheminées sont remplis de béton : la fondation est achevée.

Le pont de Kehl est formé de deux culées et de quatre piles : les deux piles extrêmes reposent chacune sur quatre caissons ; les deux autres, moins fortes, sur trois caissons seulement.

Le travail dans des chambres où l'air est à une pression aussi forte n'est pas sans danger pour la santé des ouvriers. Nous y reviendrons dans un paragraphe spécial.

Le procédé de fondation des piles de ponts par l'air comprimé a été fréquemment appliqué et avec grand avantage toutes les fois que la profondeur du lit du fleuve ou du bras de mer que devait franchir le pont, la rapidité du courant, la composition des couches du sol mettaient obstacle aux méthodes ordinaires. Citons quelques-uns des plus remarquables de ces ouvrages : en France, les ponts de Mâcon, de Bordeaux, d'Argenteuil ; en Angleterre, ceux de Rochester et de Saltash ; enfin, aux Etats- Unis, le pont gigantesque de Saint-Louis sur le Mississipi. Nous donnons la coupe de l'une des piles en partie édifiée de ce dernier ouvrage \

Avant d'employer l'air comprimé pour ce genre de travail, un ingénieur anglais avait eu l'idée d'utiliser le vide ; c'est alors la pression atmosphérique extérieure qui agissait sur des tubes de fonte pour les enfoncer sous l'eau. Voici, d'après Perdonnet, comment cet ingénieur, le docteur Post, procéda pour la construction des piles du viaduc d'Anglesey, sur le chemin de fer de Chester à Holyhead : « Un pieu creux en fonte ou en tôle,

1. « L'exécution des fondations des piles du pont de Saint-Louis présentait les plus grandes difficultés. Les deux piles établies dans la rivière ont respectivement 44", 25 et 52"", 10 de hauteur au-dessus du roc sur lequel elles ont été assises. Ce qui rendait ce travail des plus difficiles, c'est qu'il se produit dans le Mississipi des courants de fond d'une violence extrême, qui déplacent de grandes masses de sable et produisent des affouillements considérables. Comme exemple de ces déplacements, on cite le fait du steamer America qui se perdit dans la rivière, à environ 100 milles au-dessous du confluent de l'Ohio. Le sable s'accumula autour de ce navire, le recouvrit complètement et forma une île qui prit une extension suffisante pour qu'il s'y établit une ferme et une plantation de coton dont les déchets suffisaient pour fournir du combustible à tous les vapeurs qui parcouraient cette région. Puis il suffit de deux crues successives pour faire disparaître complètement cette île, et pour remettre à nu la carcasse du navire. » {Annales industrielles, août 1874.)

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ouvert |)ai' le bas, est l'eriné à sa partie supérieure })ar un couvercle luté avec soin et communiquant avec une pompe pneumatique ; il est en partie enl'oncé dans le sol baigné par l'eau, et qui peut être de la vase, du sable et même de l'argile. Si l'on manœuvre la pompe à air, dès que la pression aura suffisamment diminué dans l'intérieur du tube, l'eau extérieure ainsi que le sol lui-même, en vertu de la pression atmosphérique, tendront à s'y précipiter; le coinçant d'eau qui se fera à la partie inférieure sapera le terrain sous le pieu, en rompant les arches naturelles que les parties solides forment entre elles, et le pieu descendra par son propre poids, augmenté de la pression de l'atmosphère sur son extrémité supérieure. Loi'sque le tube sera plein, son contenu, composé d'eau et de parties solides, sera enlevé par un moyen quelconque, et on recommencera l'opération jusqu'à ce qu'on ait atteint la profondeur nécessaire. »

g 4. LE FOUAGIi DES TUNNELS PAR l'aIR COMPRIMÉ. — ■ TUNNEL DU MONT-CENIS.

Dans les travaux de l'industrie contemporaine, la force de l'air comprimé a été et est encore utilisée dans diverses circonstances. Citons les exemples les plus remarquables de cette application.

En première ligne, il faut mentionner le forage de l'immense souterrain, aujourd'hui terminé, qui traverse les Alpes un peu au sud du mont Cenis, et qui relie les stations de Bardonnèche et de Modane, stations extrêmes, celle-ci française, celle-là italienne, du chemin de fer de Victor-Emmanuel. Il y avait là plus de 12 000 mètres de galerie à ouvrir dans la roche, c'està-dire plus de 700000 mètres cubes à déblayer : cet immense travail devait être effectué à des profondeurs qui ne permettaient point l'emploi des procédés ordinaires de percement des souterrains. On ne pouvait songer en effet à forer des puits de distance en distance, dans l'axe de la galerie projetée.

Le creusement de ce long tumiel ne pouvant se faire que par deux points opposés, les deux points extrêmes, il parut à peii

FORAaE DES TUNNELS PAR L'AIR COMPRIME. 465

près impossible d'employer la vapeur et la poudre pour forer les trous de mines , abattre et broyer les roches : à mesure qu'on eût avancé plus profondément sous terre, on aurait éprouvé des difficultés croissantes pour aérer les ateliers, pour substituer de l'air pur à l'air confiné du souterrain, air vicié par le mélange des gaz de la poudre et de la vapeur d'eau, par la combustion des foyers des machines et par celle des lampes, enfin par les gaz provenant de la respiration des ouvriers. Les ingénieurs ' songèrent à mettre en pratique une idée que M. D. Colladon et plus tard M. de Caligny avaient émise, celle d'employer l'air comprimé comme force motrice des machines qui devaient servir à percer les trous de mine dans la roche. Les compresseurs, ou machines servant à comprimer l'air dans les réservoirs ou récipients, empruntaient eux-mêmes leur puissance à une chute d'eau voisine (le ruisseau du Melezet à Bardonnèche, et, à Modane, la petite rivière de l'Arc). A l'origine, c'étaient des compresseurs à choc ou à coups de bélier, ainsi nommés de la façon dont l'eau agissait dans trois tubes verticaux, munis de soupapes pour refouler l'air dans le récipient. L'eau de la chute arrivait par le tuyau A (fig. 249), dont la soupape a était alternativement ouverte et fermée pendant que la soupape h du tuyau B était elle-même fermée et ouverte ; une petite machine spéciale produisait le jeu de ces soupapes. Trouvant a ouverte et h fermée, l'eau, avec sa vitesse acquise, pénétrait dans le tuyau C , et en y montant comprimait l'air amené de l'extérieur par la soupape e. Celle-ci se fermait, tandis que l'air, comprimé de plus en plus, forçait la soupape d et s'introduisait dans le récipient R. Alors la soupape h s'ouvrait, tandis que a se fermait ; l'eau s'échappait par le tuyau B, e s'ouvrait et laissait s'introduire une nouvelle quantité d'air extérieur, qu'une manœuvre nouvelle devait comprimer et introduire de nouveau dans le récipient R.

Depuis, les ingénieurs ont substitué aux compresseurs à choc des compresseurs à double effet, d'un mécanisme plus

1, MM. Somrneillicr, Grandis et Grattone.

simple et tirant mieux parti de la force de la chute. Voici quelques détails sur la façon dont ont fonctionné ces machines à Modane.

Douze pompes de compression recevaient leur mouvement de six roues hydrauliques mues directement par la chute de l'Arc. Chacune d'elles consistait en un piston animé d'un mouvement de vaet-vient dans un corps cylindrique horizontal. Aux deux ex-

Fig. 249. — Compresseur à coups de bélier (figure théorique).

Fig. 250. — Compresseur à double effet, système Fryer (de New-YorkV

trémilcs du cylindre, étaient ajustés deux tuyaux verticaux

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