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MOUTONS ET SONNETTES

hauteur voulue. Arrivée à ce point, la masse, qui pendant son élévation était retenue à l'aide d'un anneau par les deux mâchoires d'une pince, devient libre et retombe sur la tête du pieu.

Le mécanisme particulier qui rend possible cette mise en liberté du mouton sera aisément compris si l'on jette les yeux sur la figure 168, qui donne le détail du déclic. Deux fortes pinces, engagées dans l'anneau qui termine le mouton à sa partie supérieure, sont maintenues par un ressort pendant l'ascension du poids ; mais quand celui-ci arrive à l'extrémité de sa course, les branches supérieures des pinces s'engagent dans une ouverture rétrécie en forme de cône; elles se resserrent progressivement et, par un mouvement contraire, les deux mâchoires inférieures s'ouvrent, se dégagent de l'anneau et laissent précipiter le mouton.

Le plus souvent, on commence le travail avec les sonnettes à tiraudes , qui ont l'avantage de la simplicité et de la rapidité de la manœuvre, mais qui ne permettent d'élever le mouton qu'à une faible hauteur, d'environ 1 mètre ou 1™,20. Quand les pieux, déjà enfoncés à une certaine profondeur, ne cèdent plus que difficilement sous les coups du mouton, on emploie les sonnettes à déclic pour achever le* travail. Avec celles-ci, la masse peut être élevée à une hauteur qui varie entre 2™, 5 et 5 ou 6 mètres. J^'effet utile, qui dépend de la hauteur de la chute, est donc beaucoup plus considérable.

Le poids du mouton varie de 500 à 600 ^kilogrammes, et le nombre des hommes nécessaires à la manœuvre, dans les sonnettes à tiraudes, s'élève jusqu'à 40. Récemment on a appliqué la vapeur à ces appareils ; comme le montre

Fig. 168. — Détail du mécanisme dans les sonnettes à déclic.

la planche XV, c'est une locomobile qui donne en ce cas le mouvement au treuil de la sonnette à déclic.

Le marteau-pilon, qui est une sorte de mouton employé aux travaux des forges, est une application de la pesanteur analogue aux sonnettes. Nous n'en parlons ici que pour mémoire, nous réservant d'y revenir dans les chapitres consacrés à la vapeur. Ici, en effet, nous ne devons avoir en vue qu'une application importante de la force vive développée par une masse pesante dans sa chute, sous la seule action de la pesanteur.

Remarquons, pour terminer, que cette force n'est point tout entière utilisée, dans le choc, à produire l'effet voulu, qui est l'enfoncement des pilots : une partie se transforme en chaleur, c'est-à-dire en un mouvement moléculaire intime des deux masses qui se choquent, le mouton d'une part, de l'autre la tête du pieu et le cercle ou frette de fer dont cette tête est armée pour résister à l'effort latéral, qui, sans elle, ferait éclater la pièce de bois en morceaux.

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