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LES PHÉNOMÈNES DU SON

Riobamba en février 1797, une immense détonation se fit entendre au-dessous des deux villes de Quito et d'Ibarra; mais, circonstance singulière, elle ne fut point entendue sur le lieu même du désastre. Le soulèvement du .lorullo, en 1759, fut précédé de grondements souterrains, qui durèrent deux mois entiers. (Humboldt.)

Pour achever ce tableau des sons qui se produisent naturellement sur le sol et dans l'atmosphère, il nous reste à mentionner les détonations qui accompagnent la chute des météores cosmiques, aérolithes et bolides. C'est le plus souvent h de grandes hauteui's que ces explosions se font entendre, et des personnes qui en ont été témoins les comparent soit à des décharges d'artillerie, soit au bruit de voitures pesamment chargées, dont les roues se heurtent aux inégalités du pavé, soit au roulement prolongé du tonnerre.

Mais les phénomènes du son qui nous intéressent le plus sont ceux que l'homme et les animaux produisent à l'aide d'organes spéciaux : la voix humaine, truchement indispensable de nos pensées, de nos sentiments'; les cris, les chants des animaux qui traduisent d'une façon plus grossière les impressions variées qu'ils ressentent, leurs besoins, leurs joies, leurs douleurs. Un art, le plus puissant de tous, la musique, a été créé par l'homme pour exprimer ce que le langage articulé est impuissant à traduire; et pour ajouter encore aux dons de la nature, il a su multiplier, à l'aide d'instruments variés, les ressources de sa propre voix. Les sons produits dans ce but spécial ont des propriétés physiques caractéristiques qui les distinguent des bruits irréguliers, discontinus, indéfinissables, que nous avons décrits jus-

1. « Au point (le vue des relations de l'homme avec le monde ambiant, les phénomènes sonores prennent une immense importance. C'est par l'intermédiaire du son que l'homme entre en commimication réglée et suivie avec ses semblables. La /laro/e est' le plus haut attribut, le plus puissant moyen d'action de l'homme; l'étude de l'acoustique nous permettra de pénétrer le mécanisme par lequel l'honniie parvient à donner à sa pensée une forme précise, saisissable, à la traduire en paroles. Cette étude nous montrera ainsi comment et pai' quel mécanisme l'hoilnme parvient à saisir, dans ses infinies variétés, les paroles émises par ses semblables, à connaître leurs pensées. » (Gavarret, Phénomènes pliijsiqves rie la phonation et (le V audition .)

qu'ici : ils forment une série ordonnée, régulière, même quand on fait abstraction de la composition qui, dans une œuvre musicale, les fait succéder dans un ordre savant suivant un rhythme accentué et les combine en accords harmonieux. Cette série constitue les sons musicaux, dont l'étude physique est le principal objet de l'Acoustique.

Les nécessités du travail et de l'industrie humaine ont amené l'homme, il est vrai, à produire bien d'autres bruits qui ne se recommandent ni par la mélodie, ni par l'harmonie, mais dont la plupart sont inséparables des travaux qui les engendrent, et participent pour ainsi dire à leur caractère d'utilité. Dans les manufactures et les ateliers, dans les forges, le bruit des marteaux et des scies, des outils de toute sorte, des machines à vapeur, ne s'interrompt souvent ni le jour ni la nuit, concert fort peu harmonieux, assurément désagréable pour les oreilles les moins dilettantes. Mais qu'y faire? Pour notre compte, c'est une musique qui nous semble de tout ])oint préférable à celle de la mousqueterie et du canon sur les champs de bataille, de même que la lutte sur le terrain du travail et de la science nous paraît l'emporter sur les décisions brutales de la force.

Tous les phénomènes que nous venons de passer en revue, quelque variés qu'ils paraissent, se rapportent à un même mode de mouvement, au mouvement vibratoire ; ils affectent tout particulièrement l'organe de l'ouïe, en produisant en nous la sensation du son. 11 s'agit maintenant d'étudier la nature des vibrations sonores, d'indiquer quelles relations existent entre ces vibrations et les sensations auditives, et de formuler enfin les lois qui les régissent les unes et les autres.

g 2. LE SON EST UN PHÉNO.MÈNE A LA FOIS EXTÉUIEUR ET INTÉRIEUR.

Le son est une sensation perçue par l'intermédiaire de l'organe de l'ouïe, de l'oreille, et dont la cause extérieure est un certain mouvement moléculaire des corps.

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