TORTUES I)E MATT
Chelonia ovata <le Mttt. ‘a gr. nut Chelonia imbricata (Caret).
même genre qui fournit actuellement l’écaille. Nous avons dessiné (fig. 142, réduite) cette espèce pour la mettre en regard de la Chelonia ovata Hr. (fig. 141) trouvée à Matt. Cette dernière est, il est vrai, fort écrasée, cependant les contours de la carapace, en partie aussi les pièces du plastron et surtout les os îles doigts sont très-reconnaissables. La carapace ovale, plus effilée en arrière qu’en avant, avait très-probablement. uhc longueur de 4 pouces 2 lignes et une largeur de 2 pouces */a lignes. Les plaques marginales ne se terminent pas en pointe comme chez l’espèce vivante, mais elles sont obtuses, de manière à former à leur point de jonction une sorte de crénelure peu saillante. La part ie droite est un peu déplacée et brisée en arrière, le bord antérieur manque. le pli médian du plastron est plus large que chez l’espèce actuelle, et les contours des cinq plaques qui le composent sont beaucoup plus rectilignes. Les restes de la tête sont presque méconnaissables; on distingue, semble-t-il, sur le côté gauche, le bord de la mâchoire supérieure terminée en bec et à droite une partie de l’inférieure. Les pieds
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antérieurs sont beaucoup plus longs que les postérieurs; on y compte cinq longs doigts à phalanges déliées. La peau écailleuse qui entoure ces doigts chez l’espèce vivante a disparu. L’espèce fossile est beaucoup plus petite que la nôtre, car on connaît des exemplaires de cette dernière qui ont jusqu’à cinq pieds de long, 3 de large et un poids de plusieurs quintaux. Elle vit sous les zones torrides et chaudes et ne visite que rarement et exceptionnellement les climats tempérés. J’en ai vu beaucoup à Madère où le marché en est amplement pourvu. Elle vit de Zostères (herbes marines) et de Mollusques marins, et ne vient à terre que pour la ponte.
La seconde espèce de Matt est encore plus petite que la précédente, c’est la Chelonia Ivnorri Gray. Myr. La carapace n’a que 2 pouces 3 lignes '/, de long et 2 pouces 0 lignes de large, et n’est pas effilée en arrière; elle se reconnaît à sa forme plus ramassée, proportionnellement plus large, et un peu arrondie en arrière.
Les deux Oiseaux de Matt sont très-incomplets, mais ils présentent un grand intérêt, car ce sont les plus anciens Oiseaux connus de notre pays. L’un, le Proton iis Blumeri llr. *, découvert il y a quelques années, est reproduit par la fig. 143. Le plumage manque totalement et les os sont pêle-mêle ; cependant on peut reconnaître un pied d’oiseau à 4 doigts (f) avec les os délicats du pied (e) et du tibia (d), les os des ailes (b, c), et au-dessus, peut-être la mandibule inférieure (a). Les deux ailes sont placées côte à côte et on peut voir les deux forts os de l’avant-bras (1 pouce, 2 Yiu lignes de longueur) ainsi que les os du métacarpe. Le tibia est très-mince et n’a que 8 '/, lignes, mais le tarse a seulement 6 */6 lignes, et les doigts, dont 3 sont à peu près de la même longueur, ont 5 Va lignes; le quatrième est un peu plus court.
* J'ai dédié cette espèce à la mémoire du juge ttlumer, de Claris (grand-père de M. Illumer, député au Conseil des États). Il avait rassemblé une collection d’histoire naturelle qui fut donnée plus tard à l'École secondaire. Je désire acquitter envers lui une dette de reconnaissance, car il m’a donné le premier livre d'histoire naturelle que j’aie eu entre les mains.