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MESURE DES DISTANCES

ment M. le préfet de la mission catholique d'Ethiopie. Mon frère, sur le sommet du mont et près d'une crête de rocher saillant, employait un fusil à mèche. Démon côté, je tirais avec une espingole. Des toges blanches tendues servaient de signaux. J'employais le chronomètre à pointage, et mon frère se servait du chronomètre G, dont il comptait les battements. Nos coups de fusil s'entendaient très bien : ceux de mon frère étaient distincts, mais très faibles. Il est remarquable que, tandis que le vent allait obliquement vers la montagne, mon frère percevait néanmoins le son plus lentement que moi. Immédiatement après les six coups de fusil, nous observâmes les thermomètres sec et mouillé. » Le résultat fut que la distance cherchée était égale à 3 kilomètres.

Nous osons recommander ce moyen si rapide et si commode de mesurer les distances aux officiers et sous-officiers de notre armée. Même sans thermomètre et sans montre à secondes, on peut arriver avec un peu d'habitude, d'une part à compter les secondes, d'autre part à évaluer la température avec une approximation qui peut suffire. La lumière qui s'échappe de la bouche d'une arme à feu se voit mal, il est vrai, le jour par un temps clair ; mais, pour peu qu'il fasse nuit ou seulement un temps un peu sombre, l'éclair peut être visible; à défaut de l'éclair, on peut observer la fumée. Prenons un exemple : Une batterie ennemie tire un coup de canon, et l'on compte, entre l'éclair et le bruit, à peu près 15 secondes ; l'officier qui observe suppose une température^e 12". La distance calculée se trouve évaluée à 358 mètres X 15, c'est-à-dire 5070 mètres. A ce moment, supposons que la température marquée par le thermomètre fût réellement 10", et qu'une montre à secondes aurait donné 14', 5 ; la distance est donc en réalité 336 mètres X 14,5 ou 4885 mètres. L'erreur de l'évaluation est de 185 mètres, environ 1/26 de la distance vraie; c'est là une inexactitude bien supportable dans la circonstance. On voit, du reste, que la portion de l'erreur la plus considérable est celle qui peut provenir de l'évaluation du temps. Mais une montre à secondes et un

thermomètre de poche ne sont pas des objets si rares, (pi'on ne puisse souvent se servir de la méthode précédente avec une certaine chance d'exactitude.

On peut de la même façon mesurer la distance oii se trouve de nous une nuée orageuse, d'où nous voyons jaillir des éclairs suivis de coups de tonnerre. En elfet, l'instant où l'on voit le sillon lumineux, où éclate la gigantesque étincelle, est aussi ce- Ini où la détonation se fait dans la nuée. En comptant le jiomhre de secondes qui s'écoule entj'e l'éclair et le bruit dn tonnerre, et multipliant ce nombre par la vitesse du son (540 à 350 mètres poui' des températures comprises entre 15" et 50°), on a la distance de l'œil au nuage orageux. Quand la foudre tombe à une faible distance du spectateur, le coup succède ])resque instantanément à l'éclair; qui serait frappé n'aurait pas le temps de distinguer l'un de l'autre. 11 résulte de là que Véclair vu n'esl plus dangereux, et que les pei'sonnes craintives peuvent se rassiu'erà la vue de l'étincelle et attendre tranquillement le coup de tonnerre. Il est vrai aussi que cela ne suflit pas pour les rassurer sur les coups à venir.

En moyen)ie, il faut compter 2 à 5 secondes par chaque kilomètre de distance, 28 à 29 secondes correspondant à 1 myriamètre ou deux lieues et demie.

De la différence qui existe entre les vitesses de la lumière, du son et des projectiles, résultent des conséquences singulières. Ainsi le soldat frappé par un boulet de canon peut voir le feu qui sort de la bouche de l'arme, bien qu'il n'entende pas la détonation, parce que la vitesse du son est moindre que celle du boulet; mais, s'il est fraj)pé à une grande distance, la résistance de l'air diminuant de plus en plus la vitesse du projectile, il peut arriver (pi'il voie la lumièi e, puis entende le coup avant d'être atteint.

« Si des soldats rangés en cercle, ditTyndall, déchargent leurs fusils au même instant, pour une personne placée au centre du cercle, toutes les décharges n'en feront qu'une. Mais si les hommes sont j)lacés sui" une ligne droite, un observaleur idacésnrla

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