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LE SON NE SE PROPAGE PAS DANS LE VIDE

leur aptitude à être eux-mêmes des sources sonores. Les liquides et les gaz sont des milieux trans})arents pour le son, comme ils sont transparents pour la lumière ; mais cela ne veut point dire que la transparence sonore soit due à la même cause que la transparence lumineuse.

Les corps non élastiques ou doués d'une faible élasticité, les corps mous, résonnent généralement très mal. Un morceau de cire, ou de terre glaise un peu humide, est dans ce cas. Pour la môme raison, comme on le comprendra bientôt, ces corps sont de mauvais conducteurs du son ; il l'interceptent ou l'étouffent. Ce sont, relativement à la transmission du son, les analogues des corps opaques par rapport à la lumière.

Les matières finement divisées, la laine, la plume, le coton, ont par elles-mêmes peu ou point de sonorité, et transmettent mal le son. On remplit de sciure de bois, de copeaux, de plâtras divisés, les intervalles des plafonds et des planchers, pour amortir le son d'un étage à l'autre. Les tentures d'étoffe, les tapis, les rideaux, rendent une pièce d'appartement beaucoup moins sonore, plus sourde, parce que ce sont des corps peu propres à résonner ou à renvoyer les sons.

Voici donc établie une seconde conséquence non moins importante que celle du § 5, à savoir que les corps sonores sont les corps élastiques, c'est-à-dire ceux dont les molécules, dérangées de leur position d'équilibre par une action extérieure, y reviennent, la dépassent et oscillent ainsi pendant un temps plus ou moins long. Le son est donc entrevu dès maintenant connne ayant son origine dans un mouvement vibratoire des molécules des corps, solides, liquides ou gazeux.

§ 5, LE SOiN NE SE PROPAGE PAS DANS LE VIDE.

C'est un fait connu de tout le monde que le son met un temps appréciable à se propager du corps sonore à l'organe de l'ouïe. Quand nous observons à distance une personne qui frappe un

coup de marteau par exemple, notre œil voit le marteau tomber sur l'obstacle avant que l'oreille entende le bruit de la percussion. De même, la détonation d'un fusil, d'un canon, parvient à l'oreille après que la flamme produite par l'explosion a brillé devant nous. Dans les feux d'artifice, on voit l'explosion des fusées se faire au sein de l'air, on aperçoit les gerbes lumineuses s'épanouir et s'éteindre, avant d'entendre le bruit qui accompagne l'explosion.

Je me rappelle avoir admiré sur les côtes de la Méditerranée le spectacle curieux d'un navire de guerre qui s'exerçait au tir du canon : je voyais la fumée des bordées d'artillerie, puis, sur les crêtes des vagues, les ricochets des boulets allant se perdre dans la mer, bien longtemps avant d'entendre le tonnerre de la détonation.

Dans tous ces cas, l'intervalle compris entre la vue du phénomène et l'audition du son marque la différence entre la vitesse de la lumière et celle du son lui-même; mais comme la vitesse de la lumière comparée à celle du son peut être considérée comme infinie', le même intervalle donne sans erreur sensible le temps que le son met à se propager d'un point à un autre. Il est aussi bien établi«par l'observation journalière que l'intervalle dont il vient d'être question augmente avec la distance.

Ainsi le son se propage successivement, nous verrons bientôt avec quelle vitesse. Mais quel est le milieu qui sert de véhicule à ce mouvement? Est-ce le sol? Se communique-t-il par l'intermédiaire des corps solides, des liquides, ou de l'air, ou encore par tous ces milieux à la fois? Voici une expérience qui répondra à ces questions.

Plaçons sous le récipient de la machine pneumatique un mouvement d'horlogerie muni d'un timbre sonore, dont le marteau est maintenu immobile par un encliquetage, mais

'1. Sénèqiie avait entrevu cette vérité exjjérinieiitale : « Nous voyons l'éclair, dit-il, avant (l'entendre le son, parce que le sens de la vue, plus prompt, devance de beaucoup celui de l'ouïe. » (Quœst. riatur., II,' 12.) Seulement, où le philosophe latin est dans l'erreur, c'est quand il attribue à nos sens une propriété qui appartient aux phénomènes extérieurs, aux ondes lumineuses et aux ondes sonores.

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