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FORAGE DES TUNNELS PAR L'AIR COMPRIME

cylindro -coniques , munis chacun de deux soupapes : une soupape d'aspiration , celle qu'on voit à la partie inférieure du tuyau de forme conique, soupape prenant l'air extérieur, et une soupape d'expulsion introduisant l'air comprimé par l'ascension de l'eau et lui permettant de pénétrer dans le réservoir correspondant. Le mouvement du piston, en foulant l'eau dans l'un des cylindres, abaisse son niveau dans l'autre. L'air est donc comprimé dans le premier, raréfié dans le second.

En tenant compte des pertes occasionnées par les fuites, les douze compresseurs comprimaient en moyenne, par vingtquatre heures, 116500 mètres cubes d'air k la pression ordinaire, et la pression à laquelle cet air était fourni aux machines perforatrices atteignait sept atmosphères.

Une quantité d'air aussi considérable n'eût pas été nécessaire, si l'on n'avait eu besoin que de la force faisant mouvoir les forets. Mais en réalité le tuyau qui conduit l'air comprimé des réservoirs de compression au fond de la galerie n'alimentait pas seulement les machines perforatrices ; il fournissait aussi de l'air pour l'aérage des ateliers et de toute la galerie.

Un mot maintenant des machines perforatrices. Elles étaient installées, au nombre de dix, sur un affût qui pouvait rouler, avancer ou reculer sur des rails ; un second chariot, sorte de tender h la suite de l'affût, portait les réservoirs d'eau et d'air comprimé (voy. pl. XVIIl). L'air comprimé, introduit par un tiroir dans un cylindre muni d'un piston, communiquait à ce dernier et à sa tige le mouvement de va-etvient qui, transmis aux fleurets, déterminait le choc répété des outils sur la roche. Mais, outre ce mouvement longitudinal ou de choc, chaque fleuret était animé de deux autres mouvements indispensables à la nature du travail que devait exécuter chacun d'eux. En creusant son trou, il devait peu à peu tourner sur lui-même comme une vrille, et, en outre, il devait avancer à mesure que le trou devenait plus profond. Ces deux

mouvemenls étaient produits par une petite machine latérale, mue, comme l'autre, par l'air comprimé, et servant à la fois à régler le mouvement du tiroir de la première, à agir sur une roue à rochet qui entraînait avec elle le piston et le fleuret, et à faire avancer le cylindre à mesure que le forage du trou de roche avançait lui-même.

Chaque perforatrice pouvait fournir 200 coups de fleuret par minute, consommant à chaque coup un peu moins de 1 litre

Fig. 251. — Déblaiement des débris dans le tunnel du Mont-Cenis.

d'air comprimé. Quant à l'avancement du travail, il dépendait de la nature et de la dureté de la roche.

Le succès de cette application de l'air comprimé comme force motrice dans une entreprise, qui ne pouvait que très difficilement employer la vapeur, a suggéré l'idée d'étendre l'emploi de cette force à d'autres travaux; nous en verrons plus loin des exemples. En outre, dans tous les pays oii les cours d'eau fournissent des chutes, et, par conséquent, des

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