ASCENSION DES BALLONS
rais, accompagnés d'une foule immense, la première expérience en grand de Montgolfier : un ballon percé à sa partie intérieure d'une ouverture par où montait dans le globe l'air que chauffait un brasier supporté par un panier en fd de fer, s'éleva aux applaudissements enthousiastes d'une multitude de spectateurs à une hauteur verticale de mille toises (2 kilomètres).
Moins de trois mois api'ès, l'expérience d'Annonay, dont le retentissement avait été considérable, fut reproduite à Paris, mais dans des conditions différentes. Le physicien Charles, dans l'ignorance où il était, et où Montgolfier avait laissé le public, au sujet de la nature du gaz qui remplissait son ballon, eut l'idée de se servir de gaz hydrogène. Il adopta, pour construire l'enveloppe, du taffetas rendu imperméable par un enduit composé de caoutchouc dissous dans l'essence de térébenthine bouillante. L'hydrogène était obtenu par la réaction de l'acide sulfurique sur le fer ; on mit plusieurs jours pour produire la quantité de gaz nécessaire au gonflement du ballon. Enfin, le 27 août 1785, le Globe (c'était le nom du premier aérostat à gaz hydrogène) s'éleva, au Champ de Mars, en présence d'une foule immense, et alla, après trois quarts d'heure de navigation, descendre aux environs de Paris, à Gonesse. D'un premier bond il se trouva porté à une hauteur verticale d'environ 1000 mètres, puis il disparut, caché par un nuage, pour reparaître, dans une éclaircie, à une hauteur beaucoup plus grande, et s'éclipser de nouveau dans les nues.
Ce n'est point ici le lieu de faire l'histoire des ascensions aérostatiques, qui se renouvelèrent très fréquemment à la fin du dernier siècle et dans le nôtre ; mais nous devions signaler ces deux premières expériences, non seulement à cause du bruit qu'elles firent et de l'enthousiasme qu'elles provoquèrent, mais aussi parce qu'elles caractérisent l'une et l'autre deux modes d'ascension différents et deux systèmes d'aérostats, qu'on distingue en donnant le nom de montgolfières aux ballons gonflés par l'air chaud, et en réservant celui d'aérostats pour les ballons qui sont gonflés à l'aide du gaz hydrogène,