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LA FLOUE HOUILLÈRE

La fig. 14 B. représente seulement un petit morceau d’une superbe fronde du Pecopteris Pluckenetii Sch. sp. Elle montre l’extrémité d’une des pinnes latérales qui étaient insérées en assez grand nombre sur un rachis commun. Cette espèce forme sur les pierres feuilletées au Grand- Chtlble (Outre-Rhône en Valais) de ladies empreintes argentées et brillantes qu’on rencontre fréquemment aussi dans les houillères allemandes et françaises.

Je n’ajouterai à ces végétaux cryptogames que 4 espèces appartenant, selon toute vraisemblance, aux Phanérogames ; ils s’éloignent tellement de tous les types connus, que leur place est restée douteuse.

L’espèce la plus répandue appartient probablement aux Cycadées, et forme avec les Nicggerathia un groupe particulier précurseur des Phanérogames gymnospermes. Cette espèce, sous le nom de Cordaites borassifolia, a été dédiée à l’éminent naturaliste Corda qui disparut, il y a 15 ans, dans un voyage de découverte en Amérique sans laisser aucune trace. Assez commune à Erbignon, Outre-Rhône, Servoz, Taninge et dans la Tarentaisc, elle forme sur les pierres de larges rubans argentés et finement striés (fig. IC a). Les longues feuilles dont la base entoure la tige en forme de gaine, se réunissent en couronne au sommet. Cet

Fig. 15.

Fis. 15 b.

Antholithes Favrei

Rhapdocarpos

Cordaites borassilolia Stbg.]

Hr. de Posettes.

Candollianus

a. morceau de feuille de Taninge;

Hr. île Taninge.

b. morceau de la même, grossi ;

c, d. semence du C. princi palis Gr.

(d'après Geinitz).

LE TERRAIN CARBONIFERE EN SUISSE

aspect rappelle celui de l’arbre du Dragon, et des Yuccacées de notre époque; notre paysage les représente sous la forme d’arbrisseaux à larges feuilles.

Les graines (fig. IG c,d) d’une espèce voisine C. principalis sont arrondies, d’une grosseur considérable et rappellent celle des Cycadées.

La fig. 15 b représente un fruit trouvé à Taninge : Rhabdocarpos Candollianus Hr., qui doit avoir appartenu à un arbre de la même famille, probablement à une Nœggerathia. Les Conifères sont représentés par une Walchia, genre dont le port général rappelle celui des Araucaria.

Une inflorescence provenant de Posettes (fig. 15) indique une organisation supérieure, et probablement une plante monocotvlédone. Les fleurs sont disposées en épis, et placées à l’aisselle des bractées aciculaires. On dirait un calice lobé en segments recourbés.

Cette inflorescence, ainsi qu’une autre analogue, trouvée dans les charbons anglais: l’Antholithes Pitcairnia Lindl., rappelle les Pitcairnia de l’Amérique tropicale qui vivent eirepiphytes sur les arbres.

En comparant les flores des diverses localités que nous avons mentionnées, on est surpris de voir que les végétaux, enfouis dans la bande de terrain qui va depuis le Bas- Valais jusqu’à Petit-Cœur près de Moutiers, se ressemblent tous pour l’apparence extérieure ; on retrouve partout les mêmes espèces qui ont vécu, soit dans l’eau, soit dans les terrains marécageux (Annulaires, Sphenophylles et Calamites). Peut-être y avait-il à cette époque dans ces parages un lac dont les eaux étaient occupées par des Annulaires et des Sphenophylles, tandis que les bords marécageux étaient tapissés de Fougères, surtout de Neuroptères et de Peçoptçres. Dans le Valais et à Chamounix les premiers ont dominé; dans la Tarentaise, plutôt les seconds; quant à la flore de Taninge, elle diffère considérablement des autres. Nous y trouvons en abondance la

Fi&. 16 B.

Walchia pinilormis Stbg. var.?

6e Posettes.

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