‹ Le monde primitif de la SuisseChapitre 172 sur 244 · POISSONS · texte numérisé non relu

POISSONS

ui. Vertébrés.

a. Poissons.

L’existence des Poissons primitifs et leur aire peuvent nous donner d'importants renseignements sur les communications existant entre les anciens bassins, car l’étude de la faune ichthyologique des différents cours d'eau du inonde actuel nous révèle que chacun de ces cours d’eau a un certain nombre d’espèces qui lui sont propres. Par exemple, ‘l’Anguille se rencontre dans tous les fleuves qui sont en communication avec la mer du Nord, la Baltique, l’Atlantique et la Méditerranée, tandis qu’elle manque dans les lacs et les fleuves qui envoient leurs eaux à la mer Noire; il en est de même pour le Saumon. La Truite saumonnée, l’Alose (Coregonus oxyrhynchus L.), la Lamproie marine se trouvent dans le bassin du Rhin et manquent dans celui du Danube, tandis que ce dernier possède le Lucioperca sandra, l’Aspro Zingel., l’Aspro vulgaris et plusieurs espèces d’Accipenser, ou du moins ces Poissons y apparaissent de temps à autre ; le Rhin en est privé. Or, si nous avions à notre disposition les Poissons fossiles des différentes parties de la Suisse, nous pourrions déterminer les différents bassins et cours d’eau de notre pays miocène; mais pour le moment ce n’est malheureusement pas possible. Dans plusieurs localités cependant on a découvert quelques restes (écailles et vertèbres); mais c’est Oeningen seul qui a fourni de nombreux échantillons propres à être déterminés. Ces Poissons ont fréquemment encore leurs écailles et sont en partie fort bien conservés. Ils se rencontrent dans la carrière inférieure et dans la supérieure, mais restreints à certaines couches. — Jusqu’ici, on en a décrit 32 espèces* qui se divisent en 15 genres. — Sur ce nombre, il n’y en a qu’un qui soit éteint, c’est le Cyclurus, caractérisé par une nageoire caudale ronde ; il est voisin de

traies subsistent en partie et à l’état de vernies noires. On reconnaît quatre stigmates. Les Bombycides et les Arctiides ont des chenilles semblables.

* Voy. Agassiz , Recherches sur les Poissons fossiles, X, p. 78, et Dr Winkler , Description de Poissons fossiles d Oeningen. Harlem, 1861.

488 LA FAUNE MOLLASSIQUE.

la Tanche; tous les autres vivent encore dans les eaux douces. La faune ichthyologique d’Oeningen diffère donc complètement de celle de Matt. La différence consiste non-seulement en ce que les Poissons de Matt se rapprochent des Poissons marins, et ceux d'Oeningen des Poissons d’eau douce, mais aussi en ce que la ressemblance de ces derniers avec la faune moderne est très-accentuée. Tandis que les Poissons éocènes de Matt n’entrent que pour la moitié dans les genres du monde actuel, ceux d'Oeningen sont pour les *'/„ identiques à ceux de nos jours. — Sur ces 15 genres il y en a 12 (avec 25 espèces) qui vivent encore en Suisse.

Le lac d’Oeningen possédait, comme aujourd’hui la Suisse, un grand Brochet, le roi des Poissons d’Oeningen, plusieurs espèces du genre Leuciscus telles que les L. argenteus et L. nasus, des Perches qui s’ébattaient dans les eaux tranquilles, des Cobitis (C. barbatula) et des Tanches en grand nombre fouillaient la vase, les Cottus (Séchot) et les Anguilles ne manquaient pas non plus ; plusieurs de ces espèces ressemblent beaucoup aux nôtres, ainsi le Brochet, quelques Cobitis et Leuciscus, tandis que d'autres sont proches parentes de Poissons exotiques ; ainsi, la Perça lepidota Ag. s’écarte considérablement de notre Perche et ressemble, d’après Agassiz, à la plupart des espèces des Indes et de la Nouvelle-Zélande. Remarquons d’une manière générale que sur les 12 genres que possède Oeningen en commun avec la faune actuelle il n'y en a qu’un, le genre Cottus, qui appartienne exclusivement à la zone tempérée, ainsi qu’à la froide, tandis que tous les autres se rencontrent aussi dans les pays méditerranéens et même dans la zone tropicale et la sous-tropicale. Les genres Perça, Acanthopsis, Cobitis, Gobio, Leuciscus, Aspius sont aussi indiens ; l’Anguille se trouve à Madère et à Ténériffe. Ajoutons que la faune ichthyologique d’Oeningen renferme un certain nombre d’espèces appartenant à des genres étrangers à notre pays.

Le genre Lebias, qui possède quatre petites espèces, demeure actuellement en Italie, en Orient et eu Amérique; le genre Pœcilia se trouve seulement daus les marécages de la Caroline et de l’Amérique du Sud. Le genre Cyclurus est éteint. A ces genres qui sont répandus chez nous,

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