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Coléoptères

Tous les groupes supérieurs des Coléoptères, ainsi que leurs principales familles, sont représentés à Oeningen. J’ai reçu de cette localité 518 espèces et 26 du reste de la mollasse suisse. Les familles ont en moyenne 10 espèces, et les genres 3, tandis que dans la faune suisse actuelle, la famille compte 45 espèces et le genre 5. En Europe, le genre possède en moyenne 7,9 espèces; dans l’Amérique du Nord, 4,4; dans l’Amérique du Sud, 6,7.

A Oeningen, la tribu la plus riche est celle des Rhynchophores avec 107 espèces, viennent ensuite les Sternoxes avec 66, les Clavicomes avec 55, les Carabides avec 52, les Chrysomélines avec 50, les Lamellicornes avec 40, les Longicomes avec 28 et les Palpicornes avec 21. En Suisse et dans la faune actuelle, voici l’ordre dans lequel ces tribus se rangent d’après le nombre: les Rhynchophores, Brachélytres, Carabides, Clavicomes, Chrysomélines, Sternoxes, Lamellicornes et Longicornes; elles conservent ce rang dans la faune du reste de l’Europe.

Comme on le voit, ce n’est pas seulement dans la faune tertiaire, mais aussi dans la faune européenne actuelle, que les Rhyncuophores occupent la première place; mais, tandis qu’ici les Brachélytres tiennent le second ou troisième rang, la faune miocène leur assigne la dernière place qu'ils occupent aussi dans l’Amérique du Sud et en Asie. Les Sternoxes (Serricomes, Buprestes) ont au contraire la seconde place; les Palpicornes viennent après ce groupe considérable et riche en espèces. L’étonnante prédominance des Sternoxes provient des Buprestides, famille qui atteint tout son développement dans la zone torride, et a fourni à l’époque tertiaire un contingent plus considérable que maintenant en aucune partie du globe. Le fait est d’autant plus remarquable que c’est aussi la famille la plus riche du lias et qu’elle formait à cette époque reculée l’appointprincipal des Xylophages (p. 106).

Il en fut de même à l’époque mollassique. Cette prédominance des Buprestes, l’énorme développement qu’acquirent les Palpicornes, et d’au-

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tre part la rareté des Brachélytres, est un des caractères de la faune des Coléoptères de l’époque tertiaire ; nous en étudierons quelques formes principales.

Les Coccinelles sont des animaux bien connus qui sont caractérisés par leur corps bombé et leurs élytres élégamment colorés. — Oeningen en a fourni 19 espèces, chez la plupart desquelles on peut encore distinguer les couleurs primitives. Elles étaient aussi bigarrées et aussi variées que les espèces actuelles. Chez la Coccinella colorata (fig. 234) nous voyons sur le segment thoracique 4 points noirs et 10 sur chaque élytre. La Coccinella Andromeda Hr. rappelle notre < Bête de la Vierge » ou < Béte à bon Dieu; » une autre, la C. Hesione Hr. ressemble à la C. bipunctata, une troisième la C. amabilis Hr. à la C. ocellata L., tandis qu’une quatrième grosse espèce, la C. spectabilis Hr. (fig. 235) se rapproche pour la taille et la grandeur de la C. marginata du Brésil.

Fig. 235. Fig. 236. Fig. 237. Fig. 238. Fig. 239. Fig. 210. Fig. 241.

Fig. 213. Fig. 214. Fig. 215. Fig. 246. Fig. 247. Fig. 248. Fig. 249.

Fig. 234. Coccinella colorata llr. — Fig. 235. Coccinella spectabilis Hr. — Fig. 236. Galleruca Buchi Hr. gros». 2 fois. — Fig. 237. Lina Populeti Hr. — Fig. 238. Chrysomela Calami Hr. — Fig. 239 Cassida Blancheti Hr. gross. 3 fois. — Fig. 240. Lema vetusta Hr. gros». 2 fois. — Fig. 241, Anoplites Bremii Hr. gross. 3 fois. — Fig. 242. Apion antiquum Hr. gros». 3 fois. — Fig. 248. Rhynchites Dionysus Hr. — Fig. 241. Attelabus durus Hr. — Fig. 245. Naupactus crassirostris Hr. — Fig. 246. Antliarblnites gracilis Hr. gross. 3 fois. — Fig. 247. Brachycerus nanus Hr. — Fig. 248. Sitona atavina Hr, gross. 4 fois. — Fig 249. Cleonus speciosus Hr.

LA FAUNE MOLLASSIQUE.

Nous connaissons 50 espèces de Chrysomélines d’Oeningen, auxquelles il faut en ajouter 3 d’autres localités mollassiques. — Les familles les plus riches sont celles des Chrysomélides avec 15 espèces, des Gallérucides avec 9 et des Cassidides avec 8.

Parmi les Chrysomélides, le Lina Populeti Hr. (fig. 237) est très-voisin de notre Lina Populi et avait probablement aussi des élytres d’un rouge sang; la Gonioctena Clymene Hr. peut être comparée à la G. pallida F. qui se trouve sur la Bourdaine (Nerprun) et le Noisetier; une troisième, Chrysomela Calami Hr. (fig. 238) ressemble à la Chr. Graminis L. qui se rencontre sur les Roseaux.

Les Gallérucides fournissent trois espèces dont la tête et le thorax étaient de couleur claire (probablement rouge ou jaune pendant la vie), les élytres et les antennes noires (probablement à reflets métalliques). L’espèce la plus grande était la Galleruca Buchii Hr. (fig. 23G) ; elle ressemble de fort près à la G. halensis L. qui vit dans l’Europe centrale sur le Gaillet ou Caille-lait (Galium) ; deux autres peuvent être comparées à des espèces brésiliennes dont les élytres sont ornées de grandes taches rondes.

Les Cassida à l’état fossile sont également faciles à reconnaître à leurs élytres larges et plats. Elles ne s’éloignent considérablement d’aucune forme actuelle; les deux espèces les plus communes sont la Cassida Hermione Hr. et C. Blancheti Hr. (fig. 239) ; elles rappellent les C. Murræa F. et C. thoracica Kug. vivant sur les Chardons, ce qui indiquerait la présence de cette plante à Oeningen.

Les Criocérides n’ont qu’une espèce, le Lema vetusta Hr. (fig. 240) qui est intéressante, car elle est proche parente du L. merdigera L. qui vit sur les Lis, et semblerait ainsi nous indiquer que les environs d’Oeningen étaient ornés de cette plante.

Les Ilispides nous apparaissent à Oeningen avec 4 espèces, tandis qu’en Suisse actuellement il n’y en a qu’une ; elles diffèrent complètement de celle-ci et appartiennent au genre américain Anoplites. Une de ces espèces était un des Coléoptères les plus communs d’Oeningen, A.

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Brernii Hr. (fig. 241) dont j’ai reçu plus de cent échantillons. L’A. quadrata F., espèce américaine, lui ressemble beaucoup; elle apparaît en Mai et Juin et dépose ses œufs sur les feuilles de diverses Pomacées (Pommier, Pvrus arbutifolia et Amelanchier ovalis). Les larves attaquent les feuilles et se nourrissent du parenchyme. Une espèce voisine, A. suturalis F. vit sur l’Acacia américain (Robinia pseudacacia). Jusqu’ici on n’a pas trouvé à Oeningen les genres Pyrus et Amelanchier, mais bien le genre Robinia sur lequel vivait sans doute ce petit Coléoptère si commun.

Les Donacides sont beaucoup plus rares : on n’en a trouvé que deux espèces et très-peu d’exemplaires. Cette rareté est étonnante, car actuellement ces animaux vivent en grand nombre sur les plantes aquatiques et marécageuses ; on les rencontre par centaines dans les houilles d’Utznach et de Dümtcn. Là, où ils vivaient en nombreuses colonies, on en recueille beaucoup à l’état fossile; la pauvreté d’Oeningenen ce genre nous prouve qu’ils ne jouèrent pas autrefois le même rôle que de nos jours.

Nous avons déjà vu que les Rhynchophores, qui se distinguent par une tête allongée se terminant en trompe, formaient à Oeningen comme dans la faune européenne actuelle la plus riche tribu des Coléoptères. — Nous en connaissons déjà 10S espèces d’Oeningen, dont 24 Attelabodes à antennes droites, et 84 Curculionidées à antennes coudées. — Les premières forment donc le ’/« ou le */» du nombre total, tandis que dans la faune actuelle cette proportion est de 1 3. — Les Attelabodes étant relativement moins nombreux dans les zones chaudes et torrides que dans les zones tempérées, la proportion à Oeningen se rapprochait de celle des zones chaudes. Les Rhynchophores vivent exclusivement de végétaux ; beaucoup sont attachés à certaines espèces ou à certains genres de plantes, ou se nourrissent seulement de tels ou tels organes spéciaux ; les uns des fleurs, d’autres des feuilles, des fruits ou des semences, d’autres encore de l’écorce ou du bols. L’étude de l’histoire naturelle de ces Insectes, et la comparaison des espèces fossiles homologues nous donne-

raient plusieurs not ions intéressantes sur les rapports des animaux et des plantes à cette époque primitive, si cette étude pouvait être poussée plus loin qu’elle ne l’a été jusqu’ici.

Le groupe le plus riche en espèces dans la famille des Attelabodes est celui des Attelabinées avec les genres Attelabus, Rhynchites et Apion, présentant à Oeningen 13 espèces. Les fig. 242 à 244 représentent trois types de ces genres. Le petit Apion a tout à fait le port des espèces vivantes; ce sont de forts petits animaux qui se nourrissent en grande partie de graines de Trèfle, de Robinia et d’autres Papilionacées. Les Rhynchites, au contraire, vivent des bourgeons et des jeunes feuilles de la Vigne, ainsi que des jeunes fruits des Pomacées et des Drupacées; c’est une redoutable petite bête connue sous les noms de La bêche ou Lisette. L’espèce représentée par la fig. 243 ressemble à la Lisette commune et a probablement vécu sur les vignes d’Ueningen, ainsi qu’une seconde espèce parente Rh. silenus Hr. Ces formes sont européennes. tandis que P Attelabus durus Hr. (fig. 244) rappelle une forme américaine.

La seconde grande sous-famille est celle des Anthribides dont les six espèces ont probablement vécu dans le bois pourri et les Champignons. Les Bruchidées avec 3 espèces se nourrissent de graines. L’une d’elles, le Bruchus striolatus Hr., rappelle, pour la grandeur et le port, des espèces vivant actuellement dans les noix des Palmiers de l’Amérique tropicale. — Chez les Bruchidées, la trompe est large et très-courte, tandis que chez les Antliarhinides elle est d’une longueur et d’une ténuité peu communes. — J’attribue à cette sous-famille, qui de nos jours ne se rencontre que sur les Cvcadées du Cap, un fort petit Insecte d’Oeningcn, l’Antliarhinites gracilis Hr. (fig. 240) ; il se fait remarquer par sa trompe longue et effilée, à la base de laquelle sont fixées les antennes.

La famille des Curculionides se divise à Oeningen en 9 sous-familles parmi lesquelles les Cléonides. les Molytides, les Erirhinides et les Cryptorhynchides comprennent la presque totalité des espèces. — Le genre Cleonus, représenté par 14 espèces, était excessivement répandu. —

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Nous trouvons les espèces analogues dans les endroits bas et marécageux, sous les pierres, où elles se nourrissent de plantes herbacées. — Sans doute, les Cléones fossiles vivaient de la même manière ; pour le port, ils sont presque tous analogues à des formes européennes et asiatiques. Ainsi on peut comparer le Cl. speciosus Ilr. (fig. 249) à une espèce sibérienne, le Cl. pruinosus Schh. ; il faisait probablement sa demeure, ainsi que ses congénères actuels, dans les parties marécageuses et couvertes de Roseaux du lac d’Oeningen.

Les nombreuses espèces de Phytonomus d’Oeningen habitaient vraisemblablement sur les Renouées (Polvgonum) et l’Oseille des marais, et attachaient sans doute leurs cocons au revers des feuilles, ainsi que le pratiquent leurs parents actuels.

Les Lixus font supposer l’existence d’Ombellifères de marais ; le L. rugicollis Ilr. est très-voisin du L. gemellatus Schh. qui se tient sur les Ciguës aquatiques et dont la larve ronge la tige ; l’Insecte parfait se trouve sur les Ombelles ou dans l’eau, où il peut séjourner un temps assez long. Le L. œningensis Hr. préférait, au contraire les Chardons, si du moins il partageait les goûts de son proche parent actuel, le L. angustatus F.

Les Brachycères (fig. 247) vivaient probablement sur le rivage et nous indiquent aussi la présence de Lis.

Les 3 espèces de Cionus rappellent les Cionus actuels; ce sont de petits Insectes à forme globuleuse qui vivent sur la Molène (Verbascum, Bonhomme) et les Scrophulariées.

Les Larinus ressemblent aux Rhyncophores poudrés de jaune, vivant sur les Chardons et les Centaurées. Les genres Cryptorhvnchus et Balaninus se trouvent au contraire sur les Aunes et les Noisetiers, et cinq Sitones sur les Conifères. Le Sitona atavina Hr. (fig. 248) est un des Insectes les plus communs d’Oeningen ; il ressemble de fort près à une espèce dont les larves demeurent dans les cônes de Sapin.

Le genre Naupactus est complètement étranger à notre pays; mais il a des représentants nombreux et brillamment colorés dans l’Amérique

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tropicale et dans un type remarquable, le N. crassirostris Hr. (iig. 245), trouvé à Oeningen.

Les Longicornes, reconnaissables à leurs longues cornes, tiennent avec 30 espèces le septième rang dans la faune miocène, et le huitième dans celle de la Suisse et de l’Europe actuelles , tandis qu’ils occupent le cinquième dans l’Amérique du Nord, le troisième dans l’Amérique tropicale et le quatrième dans l’Archipel indien. — Ils sont donc plus communs en Amérique qu’en Europe et plus largement représentés dans la zone torride que dans la zone tempérée et la froide. Dans notre pays tertiaire, ils sont en général rares, quoique relativement plus abondants que dans la faune actuelle. Il est intéressant de remarquer que les Lepturides, qui appartiennent à la zone tempérée, manquaient, et que toutes les espèces se partagent entre les genres des Céramby ridées, Lamiariées et Prionides, qui sans doute vivaient sans exception dans les forêts et à l'état de larve, se nourrissaient de bois. Le genre Prionus renferme de grands types. Toutes les espèces d’Oeningen se distinguent par les bords non dentés du thorax, constituant ainsi, à ce qu’il parait, un groupe éteint. Pour la grandeur et le port, la plus grande espèce, le Pr. Polyphemus Hr. (fig. 250) ressemble au Pr. Faber L. dont les larves vivent dans les Pins, tandis qu’une seconde espèce, le Pr. spectabilis Hr. (fig. 251), atteint presque la grosseur du Pr. coriarius L.

Dans les Cérambycidées, nous trouvons les genres Clytus et Callidium avec 'J espèces. — On peut encore reconnaître sur quatre espèces d’Oeningen les couleurs bigarrées dont les premiers étaient ornés, et la fig. 252 nous révèle que leurs élytres étaient parcourus alternativement par 3 bandes claires qui étaient probablement d’un jaune soufre pendant la vie. Elles s’écartent beaucoup de toutes les espèces européennes, mais deux Callidies : C. Escheri Hr. (fig. 253) et C. procerum Hr. sont proches parentes du C. strepens répandu dans les pays méditerranéens, dans le nord de l’Afrique, à Madère et même dans la Nouvelle-Géorgie et le Brésil.

Parmi les Lamiariées, la Saperda Nephele Hr. a probablement vécu

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sur les Peupliers d’Oeningen, PAcanthoderus sepultus Hr. et la Mesosa Jasonis Hr. sur les Conifères. — Les élytres d'une petite Saperda ont aussi été découvertes dans la mollasse de Iiovereaz (tig. 254).

Fig. 251. Fig. 554. Fig. 250. Fig. 257.

Fig. 255. Fig. 255. Fig. 252. Fie. 253.

Fig. 250. Prionus Polyphemus Ilr. — Fig. 251. Prionus spectabilis lîr. — Fig 252. Clytus pulcher Hr. — Fig. 253. Callidium Escheri flr. — Fig. 254 Saperda valdensis Hr. de Rovereaz, gross. — Fig. 255. Lytta Aesculapi Ilr. — Fig. 256. Telephorus macilentus Ilr. gross. 4 fois ; b. pieds antérieurs; c. 2* paire; d. pieds postérieurs, fortement gross — Fig. 257. Tagenopsis brevicornis Hr. ; b. Antennes, gross.

Le groupe des Sténélytres possède 5 familles à Oeningen, dont les Cistélides et les Hélopides sont les plus importantes (15 espèces). Les premières se tenaient probablement sur les fleurs, les secondes sur les arbres forestiers, mais leurs larves vivaient sans doute dans les vieilles souches des Chênes et des Sapins. La mollasse de Lausanne et de la Paudèze a donné aussi deux espèces d’Helops.

La famille des Cantharidées de l’ordre des Trachélydes a fourni quatre

LA FAUNE MOLLASSIQUE.

espèces, parmi lesquelles la Lytta Aesculapi Hr. (fig. 255) était assez commune, et dont il nous est parvenu de beaux exemplaires ; elle est très-voisine de la Lytta vesicatoria L. sp. et a dû vivre en grandes troupes sur les Frênes d’Oeningen. La Zonites vetusta Hr. a la grosseur et la couleur de la Zonites præusta du sud de l’Europe et vivait probablement aussi dans les nids d’Abeilles.

Les Mélanosomata sont très-rares, et ce fait distingue la faune miocène des Coléoptères de celle des pays méditerranéens actuels qui possèdent une grande quantité de ces animaux. On n’a trouvé encore aucune trace des Pimélies, des Erodius, des Scaurus et des Blaps qui sont si communs de nos jours; on rencontre quelques espèces d’Upis qui rappellent les formes de l’Amérique du Sud et le Tagenopsis brevicornis Hr. d’un genre éteint (fig. 257), et se rapportant pour le port aux Tagenia. Ceux-ci demeurent sous les écorces des arbres, mais se distinguent de ce dernier par les trois derniers articles de leurs antennes fortement renflées. Les Térédyles sont très-rares. Un Clerus, le Cl. Adonis Hr., tient le milieu entre le Cl. mutillarius et le Cl. formicarius L., carnassiers, ornés de belles couleurs qui font la chasse aux larves des Insectes et vont les chercher dans leurs cachettes.

L’Hvlecœtus cylindricus Hr. ressemble à l’H. dermestoides L. sp. qui fait sa demeure dans le bois des Conifères et des arbres feuillus.

Les Malacodermes sont beaucoup plus communs que les précédents. — Le Lampyris orciluca Hr. ressemble tout à fait à notre Ver-luisant, et, comme lui, répandait sans doute sa douce clarté pendant les nuits de l’époque miocène.

Les Téléphores et les Malachius nous sont parvenus en grand nombre et sous de jolies formes; malgré leur fragilité, ils sont fort bien conservés et comme dessinés sur la pierre, ainsi que nous le montre la fig. 256. Les pattes, si délicates, ont encore leur couleur claire, et on peut fort bien reconnaître la forme et l’articulation des tarses (fig. 256, b, c, d). — Ils vivaient sans doute sur les fleurs, et, comme les espèces analogues vivantes, ils faisaient la chasse à de plus petits Insectes.

COLÉOPTEKES.

Nous avons déjà signalé le rôle important que jouèrent dans la faune entomologique miocène, les Stemoxes, et parmi eux, surtout les Buprestes. Sur 67 espèces de Stemoxes trouvées à JOeniugen, 40 appartiennent aux Buprestes et 27 aux Élatérides ; il faut y ajouter 5 espèces provenant d’autres localités de notre mollasse (étrangères à Oeningen). Ces espèces forment 13 genres, dont 2, les Fusslinia et Protogenia, sont éteints. — Les plus communs sont les genres Capnodis, Chalcophora et Ancylochira. — Les Capnodis antiqua Hr. (fig. 260) et C. spectabilis Hr. (fig. 261) ressemblent au C. cariosa Pall. non-seulement pour la grosseur et la forme, mais aussi pour le modelage des élytres et leurs couleurs qui sont fort bien conservées. On voit très-distinctement les

Fig, 258, Fig. 250. Fig. 260. Fig. 261. Fig. 262. Fig. 263.

Fig. 258. Ancylochira tincta Hr. gros*. 2 fois. — Fig. 259. Chalcophora lævigata Hr. — Fig. 260. Capnodis antiqua ITr. — Fig. 261. Capnodis spectabilis Hr. — Fig. 262. Elater ( Alaus) spectabilis Hr. — Fig. 263. Melolontha Greithiana Iîr.. de Greith A Hohe-Rhonen. — Fis.. 261. Lepitrix germa nica Hr. gross — Fig. 265. Valgus oeningensis Hr. — Fig. 266. Trichius aedilis Hr. (reotauré). — Fig. 267. Copris Druidum Hr. (restauré). — Fig. 268. Onthophagus prodromus Hr. — gross. ; 2 lois. — Fi?. 269. Oniticellus amplicollis Ut., gross. ; 2 fois. — Fig. 270. Gymnopleurus rotundatus Hr.

LA FAUNE MOLLASSIQUE.

deux taches rondes et noires du thorax et la couleur claire qui fait le fond des élytres. L’espèce actuelle vit dans le sud de l’Europe, en Egypte et en Orient, et se rencontre sur les fleurs du Vinaigrier, tandis que les larves vivent dans les troncs du Lentisque. — Un des Chalcophores les plus communs est le Chalcopliora lævigata Hr. (fig. 259) qui a son analogue dans le C. Fabricii Rossi, espèce italienne qui vit sur le Pêcher et le Poirier.

Les Ancylochira d’Oeningen fournissent 7 espèces dont, par analogie. 3 seraient parentes des espèces vivant actuellement sur les Conifères ; une de ces espèces, l’A. tincta Hr. (fig. 258), a encore de brillantes couleurs bien conservées, et se rapproche de l’A. octoguttata F. Les espèces appartenant aux genres Perotis, Eurythyrea, Dicerca, Agrilus, Anthaxia et Sphenoptera étaient probablement ornées de couleurs métalliques.

La grande famille des Elatérides comprend de petites espèces ; celles d’Oeningen n’ont rien de bien remarquable. Nous y voyons le genre Ampedus, dont les élytres pâles étaient probablement colorés d'un rouge vif pendant la vie, ainsi que chez nos espèces vivant dans le bois des Conifères et des arbres feuillus ; quelques espèces de Corymbites se rapprochant soit du C. æneus L. si commun, à élytres ornés de couleurs métalliques, soit de nombreux Elater, les uns de couleur sombre et uniforme, les autres tachetés et dont les élytres étaient vers le bord d’un blanc pâle; j’ai représenté dans la fig. 262 l’espèce la plus grande et la plus curieuse ; c’est une forme spéciale se rapprochant des espèces des Indes occidentales.

Les Lamellicornes sont très-répandus sous les zones torrides; pour le nombre d’espèces, ils occupent le quatrième rang dans l'Amérique tropicale, le troisième dans l’Archipel indien, le second en Asie, mais le septième seulement en Suisse. De plus, sous les zones torrides, ces Coléoptères ont des formes beaucoup plus grandes, et sont une des merveilles du monde des Insectes. Dans notre pays tertiaire ils tiennent, avec 43 espèces, la sixième place. Les formes géantes manquent, et la plupart rappellent plutôt des espèces européennes ; on voit bien cependant çà et

COLÉOPTÈRES

là quelques formes exotiques. — Sur 8 familles d’Oeningen, trois : les Géotrupides, les Coprides et les Aphodiides sont coprophages ou mangeurs de fumier, tandis que deux, les Dynastides et les Mélittophilides, vivent à l’état de larve dans le bois pourri, et sur les fleurs à l’état parfait; une dernière, celle des Mélolonthides, se nourrit, comme larve, de racines de plantes, et, à l’état parfait, du feuillage des arbres.

Parmi les Coprophages, les Géotrupides et les Aphodiides sont rares et ne donnent que quelques espèces ; les Coprides, au contraire, nous sont parvenus avec 13 espèces et 4 genres. — Le genre Onthophagus est appelé par le peuple : < petit Taureau > ou < petit Bœuf, » à cause de sa forme burlesque; j’en ai reçu 7 espèces dont 5 rappellent tout à fait ceux qu’on trouve dans les bouses de Vache ; ainsi je rapproche l’Onthophagus Urus Hr. de l’0„ nuchicomis L., l’O. prodomus Hr. (fig. 268) et l’O. crassus Hr. de l’O. vacca, l’O. bisontinus Hr. de l’O. affinis St. et l’O. ovatulus Hr. de l’O. ovatus L. — Le genre Copris renferme une espèce, le C. subterranea Hr., qui ressemble au C. lunaris vivant aussi dans les bouses, tandis qu’une seconde, le C. Druidum Hr. (fig. 267), se rapporte tout à fait à une espèce brésilienne, le C. ciliata.

Le genre Gymnopleurus, qui nous a fourni le G. rotundatus Hr. (fig. 270), espèce à type indien, possède en outre plusieurs formes spéciales, tandis que l’Oniticellus amplicollis (fig. 269) est proche parent de l’O. flavipes F. qui vit dans le crottin de Cheval.

Les Géotrupides nous donnent une espèce, le Geotrupes Germari Hr. qui jouait le rôle de notre Stercorarius (Scarabæus, Geotrupes) ; le Coprologus gracilis Hr. appartient à un genre spécial complètement éteint.

Les Dynastides sont représentées par le genre Pentodon (P. l’roserpinæ Hr.) qui est restreint maintenant aux pays méditerranéens et dont la larve vit de bois pourri.

Les Mélittophilides sont bien connus par les Cétoines ou Insectes d’or qui sont si nombreux au printemps sur les fleurs de nos jardins. — Nous ignorons, il est vrai, si le genre Cetonia existait autrefois, mais nous retrouvons le genre Trichius qui en est très-voisin, et vit également sur les

fleurs, tandis que ses larves habitent les vieux troncs d’arbres. — Le Tr. ædilis Hr. (fig. 266) est bien l’aïeul du Tr. nobilis L. qui aime spécialement les fleurs du Sureau et dépose ses œufs dans les vieux Pruniers ; le Tr. lugubris Hr. est un ancêtre du Tr. variabilis L., Coléoptère noir tacheté de blanc qui, à l'état de larve, se trouve dans les arbres feuillus; le Tr. fasciatus F. provient du Tr. amœnus llr. ; il a comme lui des élytres rayés débandés noires; le Valgus œningensis Hr. (fig. 265) nous a légué le V. hemipterus L. sp. dont on rencontre les larves dans le bois des arbres feuillus.

Dans la famille des Glaphyrides nous rencontrons un type exotique, le Glaphyrus antiquus Hr., dont l’analogue vit en Orient sur les fleurs du Chardon.

Les Mélolonthides fournissent 10 espèces à Ocningen, mais elles ne paraissent pas avoir joué dans cette localité le même rôle que de nos jours. — Dans les mollasses anciennes, en revanche, mie espèce semble avoir été assez commune. Parmi les cinq morceaux d’insectes trouvés à Hohe- Rhonen, il y en a deux qui proviennent du Melolontha Greithiana Hr. (fig. 263); on l’a recueilli sur divers points dans les charbons de ces localités. Il avait la taille de notre Hanneton ordinaire, mais ses élytres étaient beaucoup plus étroits; il appartient probablement au groupe du Hanneton du sud de la France, le Melolontha australis Schh. (Catalasis Dej). A Ocningen tous les Mélolonthides sont rares ; le Rhizotrogus longimanus Hr. a un proche parent dans le Rh. paganus 01. du sud de l’Europe. L’Anomala fugax Hr. ressemble à P A. Julii F. répandu dans toute l’Europe, et le Serica minutula Hr. au petit S. strigosa Dej.

Le membre le plus intéressant de cette famille est le Lepitrix germanica llr. (fig. 264), car il appartient à un genre aujourd’hui restreint au Cap sous la forme du L. lineata F. qui lui est très-semblable.

Les Palpicornes (Lamellicornes aquatiques) et les Ilydrophilides étaient représentés dans les eaux d’Oeningen par 22 espèces. A ce nombre s’ajoutent encore 4 espèces trouvées au Lode et à Monod dans le canton de Vaud.

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Sur les 8 genres dans lesquels rentrent ces espèces, deux, l’Escberia et l’Hydrophilopsis Hr. sont éteints ; mais cinq se retrouvent encore en Suisse. Tandis que les deux genres Hydrophilus et Hydrous offrent les plus grandes espèces et que trois seulement de ces espèces habitent notre pays, Oeningen en possédait dix, parmi lesquelles plusieurs étaient fort communes. LT Hydrophilus spectabilis Hr. est un cousin germain de l’H. piceus L. répandu sur toutes les eaux européennes ; mais plusieurs autres à élytres allongés et étroits ressemblent à des formes américaines. Deux d’entre elles, l’H. giganteus Hr. (fig. 271) par exemple, sont de vraies merveilles et les tropiques eux-mémes n’ont pas une seule espèce atteignant cette taille.

On a découvert aussi à Monod deux grands Hydrophiles : l’H. Gaudini

Fig. 271. Hydrophilus giganteus Hr. (restauré). — Fie. 272. Hydrous Escheri Hr. — Fig. 273 Escheria bella Iir. — Fig. 274. Hydrophilopsis elongata Hr. — Fig. 275 Silpha tricostata llr. • — Fig. 276. Hister Mastodontis Hr.

— Fig. 277. Trogosita sculpturata Hr. — Fig. 278. Bledius speciosus Hr.

— Fig. 27’.). Dytiscus Lavateri Hr. ; a. élytres de la femelle; b. du mâle — Fig. 280. Cybister Agassizi Hr. — Fig. 281. Dineutus longiventris Hr. — Fig. 282. Hydroporus antiquus Hr. gross. 3 fois.

LA FAUNE MOLLASSIQUE.

et l’H. Ruminianus Hr. ; ces animaux ont dû jouer dans les eaux de notre pays miocène un rôle important. Les espèces vivantes secrétent une matière glutineuse qu’elles façonnent et dont elles forment un nid mou où elles déposent leurs œufs ; il est bien probable que les espèces miocènes procédaient de la même manière pour la ponte. — Les jeunes vivent de petits Mollusques, mais les adultes se contentent d’une nourriture végétale.

Les Clavicomes forment un groupe très-riche. Ils occupent à Oenin-

gen le troisième rang avec 55 espèces et le quatrième dans la faune suisse actuelle, le sixième en Europe et le huitième sous les tropiques d’Amérique. Ils se divisent en 8 familles; les Nitidulides, les Peltides et les Ilistérides renferment la plupart des espèces. — Ces dernières avec 12 espèces vivent en partie dans le fumier, en partie aussi dans la chair putréfiée, y cherchant les larves d’autres Insectes.

L’IIister mastodontis Hr. (fig. 276) est très-semblable àl’H. major L. du sud de l’Europe, tandis que beaucoup d’autres, H. antiquus Hr., H. æmulus Hr. et H. maculigerus Hr., se rapportent à des formes distribuées maintenant dans toute l’Europe. Ils avaient des élytres d’un noir unifonne ou tachetés de couleur claire ou rouge.

Les Nitidulides, représentées par 19 espèces, ont de proches parentes en Amérique et en Europe. Ces dernières vivent soit de la sève découlant des arbres, soit des fleurs, soit aussi de chair putrifiéc.

Les Silphides sont rares; on n’en connaît qu’une espèce miocène, le Silpha tricostata Hr. (fig. 275). — Elle ressemble beaucoup au S. carinata Hr. et a très-certainement fait sa pâture de la chair des animaux morts dans les forêts d’Oeningen.

Les 10 espèces sous lesquelles nous connaissons les Peltides d'Oeningen nous prouvent la richesse forestière de cette époque. — Tandis que le genre Trogosite ne possède chez nous que 2 espèces fort rares, nous en retrouvons 8 à Oeningen qui vécurent sans doute sous l’écorce des arbres. — Ce sont en grande partie des formes spéciales, ainsi la Trogosita sculpturata Hr. (fig. 277), qui ne- peut être assimilée qu’à des

COLÉOPTÈRES

espèces méridionales ; la Tr. assimilis Hr. est cependant proche parente de la Tr. mauritanica L. répandue sur presque tout le globe. Le Gvmnochila obesa Hr., revêtu d’écailles arrondies, était une espèce très-remarquable appartenant à un genre du sud de l’Afrique.

Les Cryptophagides sont de tout petits Coléoptères dont nous connaissons 5 espèces demeurant dans les Champignons et sous l’écorce dés arbres.

Les Scaphidides, dont 2 espèces ont été retrouvées à Oeningen, sont de petits Coléoptères bolithophages. — Mais les Byrrhides, dont 5 espèces nous sont parvenues, ont sans aucun doute brouté, comme leurs congénères actuels, les tapis de Mousse des forêts.

Nous avons signalé plus haut comme une des particularités de la faune miocène sa pauvreté en Brachélytres. — Il est étonnant en effet qu’à Oeningen on ne trouve que 10 espèces de ce groupe, qui en compte en grand nombre et dont les individus sont faciles à reconnaître à leur abdomen allongé et relevé dans la marche, ainsi qu’à leur attitude toujours prête au combat, et même ces 10 espèces sont-elles fort rares. Comme ces animaux sont tous ailés et volent souvent, ils seraient tombés en plus grand nombre dans la vase d’ Oeningen s’ils avaient été abondants.

Les espèces de cette localité appartiennent à quatre familles. Celle des Aléocharidées, riche en espèces et difficile à étudier, ne nous fournit que deux petites Homalotes ; celle des Oxytélides nous offre l’Oxytelus proævus Hr., qui vivait sans doute dans le fumier et le Bledius speciosus Hr. (fig. 278) ; beaucoup plus gros que les espèces vivantes, il s’en écarte considérablement par sa forme. La famille des Staphilinides nous fournit un vrai Staphilinus, un Lathrobium et deux Oxypores.

Avec les Gyrinides nous revenons aux Insectes aquatiques ; cette famille habitait déjà notre pays à l’époque basique (p. 105). Les deux espèces d’ Oeningen sont cependant très-différentes de celles de Schambelen. Elles appartiennent au genre Dineutus qui, disparu d’Europe, se retrouve en Amérique avec des formes semblables.

Les Dytiscidées, ainsi que nous l’avons vu plus haut, sont parmi

les Insectes les plus carnassiers de la faune miocène aquatique. — Oeningen en a conservé 12 espèces qui diffèrent peu des espèces actuelles. Le Dytiscus Lavateri Hr. (fig. 279) ressemble beaucoup au D. marginalis L. si commun dans nos bassins. — Les mâles ont des élytres lisses ; chez les femelles ils sont fortement striés ; il en était de même à l’époque tertiaire (fig. 279 a, b). On peut reconnaître encore la marge jaune qui bordait cet organe. — Les Cybister, au contraire, s’écartent des espèces européennes. Le C. Agassizi Hr. (fig. 280), dont on a dernièrement trouvé un bel échantillon, avait des proches parents dans les C. limbatus F. et C. foveatus, espèces indiennes et mexicaines. Le C. Nicolcti Hr. , trouvé au Locle et à Oeningen, a comme analogue le C. costalis 01. ; le C. atavus Hr. ressemble au C. africanus Lap., espèce répandue depuis la Sicile jusqu’au Cap. — Les genres Hydaticus, Acilius, Colymbetes et Hydroporus (fig. 282) renferment des Insectes plus petits qui rappellent en grande partie des formes européennes.

Les Carabides jouent sur la terre le même rôle que les Dytiscides dans les eaux. Ce sont aussi des carnassiers de premier ordre qui sont en guerre ouverte avec les autres Insectes, les Mollusques et les Vers. — Ils occupent à Oeningen la quatrième place avec 54 espèces; dans la faune suisse actuelle la troisième, en Europe la seconde, et la première dans l’Amérique du Nord; dans l’Amérique du Sud au contraire et dans les Indes, la cinquième.

Les Cicindélides manquent, peut-être parce qu’elles ne trouvaient pas de localités sablonneuses et assez sèches; on n’a pas encore trouvé à l’état fossile de Carabes proprement dits, cependant ils sont aujourd’hui très-abondants dans les zones froides et tempérées, et appartiennent aux Rapaces les plus communs de notre pays. Leurs représentants dans la zone torride sont les Calosomes. — Il est donc très-intéressant de rencontrer 7 espèces de ces derniers en Suisse, 5 à Oeningen et 2 au Locle. On ne peut expliquer le fait par la raison que les Calosomes sont ailés et que les Carabes ne le sont pas, car il n’v a maintenant que deux espèces de Calosomes dans le nord de la Suisse. II est donc hors de doute

COLÉOPTÈRES

que pendant l’époque miocène ils ont été beaucoup plus abondants dans notre pays que maintenant, et qu'alors ils ont remplacé les Carabes comme le font leurs congénères actuels dans les pays méridionaux. — Ils vivent souvent en troupes et cherchent les chenilles sur les arbres, pour les dévorer; de là leur est venu le nom de Chasseurs de chenilles ou Sycophantes.

Fig. 283. Fig. 285. Fig. 284. Fig. 280.

Fig. 283. Calosoma Nauckianum Hr. — Fig. 284. Harpalus tardigradus Hr.

gross. 4 fois, — Fig. 285. Amara princeps Ilr. groiu. 4 foie. — Fig. 286. Sinis brevicollis Hr. grosa. 4 fois.

Le Calosoma Naukianum Hr. (fig. 283) est l’espèce la plus commune ; on le rencontre aussi dans les houilles de Bonn. Cet Insecte ressemble beaucoup à un Svcophante qui est répandu dans le sud de l’Europe et dans les lies de l’océan Atlantique méridional (C. Maderæ F.). — Les C. catenulatum Hr. et C. caraboides Hr. ont leurs analogues dans des espèces du nord de l’Amérique, le C. Sayi Dej. et C. longipenne Dej.; deux autres dans les espèces de l'Amérique du Sud. Un seul, le C. Jaccardi Hr. du Locle, peut être comparé au C. inquisitor F. de notre faune actuelle. — Pendant l’époque miocène, notre pays donnait donc asile à un certain nombre de Calosomes dont l’ancien et le nouveau monde se partagent les descendants. — Les formes extrêmes de ce genre étaient déjà développées, car le C. Jaccardi avec ses élytres larges et courts forme la transition avec le Callistkenes asiatique; le C. caraboides, chez

LA FAUNE MOLLASSIQUE.

lequel les élytres sont longs et étroits, rappelle le C. longipenne Dej. américain, qui établit le passage aux Carabus.

Les Calosomes habitaient sans aucun doute les forêts, tandis que deux espèces de Nebria, un petit Brachinus, une gracieuse Cymindis, plusieurs délicats Badister et Stenoloplius et de toutes petites Bembidies préféraient le bord du lac d’Oeningen et se cachaient sous les pierres et les débris de végétaux. Là se trouvaient aussi la plupart des Arnara et des Harpalus qui appartiennent maintenant aux genres les plus riches en espèces et les plus communs.

Oeningen possède 7 Arnara et 14 espèces d’Harpalus dont la plupart rappellent des espèces européennes, ainsi que l'indiquent les figures 284 et 285. Cependant une espèce spéciale de ce groupe appartient à un genre éteint, c’est le Sinis brevicollis Ilr. (fig. 286) ; une autre, le Dichi-. rotrichus, ne se rencontre que sur un sol salin.

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