‹ Le monde primitif de la SuisseChapitre 164 sur 244 · HYMÉNOPTÈRES · texte numérisé non relu

HYMÉNOPTÈRES

leurs victimes pour fournir au repas des jeunes ; telles sont les Sphégidées ; ou bien encore, trop paresseux pour avoir recours à de semblables procédés pour l’éducation de leur progéniture, ils surprennent les Insectes, surtout les chenilles et les larves, leur font une piqûre et y déposent leurs œufs; ces œufs se développent, l’Insecte, une fois éclos, se nourrit du corps vivant qui l’a protégé; ce sont les Entomospheces. Tous ces types différents existaient déjà à l’époque miocène, car nous avons à Oeningen 80 espèces d’ Hyménoptères renfermant des Phyllophages, des Entomospheces et des Sphégidées, des Fourmis et des Abeilles qui sans aucun doute avaient le même mode de vivre que les genres actuels.

Les Abeilles nous fournissent 14 espèces. Nous avons un Xylophage, le Xylocopa senilis (fig. 295), qui était probablement coloré en bleu et construisait des canaux perpendiculaires dans le tronc des arbres pour y déposer ses œufs. — Trois Osmia, trois Bourdons et cinq Anthophorites bâtissaient certainement leurs nids au soleil et y apportaient à leurs petits le miel et le pollen. Nous avons représenté le grand Bombus Jurinei Hr. dans la fig. 296. Une Abeille à miel, l’Apis adamitica Hr. (fig. 287), qui voltigeait autour des fleurs en bourdonnant, vivait probablement en société et construisait des rayons en recueillant du miel comme nos Abeilles actuelles; elle était tellement voisine de l’Apis mcllifica L. qu’on peut la considérer comme son ancêtre.

La famille des Guêpes (Vesparia) nous est parvenue avec une espèce, le Polistes primitiva Hr., appartenant à un genre dont les espèces ne construisent que de petits nids qu’elles fixent aux plantes, aux rochers et aux pierres; ces nids n’ont pas d’enveloppe extérieure entourant les cellules. J’ai reçu de la mollasse de Moudon les ailes d’une Guêpe proprement dite; on voit à leur extrémité une teinte foncée noire; c’est la Vespa atavina Hr. (fig. 289); ainsi, ce type d’ Hyménoptères existait déjà à l’époque tertiaire.

Les Sphégides, si industrieuses à se creuser des terriers dans le sable et à y entraîner des Araignées et des Vers, m’ont fourni 4 espèces. L’Ammophila annosa Hr. rappelle PA. sabulosa ordinaire qui nourrit ses

LA FAUNE MOLLASSIQUE.

Fig. 287. 290 ». Fig. 288. Fig. 290 b. Fig. 289. Fig. 291.

292 b. 293. 292». 297. 292 c. 296. Fig. 295. Fig. 294

Fig. 287. Apis adamitica ITr. gros». 2 fois. — Fig. 288. Ponera venerarius Hr. gross. 2 fois; a. femelle; b. mAle. — Fig. 289. Vespa atavina Hr. gross. 3 fois, de Moudon. — Fig. 290. Ammophila interna Hr., a, b. — Fig. 291. Imhofiia pallida Hr. — Fig. 292. Formica lignitum Germ. ; a. femelle; b. mAle (F. heraclea Hr. ot.) ; c. ouvrier. — Fig. 293. Myrmica tertiaria Hr. — Fig. 294. Ichneumon infernalis Hr. — Fig. 295. Xylocopa senilis Hr. — Fig. 296. Bombus Jurinei Hr. — Fig. 297. Scolia Saussureana Hr.

jeunes avec des chenilles; une autre espèce, l’A. inferna Hr. (fig. 290 a, b), est beaucoup plus grosse, et se rapproche des formes tropicales.

Les Scolides, dont Oeningen nous a conservé une jolie espèce (fig. 297), appartiennent maintenant au Midi.

La famille des Hyménoptères de beaucoup la plus riche en espèces est celle des Fourmis. Nous en connaissons déjà 44 espèces d’Oeningen ; ainsi, à cette époque déjà, ces Insectes vivaient, comme de nos jours, en grandes communautés ; on trouve, en effet, des mâles et des femelles de quelques espèces (ainsi à Radoboj) gisant en grandes masses. — Évidemment les individus ailés, doués d’un sexe, sont sortis de leurs nids en troupes immenses et ont pris leur vol. Poussés au-dessus de l’eau, ils y ont trouvé la mort et ont été enfouis dans la vase. Nous voyons presque

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