‹ Le monde primitif de la SuisseChapitre 167 sur 244 · HÉMIPTÈRES · texte numérisé non relu

HÉMIPTÈRES

ges, Hémiptères parasites), tous les groupes des Hémiptères 'vivants y sont représentés. — Les Pédiculina n’ont certainement pas manqué autrefois et on peut à peine croire que les Lagomvs, les Viverrines, les Cerfs et les Proboscidiens qui vivaient près du lac d’Oeningen aient été exempts de ces parasites ; cependant on n’en a point encore trouvé et il est probable qu’on n’en rencontrera jamais.

En revanche, les Aphidines comptent 3 espèces. — Deux d’entre elles ont probablement vécu sur les feuilles, ce sont les Aphis, tandis qu’une troisième, le Pemphigus bursifex Hr., produisait des gales par ses piqûres sur les pétioles des Peupliers. — Nous n’avons pas, il est vrai, rencontré l’animal lui-même, mais une douzaine de feuilles avec des galles tout à fait semblables à celles que produit le Pemphigus bursarius L. sp. sur nos Peupliers.

Ce sont les Géocores qui fournissent, de nos jours, la majeure partie des Hémiptères. Ces Insectes sont en général remarquablement bien conservés, et sur plusieurs on peut reconnaître les couleurs. — Les anneaux abdominaux sont chez beaucoup d’espèces ornés de petits points et de dessins ; les ailes supérieures de plusieurs sont conservées. Sur les 8 familles dont se composent les Géocores, G sont représentées à Oeningen ; les Scutati avec 45 espèces, les Coréodes avec 18, les Lvgæodes avec 23, les Membranacei avec 2, les Reduvii avec 17, les Capsina avec 2, les Hydromètres avec 1 espèce. Pour ceux qui connaissent cèt ordre d’insectes, il saute aux yeux qu’au point de vue des proportions numériques, la faune des Hémiptères d’Oeningen était totalement différente de la faune actuelle de notre pays ; mais elle se rapproche de celle des pays subtropicaux. — Les Capsida sont actuellement la famille de beaucoup la plus riche en espèces non-seulement en Suisse, mais en général dans le reste de l’Europe; elles présentent des formes très-variées en Amérique et jusque dans le sud des Etats-Unis ; mais depuis là jusqu’aux tropiques elles disparaissent complètement.

Le même cas se présente, à un degré plus complet encore, pour les Riparii qui appartiennent exclusivement aux zones froides et tempérées. Il

est remarquable assurément que ces dernières manquent complètement à Oeningen, et que les premières n’y aient fourni que deux rares espèces (Phytocoris?). D’autre part, les Rcduvii sont représentés sous les tropiques par un nombre considérable d’espèces voisines des espèces fossiles, tandis qu’ils deviennent rares sous les zones tempérées. Feu M. Bremi en a recueilli 8 espèces à Dübendorf; on en connaît 14 espèces dans toute la Suisse et nous en avons 17 à Oeningen. Les proportions sont exactement les mêmes pour les Scutati, dont Oeningen possède plus d'espèces qu’il ne s’en trouve dans aucune localité de la Suisse (Dübendorf en a 23). — Les Coréodes sont aussi très-riches en espèces.

Les familles qui précèdent sont toutes largement représentées dans les pays chauds, et contribuent à donner à notre faune miocène un caractère méridional et sub-tropical.

Les Scutati possèdent 4 belles espèces de Pachycoris dont le thorax et les scutelles sont ornés de taches blanches (probablement rouges pendant la vie) (tig. 298). Ils sont très-voisins d’espèces des Indes occidentales brillamment colorées de vert, de bleu et de rouge.

Le groupe des Pentatomides renferme un certain nombre de formes européennes ; nous y rencontrons deux Eusarcoris semblables à une espèce qui se trouve sous les pierres et sur les buissons bas, principalement à la lisière des forêts ; plusieurs petites Eurydèmes élégamment tachetées, telles qu’on en voit sur les fleurs, spécialement sur les Ombellifères de l’Europe moyenne et méridionale (E. picta et festiva); un Cydnus qui a beaucoup de rapport avec le C. tristis noir et fort répandu ; une Acanthosoma parente de cette remarquable espèce qui conduit ses petits à la recherche de leur nourriture comme une Poule ses poussins.

La plupart des Pentatoma proprement dits avaient une taille remarquable; les espèces soit d’Oeningen au nombre de 13 (fig. 309), soit les 2 du Locle, diffèrent beaucoup de celles d'Europe.

Le genre Ilalvs (fig. 299) a une forme américaine, et le genre Cydnopsis est un type perdu qui fournit 11 espèces à Oeningen, dont 3 se trou-

HÉMIITÈHES.

vent aussi à Radoboj (en Croatie). Le C. tertiaria Hr. (fig. 300) est un des Hémiptères les plus communs de l’époque miocène.

La famille des Coréodes comprend de très-belles espèces. — Les jeunes Hypselonotus et Alydus renferment des types du sud de l’Amérique. — Le genre Syromastes et l’espèce S. Seyfriedi Hr. reproduit une forme exotique, tandis que deux autres espèces du même genre ont du rapport avec des formes européennes.

Le S. coloratus Hr. (tig. 302) n’est pas rare à Oeningen ; chez tous les exemplaires l’abdomen est tacheté de noir de la même manière que chez

Fig. 208. Fig. 299. Fig. 303. Fig. 304.

Fig. 301. 300. Fig. 302. Fig. 309. 305. Fig. 308.

Fig. 298. Pachycoris Burmeisteri Hr. gros». 2 fois. — Fig 299. Halys apectabilis Hr. — Fig. 300 Cydnopels tertiaria nr. gross. 3 fois. — Fig. 301. Lygæus tinctus Hr. gros» 3 foi». — Fig. 302. Syromates coloratus Hr. gros». 2 fois. — Fig. 303 Belostoma speciosum Hr. — Fig. 301 Cicada Emathion Hr. — Fig. 305. Cercopls Germari Hr. — Fig. 300. Barpactor maculipes Hr. — Fig 307. Tingis Wollastoni Hr. — Fig. 308. Nabis gracillima Hr. gross. 2 foi». — Fig. 309. Pentatoma pictum Hr.

LA FAUNE MOLLASSIQUE.

le S. scapha F., qui vit chez nous sur les buissons et surtout sous les touffes de Ronces.

Les genres Berytopsis et Harmostites sont éteints.

La famille des Lygæodes a le point central de son aire dans la zone tempérée ; il y en a cependant beaucoup dans les régions torrides. Elle est largement représentée à Oeningen. — Le Lygæus tinctus Hr. (fig. 301) était sans doute, à l’état frais, coloré de rouge et tacheté de noir, ainsi que le L. venustus Bœb. qui se trouve dans l’Europe moyenne et méridionale sur le Vincetoxicum. Oeningen possède quatre autres Lygæus.

Les Pachymerus sont encore plus communs : ils nous fournissent 6 espèces petites et de couleur sombre dont une, le P. cruciatus Hr., était tacheté de blanc ; elle a beaucoup de rapport avec une espèce de Madère et des lies Canaries, le P. luscus H. Sch.

Les Heterogaster, genre voisin, nous donnent l’H. tristis Ilr., qui rappelle l’H. Urticæ F. et devait vivre également sur les Orties.

Les Tingides ont une mauvaise réputation qui est due au genre Acanthia (Punaise des lits); ce groupe renferme cependant d’élégantes petites bétes dont deux espèces vivaient à Oeningen. L’une, le Monanthia Wollastoni Hr. (fig. 307), est fort bien conservée; on peut même reconnaître la couleur et les fines nervures des ailes. — Le M. convergens Kl., qui vit sur les Myosotis, est son proche parent dans la faune actuelle.

Les Reduvii forment une famille remarquable : ce sont des Rapaces à longues jambes et forts adroits qui, pendant la nuit, s’approchent d’autres Insectes et les piquent de leur bec effilé. Oeningen en a donné plus d’espèces que nous n’en connaissons actuellement dans toute la Suisse, et parmi elles les genres exotiques Evagoras et Stenopoda. — Le genre le plus riche est celui des Ilarpactor qui compte 7 espèces dont quelques-unes ont des jambes très-finement annelées (fig. 306).

Les genres Pirates et Prostemma renferment de jolis animaux que nous ne pouvons comparer à aucun Insecte de notre faune. Le genre

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