PRINCIPAUX GROUPES DU RÈGNE VÉGÉTAL
Le fait que les Apétales sont représentées en grande partie par des plantes ligneuses a eu sans doute quelque influence sur la proportion que nous avons indiquée. Puisque dans la flore miocène suisse nous rencontrons plus d’ Apétales que nous n’en possédons maintenant, il est clair que ces végétaux ont joué dans l’ensemble du règne végétal un rôle plus important que maintenant. Les Apétales occupent la dernière place dans les Dicotylédones, et sont relativement beaucoup plus nombreuses dans la flore miocène que les formes d’une organisation plus parfaite, telles que les Gamo- et les Polypétales.
Les Phanérogames (avec 736 espèces) se divisent en 89 familles, ce qui donne une moyenne de 8 espèces par famille, tandis que dans notre flore suisse actuelle la moyenne est de 22,2 par famille. La flore était donc relativement beaucoup plus variée que maintenant, puisque les espèces appartenaient à des types de famille plus nombreux que ceux de notre époque actuelle. Une des preuves de cette richesse se trouve dans le fait qu’il fallait 10 des plus riches familles pour représenter à elles seules la moitié des Phanérogames. On peut établir comme règle générale que plus une flore est riche en espèces, plus il faut de familles pour représenter la moitié de la flore. Ainsi dans l’extrême nord, pour donner La moitié des espèces, 3 ou 4 familles suffisent, 8 ou 9 dans l’Europe centrale et 10 dans la Nouvelle Géorgie, la Caroline et Java. Notre pays possédait donc autrefois la même proportion que les pays chauds actuels.
Les 10 familles les plus riches en espèces de notre flore miocène, renfermant 362 espèces, sont : les Papilionacées avec 117 espèces; les Cupulifères, 41; les Cyperacées, 39; les Laurinées, 25; les Graminées, 25; les Rhamnées, 25; les Myricées, 23; les Salicinées, 23; les Proteacées, 23, et les Acérinées, 22.
Ensuite viennent les familles qui ont de 10 à 21 espèces. Les Synanthérées, les Célastrinées, les Morées, les Juglandées, les Palmiers, les Conifères, les Mimosées, les Nayadécs, les Ulmacées, les Vacciniées, les Sapindacées, les Anacardiacées et les Zanthoxylécs. Elles compren-
LA FLOUE DE LA MOLLASSE
nent 184 espèces, et avec les précédentes 545 ; ainsi ces 23 familles forment entre elles 75 % des Phanérogames.
La famille des Papilionacées est la plus riche, et ses espèces se rencontrent dans les mêmes proportions que maintenant dans les zones tropicales où elle tient aussi le premier rang. — Nulle part les Cupulifères n’ont occupé une place aussi importante que dans notre flore miocène, dont ils forment le 5 '/> %• Ns font partie, avec les Ormeaux, les Platanes, les Morées, les Bouleaux, les Myricées, de l’ordre des Amentacées (arbres à chatons) et possèdent avec les Salicinées 126 espèces, et avec les Papilionacées '/, de la flore phanérogame. — Cette proportion ne se retrouve nulle part de nos jours. — En Allemagne et en Suisse, les Cupulifères donnent 2,30 %; dans l’Amérique septentrionale, où ils sont le plus nombreux, seulement 3,5 % à 4,5 %■
Les familles des Graminées et des Cypéracées, qui appartiennent à l’ordre des Glumacées, occupaient autrefois le même rang numérique qu’aujourd’hui dans les zones tempérées et torrides; les Laurinées et les Protéacées au contraire sont distribuées tout différemment. — Les dernières sont actuellement presque complètement reléguées dans l’hémisphère sud ; dans la Nouvelle-Hollande, par exemple, elles sont représentées par des arbres et arbrisseaux en grand nombre ; le3 premières sont très-répandues dans les zones chaudes et torrides ; mais nulle paît elles ne sont aussi nombreuses en espèces que jadis. Leur abondance extraordinaire pendant l’époque miocène leur assigne la première place parmi les arbres forestiers. Elles rappellent les forêts de Lauriers qui couvraient autrefois les Canaries et Madère, et qui se voient encore de nos jours dans l’intérieur de ces lies.
Parmi les plantes arborescentes, les Rhamnées et les Célastrinées étaient les plus répandues ; l’ordre des Frangulacées surtout offrait une étonnante abondance d’espèces (54 espèces). D’autre part, il est à remarquer que les Labiées, les Scrophulariées, les Renonculacées, les Ombellifères, les Cariophv liées, les Crucifères et les Rosacées manquent complètement ou ne nous sont parvenues que dans un nombre d’espèces