MODIFICATIONS DE LA FLORE PENDANT L'ÉPOQUE MOLLASSIQUE
Nous avons vu dans le chapitre précédent (page 340 et suivantes) que la mollasse avait demandé une longue série de siècles pour se former, et nous l’avons divisée en cinq étages, pendant lesquels survinrent d’importantes modifications dans l’état du sol. Il est intéressant d’examiner si pendant ce temps la flore suisse est restée la même , et, si tel n’est pas le cas, quelles ont été les transformations qu’elle a subies.
Nous ne connaissons que peu d’espèces appartenant au tongrien suisse, et elles ne peuvent nous fournir aucun renseignement pour la solution de la question. Ce sont des Palmiers pennatifides et à feuilles en éventail : Phœnicites spectabilis, le Sabal major et le Cinnamomum laneeolatum trouvés dans les environs de Bâle. Il y a quelques années, à une demi-heure au-dessus de Morgins dans le Val d’Illiers (Valais) et à deux places différentes, on a trouvé dans une ardoise gris-noir les feuilles d’un Podocarpus (P. eocenica Ung.) et le Zizyphus Ungeri Ilr. (fig. 195). Mais ces arbres, découverts également ailleurs, ne peuvent pas nous servir à déterminer si ces ardoises, fort semblables à celles de Matt, sont tongriennes ou aquitaniennes.
La flore du quatrième étage ne nous a fourni qu’un petit nombre d’espèces*; mais le second, le troisième et le cinquième nous donnent en
* Nous connaissons 24 espèces do la mollasse marine subalpine, sur lequelles 17 des carrières de Saint-Gall. Les autres, appartenant au quatrième étage, proviennent de la mollasse marine du canton de Vaud, et la plupart d’un gisement que fonne au-dessus de Lausanne la base du grès coquillier ; ce gisement fait partie sans aucun doute des plus anciens dépôts de cet étage. On peut expliquer par là pourquoi le plus grand nombre de ces espèces (43 sur 72) ont des rapports avec celles de la mollasse grise de Lausanne. Si nous attribuons ces espèces au troisième étage, il en aurait ainsi 29 de plus,
LA FLORE I)E LA MOLLASSE
revanche de riches matériaux de comparaison. Le tableau suivant indique la répartition des espèces dans les différents étages, et celles qu’ils possèdent en commun :