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ÉRUPTIONS HYDROGÉNÉES DE LA CHROMOSPHÈRE DU SOLEIL

D'après les observations et dessins de L. Trouvelot.

expérience, et comme ils ne furent pas assez adroits pour faire retomber le boulet sur leur tète, ils crurent pouvoir en conclure qu'il serait resté en l'air, où sans doute il demeurerait longtemps. » Varignon ne conte-stc pas le fait, mais il s'en étonne : « Un boulet suspendu au-dessus de nos têtes, en vérité, dit-il, cela doit surprendre. » Les deux expérimentateurs, s'il est permis de les nommer ainsi, firent part à Descartes de leurs essais et du résultat obtenu. Descartes ne vit dans le fait supposé exact qu'une confirmation de ses subtiles rêveries sur la pesanteur.

Fig. 127. — iMouvemcnt d'un projectile lancé suivant la verticale. « Retombera-t-il? »

« Plus d'un siècle après, d'Alembcrt, qui analysa très nettement le phénomène, calcula la déviation du boulet, en faisant abstraction de la résistance de l'air. Un projectile lancé vertilement de bas en haut, avec une vitesse de 1800 pieds par seconde, doit être dévié vers l'est et retomber à GOO pieds de son point de départ; et c'est, suivant lui, pour l'avoir cherché trop près que Merscnne et Petit n'ont pas retrouvé leur boulet. Mais cette explication n'est pas admissible : la résistance de l'air, négligée par d'Alembert, exerce une très grande influence. D'après les calculs de Poisson, une balle de fusil, lancée avec une vitesse de 400 mètres par seconde, qui, dans le vide retomberait à 50 mètres de son point de départ, ne serait déviée dans

l'air que de quelques centimètres. Et rexpérience de Mersenne prouve donc seulement la difficulté de lancer un boulet dans une direction rigoureusement verticale : une balle de fusil serait plus facile à diriger; mais l'erreur de pointage, ajoutée à l'influence des courants d'air, produirait certainement des déviations plus considérables encore que celles qu'il faut mesurer.

« D'après Poisson, les déviations sont toujours fort petites, et exigeraient, pour être constatées, des expériences minutieuses presque toujours irréalisables. »

Dans l'hypothèse , irréalisable bien entendu , où l'air ne s'opposerait pas au mouvement, où l'atmosphère n'existerait pas, la distance à laquelle un mobile, lancé verticalement, s'éloignerait de la Terre, irait en croissant indéfiniment à mesure que croîtrait elle-même la vitesse initiale. Bien plus, passé une certaine limite, le corps s'éloignerait pour ne plus revenir : c'est ce qui arriverait si la vitesse initiale d'impulsion dépassait 11 kilomètres environ par seconde. Ce cas singulier n'a point d'application pour notre globe, parce que la résistance de l'air existe et que son action croît rapidement avec la vitesse même. Mais s'il est vrai que la Lune soit absolument privée d'atmosphère, ou même en ait une d'une excessive ténuité, comme les observations permettent de le croire, un projectile lancé à sa surface avec une vitesse convenable pourrait abandonner notre satellite; si, déplus, sa direction était telle qu'il fût sollicité par la pesanteur terrestre, il pourrait venir tomber à la surface de la Terre, ou bien tourner autour de notre globe comme un satellite nouveau.

Cette question a été agitée à propos des météorites, des bolides qui, de temps à autre, viennent tomber sur le sol. On a pensé que ces chutes de minéraux pouvaient être dues à la projection des matières par des éruptions des volcans de la Lune. « Laplace, Biot, Poisson ont calculé la vitesse avec laquelle de telles masses dei.raient être lancées des volcans lunaires, pour qu'elles pussent atteindre et dépasser la sphère

d'attraction de notre satellite, et de là, sous l'influence de la gravité terrestre, venir tomber sur le sol. Cette vitesse n'aurait rien d'extraordinaire, surtout étant donnée la faible intensité de la pesanteur à la surface de la Lune, ainsi que l'absence d'une atmosphère résistante : elle ne dépasserait point 2500 mètres par seconde. Mais l'objection décisive, au moins pour la plupart sinon la totalité des météorites observées, est toujours l'énorme vitesse avec laquelle elles ont pénétré dans notre atmosphère*. »

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