‹ Le monde primitif de la SuisseChapitre 132 sur 244 · MODIFICATIONS 1)E LA FLORE · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS 1)E LA FLORE

que nous possédons sur cette flore ne suffisent pas pour expliquer ce phénomène.

D’importantes modifications ont dû se produire dans le monde végétal pendant la période mollassique, et l’on peut établir comme suit les transformations principales qui eurent lieu :

1° Les arbres et les buissons à feuillage persistant forment en général les 7s de la flore (non compris les plantes herbacées); dans la mollasse supérieure, ils diminuent relativement, tandis que dans l'aquitanien (avec 163 espèces) ils constituent les 7» de la flore ; en revanche, dans l'ccningien (avec 166 espèces), ils ne donnent pas beaucoup plus de la moitié des espèces.

Dans ce dernier étage, les arbres à feuilles caduques sont beaucoup plus nombreux que dans la mollasse inférieure, car dans le cinquième étage ils fournissent 134 espèces et dans le second 04 seulement.

2° Les Palmiers ne manquent, il est vrai, nulle part dans l’ccningien, mais ils y deviennent très-rares, tandis qu’ils jouent un rôle important dans les étages inférieurs. La même observation s’applique aux Figuiers et aux Acacias à feuilles fines, au lieu que les espèces d’ Erables et de Peupliers eurent une importance beaucoup plus grande dans la mollasse supérieure.

3° Les formes australiennes et tropicales diminuent dans la mollasse supérieure, et leur place est occupée par des formes des pays méditerranéens et du nord de l’Amérique. Dans le second étage et le troisième, on rencontre presque autant de types européens qu’asiatiques; mais dans le cinquième les formes européennes dominent d’un quart. — Les types américains sont plus nombreux, au moins du double, que les asiatiques, et cela dans tous les étages. Dans notre flore mollassique, les formes tropicales sont en général moitié asiatiques et moitié américaines ; on y rencontre deux fois plus de formes subtropicales et à peu près quatre fois plus de formes de la zone tempérée américaine que d’asiatiques.

Les formes tropicales seraient donc plutôt asiatiques et les subtropicales ressembleraient à celles de l’Amérique tempérée.

LA FLORE 1)E LA MOLLASSE

4“ Chaque étage a, comme nous l’avons vu plus haut, un nombre important d’espèces qui lui sont propres ; mais on ne peut considérer comme caractéristiques à cet égard que celles qui avaient une grande area. — Dans le premier et le second étage, nous citerons comme tels le Zizyphus Ungeri, le Quercus furcinervis, la Dryandra Schrankii et la Myrica hakea'folia ; pour le second et le troisième : des Woodwardia, des Lygodia, le Sabal major et le Phœnicites spectabilis, le Séquoia Langsdorfii et le Cinnamomum spectabile, et pour le cinquième le Populus mutabilis, quelques Ormeaux à petites feuilles, le Laurus princeps, le Carpinus pyramidalis et d’élégantes Podogonia.

Le second et le troisième étage possèdent en commun plus de plantes caractéristiques de notre mollasse que tous les autres, si bien qu’on se demande s’ils ne devraient pas être réunis en un seul et même étage. Dans ce cas, nous aurions pour ces deux étages réunis 438 espèces, dont un bon nombre sont caractéristiques de la mollasse d’eau douce. — La flore de l’helvétien a plus de rapport avec celle du troisième étage qu’avec celle du cinquième; car, ainsi que nous l’avons expliqué plus haut, la plupart des espèces helvétiennes connues appartiennent aux plus anciens gisements mollnssiques qui font transition à la mollasse grise. Si nous faisons abstraction des plantes des gisements inférieurs du quatrième étage, et que nous ne tenions compte que de celles de la mer mollassiquc subalpine, nous verrons que cet étage se rapproche du cinquième par 65 % de ses espèces ; par conséquent la plus grande modification apportée à la flore miocène a eu lieu pendant le quatrième étage, c’est-à-dire pendant que notre pays miocène était recouvert par la mer.

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