HÉMIPTÈRES
Nabis (fig. 308) reproduit une forme indigène, et renfermait plusieurs espèces déjà répandues sur le territoire miocène.
Les Hydromètres (Ilydrodromici) forment une petite famille à jambes très-fines; elles se tiennent sur le bord des étangs et des lacs, courant avec agilité sur la surface de l’eau. — Nous en avons une espèce d’Oeningen, le Eimnobates prodromus Ilr. , que l’on peut considérer comme le précurseur du L. stagnorum L. sp. qui n’est pas rare chez nous.
Le groupe de Hydrocores est peu riche en espèces. A Oeningen, il est représenté par deux familles, les Népinées avec 5 espèces et les Notonectes avec une. Cette dernière est une Corisa semblable à une espèce américaine. Les Népinées présentent des formes de Nepa et de Naucoris telles que nous les voyons dans nos étangs, et les genres tropicaux et subtropicaux Belostoma et Diplonychus. — Nous retrouvons le Diplonychus rotundatus Ilr. qui a un proche parent dans les Indes ; quant au genre Belostoma, il est représenté par le B. speciosum Hr. (fig. 303) qui pour la taille peut rivaliser avec le plus grand des Hémiptères tropicaux, le B. grande du Brésil; il lui ressemble tellement pour le port qu’il peut être considéré comme son ancêtre. Une espèce analogue a été découverte dans les charbons de Bonn ; ce remarquable type américain était donc probablement répandu sur toute l'Europe. — Les Bélostomes sont des Rapaces dont les femelles portent leurs œufs avec elles. On doit remarquer qu’à Oeningen les Coléoptères aquatiques avaient acquis des proportions fort considérables, et non-seulement eux mais aussi les Ilydrocores.
Les Cigales ont un tout autre port que les autres Hémiptères terrestres et que les Hydrocores ; ces pacifiques Insectes sont pour la plupart de petites bêtes abondamment représentées dans tous les pays, et qui se nourrissent exclusivement de végétaux. — Ils se divisent en quatre familles qui toutes existaient déjà à l’époque tertiaire.
Les Cicada chanteuses apparaissent à Oeningen avec la Cicada Emathion Hr. (fig. 304); elle ressemble de fort près à la Cicada orni L. si commune dans le sud de l’Europe ; on la rencontre déjà dans la Valte-
line, au lac de Corne, dans le Tessin et dans le Valais; elle vit en société sur les arbres et remplit l’air de son cri monotone. La Cigale, messagère de l’été, est considérée depuis l’antiquité comme le symbole de la paix dans la nature ; c’est un des Insectes les plus connus des pays méridionaux. A l'époque tertiaire les Cigales faisaient entendre leurs chœurs joyeux dans nos forêts qu’elles abandonnèrent plus tard [tour des zones plus chaudes.
Les Fulgorinées, représentées par le Pseudophana amatoria Hr., demeuraient dans les bois d’Oeningen, et vivaient probablement sur les Chênes ; c’est du moins sur ces arbres que se rencontre son analogue le l’s. europæa F. — Les Membranacécs n’ont également qu’une espèce à Oeningen.
La famille la plus riche est celle des Cicadellines, qui fournit dans ce même endroit 13 espèces. — Quelques-unes sont de tout petits Insectes semblables à nos Cicadelles vertes, jaunes ou brunes qu’on voit si souvent sauter dans l’herbe, et dont les larves vivant sur les herbes et les buissons sont enveloppées d’une espèce de bave qu’on appelle < Salive du diable; > d’autres étaient plus grandes et de couleurs bigarrées; leurs représentants actuels vivent en partie dans les pays chauds, ainsi celui du Cercopis Germari Hr. (fig. 305) ; en partie dans nos environs, comme ceux des Cerc. Herrichi et Hageni Hr.
Un genre éteint: Ledophora, rappelle la Ledra de Madagascar.