‹ Le monde primitif de la SuisseChapitre 193 sur 244 · II. Climats analogues à celui de la mol · texte numérisé non relu

II. Climats analogues à celui de la mol

lasse supérieure :

Funchal (Madère) .

Malaga

Messine

Nangasaki ....

Savannah (dans la

Nouvelle Géorgie)

Il est bien entendu que le climat d’aucune de ces stations ne rappelle exactement celui de nos pays mollassiques, car ce dernier avait sans doute quelque chose de particulier ; mais en s’appuyant seulement sur les faits connus, on peut croire avec une certaine probabilité qu’on s’en rapprochera beaucoup.

Le mélange des plantes tropicales et de celles des zones tempérées indique un hiver doux et en même temps un été pas trop chaud , comme serait le climat d’une côte marine ou d’une lie. Il est cependant très-probable que l’hiver était un peu plus froid et l’été plus chaud que dans les lies de l’Atlantique. On pourrait comparer le climat de la mollasse inférieure à

CLIMAT DU PAYS MOLLA8SIQUE

celui de la Nouvelle-Orléans, et, dans l’ancien monde, à celui de Tunis. Quant à celui de la mollasse supérieure, Savannah et Messine sont, croyons-nous, les points de comparaison les plus propres à déterminer la température des différents étages de notre pays tertiaire.

D’après ce qui précède, nous pourrons conclure, du moins approximativement, de combien le climat de l’époque tertiaire était plus chaud que le nôtre. Mais dans la comparaison que nous pouvons établir entre ces deux climats, nous avons à tenir compte de la différence considérable que présente l’élévation du sol, et de l’influence de la chaîne des Alpes couvertes de neige, et formant comme une barrière climatérique.

Le tableau suivant nous éclairera sur ces rapports :

Température

Température moyenne calculée

moyenne vraie.

à 250 pieds au-dess. do la mer.

an niveau de la mer.

Zurich à 1360 pieds au-

dessus de la mer. . . .

Bâle à 830

Genève à 1203

Berne à 1684

Moyenne . . 1

En calculant l’influence réfrigérante des montagnes à '/i0 C., nous aurons dans le nord de la Suisse une température moyenne de -{- 12°, 13 C. et de -f- 1 1“,63 C. à la hauteur de 230 à 300 pieds au-dessus de la mer. Dans ce cas, il faut supposer le pays au niveau de la mer, et les Alpes à celui d’un pays de collines. Si la température moyenne de notre mollasse inférieure était de -f- 20° ,05 C., celle de la supérieure était de + 18° ,05 G-, et

CLIMAT DU PAYS M0LLASS1QUE

la hauteur du pays au-dessus du niveau de la mer de 250 pieds ; dès lors, la première aurait été plus élevée que la température d’aujourd'hui de 8°, 87 C. et la dernière de G°,87C. Il suit de là que le climat de l’Europe aurait été plus chaud de 9" pendant l'époque miocène inférieure et de 7“ pendant la supérieure.

Après la chaleur, c’est l’eau qui exerce le plus d'influence sur la vie et le développement des végétaux. — La grande richesse de la flore en végétaux ligneux et en arbres à feuillage persistant , ainsi que les nombreuses plantes marécageuses et les tourbières immenses transformées en lignite, attestent que le climat était humide et que les jours de pluie étaient nombreux pendant l’année. Sous ce rapport, le climat de notre pays tertiaire devait différer notablement de celui des Iles Canaries et de Madère, et se rapprocher davantage de celui de la Louisiane et surtout de celui du sud des États-Unis, où il y a de vastes marais comme ceux qui ont dû couvrir notre pays miocène.

Jusqu’ici nous n’avons étudié le climat qu’au point de vue des végétaux ; les animaux de leur côté nous conduisent au même résultat et confirment ainsi ce que nous avons avancé. Les types des zones chaudes dominent également dans la faune, ils sont mêlés à d'autres types des zones tempérées et des zones tropicales. Ces faits ont déjà souvent attiré notre attention lorsque nous avons traité les diverses classes et familles du règne animal, et plus d’une fois nous avons insisté sur la relation qui existe entre les animaux et l’état climatérique du pays ; c’est pourquoi nous ne nous y arrêterons pas.

Ce ne sont pas seulement de grands animaux frappant aisément les regards, tels que les Crocodiles, les énormes Tortues, les Grenouilles géantes, les Tapirs, les Rhinocéros, les Sarigues et les Singes, qui donnent à notre faune le caractère des zones chaudes et subtropicales ; mais le petit peuple des Insectes y contribue aussi par sa richesse inouïe de formes; il animait les forêts primitives, les lacs paisibles et les ruisseaux de notre contrée miocène.

Les animaux terrestres, non-seulement, mais aussi la faune marine

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