INSTRUMENTS A EMBOUCHURE DE FLUTE
par l'insufflation. Le courant amené par la soufflerie vient frapper les parois taillées en biseau et s'y divise en deux courants, dont l'un agit sur la colonne intérieure et la fait entrer en vibration : le mouvement vibratoire est la suite des compressions et réflexions successives des lames d'air sur l'arête du biseau.
Nous rappellerons que si l'on met en vibration les colonnes
Fig. 425. — Tuyaux d'orgue à embouchure de flûte.
d'air enfermées dans des tuyaux dont la section est faible, relativement à la longueur, les sons produits ont des hauteurs inversement proportionnelles aux longueurs des tuyaux. Cela est vrai pour les tuyaux bouchés — ceux qu'on nomme bourdons dans l'orgue — comme pour les tuyaux ouverts. Seulement, dans deux tuyaux de même longueur, le son fondamental est, dans le tuyau ouvert, l'octave supérieur du son fondamental produit par le tuyau fermé. Outre le son fondamental, les tuyaux sonores produisent, quand on donne à la soufflerie
une intensité croissante , les sons harmoniques successifs représentés par les nombres i, 2, 5, 4, etc., dans les tuyaux ouverts, et les harmoniques impairs, 1, o, 5, du son fondamental dans les tuyaux fermés.
Ces lois suffisent à l'intelligence des phénomènes d'acoustique musicale que présentent les instruments à vent, et des règles qui ont présidé à la construction de chacun d'eux. La forme et la substance dont les tuyaux sont formés, le mode d'embouchure et la façon dont cette embouchure est A attaquée, ne font que modifier le timbre des U sons produits, leur intensité, leur douceur, in et enfin ces qualités qui dépendent, pour les il trois quarts, de l'habileté de l'artiste, mais ! , que la physique ne saurait analyser. I Les sifflets, les flageolets, les fifres sont les plus simples des instruments à embouchure de flûte. Dans les deux premiers, un tuyau plus ou moins long est adapté à cette embouchure, qui ressemble entièrement à celles représentées plus haut, sauf que l'extrémité est taillée de façon à entrer commodément entre les lèvres de celui qui joue de ces instru- Fig. m. - Le fla- meuts (lig. 426).
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trous, pratiqués en des points qui correspondent aux nœuds de la colonne gazeuse intérieure. Quand ces trous sont tous bouchés par les doigts de l'artiste, les sons produits sont le son fondamental et ses harmoniques 2, 5, 4, c'est-à-dire l'octave supérieure, la tierce au-dessus de cette octave, la double octave, etc. En levant successivement les doigts dans un ordre convenable, on obtient les sons intermédiaires de la gamme naturelle; les dièzes et bémols se produisent en ne l)ouchant les trous qu'à moitié.
Dans la flûte et le tifre, l'embouchure est un trou ovale dont les bords sont taillés en biseau, au devant duquel on souffle