FOUGÈRES
ainsi que le montre la fig. 9 que j’ai reconstruite avec de nombreux morceaux trouvés à Servoz (J/3 gr. nat.). La Planche I, fig. 3 donne un de ces rameaux, isolé, de grandeur naturelle, provenant d’Erbignon.
Les pinnules latérales sont le plus souvent serrées, et se recouvrent par leurs bords; leur largeur est très-variable ainsi que la forme et la grandeur des pinnules terminales ; mais les pinnules sont toujours arrondies et inéquilatérales à leur base; leur partie inférieure est auriculée. La nervure médiane partant de la base delapinnule se subdivise bientôt en fines nervures latérales. Les fruits se trouvent sur le revers des feuilles et forment de petites verrues ovales qui s'étendent en 2 rangées le long de la nervure médiane (PI. I, fig. 3 b).
Nos gisements houillers ont fourni de plus 9 espèces de. Neuroptères appartenant presque toutes aussi à l’Amérique du Nord ; ce genre a dû être, par conséquent, très-répandu dans la flore houillère. Plusieurs de ces Neuroptères sont très-voisins de l’espèce précédente, le Neuropteris gigantea Stbg., et le N. Leberti Hr. (fig. 10) d’Erbignon et de Montdu-Fer, tandis que d’autres s’en écartent par leurs pinnules arrondies et beaucoup plus petites, par exemple, le N. Loshii Br. et le gracieux N. microphjlla Br. La PI. I, fig. 3 représente seulement l’extrémité d’une fronde de ce dernier provenant d’Erbignon.
Fi». 10.
de Mont-du-Fer.
Fig. 1 1 .
Cyclopteris lacerata Hr.
de Mont-dn-Fer.
LE TEUItAIX t'AKBOXIKEHK EX SUSSE.
Les Cycloptères ont beaucoup d'analogie avec les Neuroptères; mais chez eux les feuilles sont palminerves et on ne distingue aucune nervure médiane. Une des plus grandes espèces de ce genre est le Cyelopteris auriculata dont les feuilles, doublement pennées et les pinnules obtuses et arrondies (PI. I, fig. G), sont tantôt rondes (PI. I, fig. 6b), tantôt d’un ovale allongé et d’une grandeur remarquable (PI. I, fig. 6a). Cette espèce a été déjà récueillie par Th. de Saussure à Taninge où, dernièrement, on en a retrouvé plusieurs exemplaires; elle était très-répandue dans la fiore houillère. Par contre, le Cyelopteris frangé (fig. 11), d'Erbignon et de Servoz, est une des rares espèces qui paraissent être particulières à l’anthracite. Ce fait est d'un grand intérêt, parce que jusqu’ici on avait cru que les Cycloptères à feuilles frangées appartenaient exclusivement au domaine houiller de l’Amérique. La feuille est réuiforme, sillonnée de nervures longitudinales nombreuses et serrées, et ornée sur son contour d’une frange délicate.
Les Neuroptères ont pour proches voisins les Odontoptères, dont une espèce (Od. Brardii) possède des feuilles admirables qui ont jusqu’à 3 pieds de longueur. Ces longues feuilles avec leurs pinnules profondément découpées et sillonnées de nervures longitudinales (PI. I, fig. 1) forment sur le minerai d’Outre-Rhône, du Col de llalme et de Petit- Cœur, de magnifiques dessins blanc d’argent. Nous avons de cette dernière localité et d’Erbignon des échantillons d’une seconde espèce, O. alpina Stbg., découverte pour la première fois sur la Stangalp en Styrie; elle se trouve aussi à Petit-Cœur, en 'Saxe, et dans les anthracites de Pensylvanie.
Les espèces de Fougères que nous avons nommées jusqu’à présent, n’ont pas de représentant dans la fiore actuelle, et appartiennent à des genres éteints. Par contre, les espèces de Pécoptères qu’on observe dans les gisements houillcrs nous rappellent plusieurs Cvathées, Fougères arborescentes qui sont particulières aux tropiques; ce sont principalement les Pecopteris cyathea Schlotth. et arborescens Schlotth. sp. (PI. I, fig. 7 et 8) qui sont fréquents au Col de Balme, et comptent au
l'OL'GEKES.
nombre des plantes les plus répandues dans les terrains houillers de l’ancien et du nouveau monde. Ces Pécoptères étaient probablement formés d’un tronc de haute taille, orné à son sommet d'une gracieuse couronne de feuilles tripennatifides. La PI. I, fig. 7 représente un petit morceau de pinne latérale avec deux feuilles qui, elles-mêmes, portent leurs pinnules; plusieurs de ces pinnes étaient réunies autour d’un rachis ; et un grand nombre de ces rachis formaient une grande fronde. C’est ainsi que devaient se présenter ces Fougères arborescentes que nous avons cherché à reproduire au centre de notre dessin ; il représente idéalement le paysage de cette époque.
Le Pecopteris Lamuriana (fig. 12) a une grande analogie avec le pré-
Pecopteris Lamuriana Hr. de Lamure; b. morceau de feuille arec les spores, grossi.
cèdent ; c’est une belle espèce qui se trouve fréquemment à Lamure, et qui se distingue par ses pinnes d’une longueur peu commune et délicatement découpées. La fig. 13 représente un petit morceau ayant appartenu à une grande fronde du Pecopteris dentata Br.; il avait un feuillage très-gracieux et d’une découpure admirable. On a trouvé récemment à Erbignon de superbes frondes de cette espèce, indiquant qu’elle appartenait aux formes arborescentes. Les rachis des frondes ont une épaisseur de 5 à 0 centimètres; ces dernières sont tripennifides, et les pinnes ont une longueur considérable.
A côté de ces Fougères à fines dentelures notre flore houillère présentait aussi des formes de feuillage à pinnules larges, qui rappellent plu-
Fig. 13.
Pecopteris dentata Br.
de Taninge.
Ki
LE TERRAIN’ CARBONIFERE EN SUISSE
sieurs Polypodes des tropiques, par exemple, le Pecopteris muricata lîr. dont la fig. 14 donne une partie de fronde.
Fi)?. I I.