LES SIGNAUX ACOUSTIQUES
tube pour prévenir, afin que la personne avertie par le son du sifflet, qui est ainsi mis en vibration à l'extrémité opposée, place son oreille à l'orifice du tube. Puis celle-ci répond de la même manière pour indiquer qu'elle a entendu le signal, et la conversation s'échange à voix basse ou moyenne, en ayant soin
Fig. 367. — Tube acoustique ou speakinçi tube. Enil)oucbure et sifllet.
de placer alternativement la bouche, puis l'oreille au-devant de l'ouverture du cornet.
Les faiseurs de tours, dans les foires, n'ont pas manqué d'utiliser la propriété qu'ont les tubes de transmettre la parole au loin. M. Radau, dans son Acoustique, cite plusieurs exemples
Fig. 568. — La femme invisible.
de ces applications amusantes; en voici une que nous lui empruntons :
« La femme invisible, qui excita, au commencement de ce siècle, une si grande sensation dans les principales villes du continent, s'explique d'une manière très simple (fig, 568).
L'organe le plus apparent de cette machine était nue sphèie creuse, munie de quatre appendices en forme de trompettes, et suspendue librement à un support en fil de fer, ou bien au plafond de la chambre, par quatre rubans de soie. Cette sphère était entourée d'une cage en treillis soutenue par quatre piliers, dont l'un était creux et communiquait avec le sol. Le tube acoustique qui le traversait débouchait au milieu de l'une des traverses horizontales supérieures, où il y avait une fente très étroite, à peine perceptible à l'œil, faisant face à l'orifice de l'une de quatre trompes. La voix semblait alors sortir de la sphère. Il est probable que la personne qui se tenait dans la pièce voisine, et qui donnait les réponses, pouvait voir par une fente dans le mur ce qui se passait dans la salle. Les demandes se faisaient en parlant dans l'orifice de l'une de ces trompes. »