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La complication des couches est encore plus

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Fig. 367.

Girenspitz Sentis Altinann Toggenburg Kortirsten

Megliwilp Wildhaus Grabs&lpen Losis

Fluniseralpen

Wallenstadt

c Sernifit f Jura inférieur g Jura blanc

i Néocomien

k Schrattenkalk (Urgonien) l Gault

m Craie supérieure n Calcaire nummulitique o F lys ch.

prononcée dans le. canton de Glaris, comme on peut s’en convaincre on jetant un coup d’œil sur le profil de Flums à Trons (fig. 3G8) (Stud., Geol., I, p. 423).

Nous avons ici, dans le Sernfthal, la formation du flysch dont nous avons parlé plus haut (p. 296) et qui s’élève depuis le fond de la vallée jusqu’à plusieurs milliers de pieds. Au-dessus se trouve un banc calcaire appartenant au jura (Gantstock et Karpf) ; plus haut encore , on rencontre de grandes masses de sernifit qui forment presque tous les sommets

Fig. 368.

Sernfthal Salengrath Karpfstock Hausstock Biferten Ponteljes Trôna

a Granit c Serniîit

a' Gneis c* Talc quarzite

z Diorite et minerai de fer e Jura

g Lias i Neocomien

o Calcaire nununulit. et tlyscli.

du Freiberg. Le sernifit se voit au contraire près du lac de Wallenstadt, ainsi qu’au Glarnisch, au-dessous des plus anciennes couches du calcaire. Même en admettant que le sernifit a été poussé jusqu’à la hauteur qu’il a atteinte, et qu’il s’est fait jour à travers le flysch et le calcaire en les jetant de côté pour les recouvrir ensuite, on ne pourrait comprendre comment les bancs de calcaire jurassique se trouvent au-dessus du flysch,

RELÈVEMENTS ET AFFAISSEMENTS

et il faudrait supposer un immense glissement des vieilles masses sur les jeunes. On peut faire la même hypothèse pour le Glamisch dont le pied est formé de calcaire nummulitique au-dessus duquel la formation jurassique et la crétacée étendent leurs couches régulièrement et en partie horizontalement.

Ces relèvements et ces affaissements ont exercé une grande influence non-seulement sur le relief de notre pays, mais aussi sur la distribution des eaux. Cette influence se fait déjà sentir dans la direction donnée aux eaux courantes et à leur réunion sous forme de lacs. Mais c’est surtout la répartition générale de la terre ferme et des eaux qui en a dépendu. Lorsque le pays fut relevé au-dessus du niveau de la mer, l’eau s’écoula; mais au premier affaissement elle revint. Nous avons déjà discuté cette distribution de la terre ferme et de la mer pour plusieurs époques du globe. Les petites cartes du jura moyen (fig. 97. p. 200), de la craie (fig. 98, p. 209) et de l’étage helvétien de la mollasse (fig. 154, p. 342), doivent en faciliter l’intelligence. En rapprochant ce que nous avons dit à leur sujet, nous comprendrons comment ces transformations se sont opérées peu à peu, et comment notre Suisse est graduellement sortie de la mer. 11 ne faut pas perdre de vue qu’à une époque antérieure, il y eut probablement une forte dépression du sol entre l’ile de la Forêt-Noire et celle des schistes anthracitifères (lies carbonifères); cette dépression s’accentua à partir du Jura jusque dans la direction des Alpes actuelles; elle atteignit par conséquent son maximum vers le sud. Lorsque le pays se releva, l’eau saumâtre et la terre ferme se formèrent du côté du Jura plutôt que le long des Alpes. Dans cette dernière localité , on voyait encore une lagune marine pendant la transition de l’époque jurassique à l’époque crétacée et durant la période éocène, tandis que la chaîne du Jura était à sec. D’autre part, c’est chose remarquable que la mer helvétienne miocène n’ait pas envahi le territoire alpin , mais bien le Jura où elle laissa des dépôts, par exemple à la Chaux-de-Fonds et au Loele. Il a donc fallu qu’après la formation du flysch, le pays alpin se soit relevé plus que le jurassien, et cela jusqu’à l’époque où la mer helvétienne

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recouvrit les bas-fonds, où la formation éocène alpine émergea et où celle du Jura fut sous l’eau ; la première est cependant un produit de l’eau de mer et la seconde, au contraire, de l’eau douce. Ces rapprochements nous montrent en même temps que nous ne devons pas expliquer ces faits par une crue ou un abaissement de la mer, mais plutôt par le relèvement du pays, car dans la première hypothèse , le Jura et les Alpes eussent été traités de la même manière.

Pour déterminer les époques pendant lesquelles les relèvements et les affaissements de nos montagnes ont eu lieu, il est nécessaire d’étudier la situation respective des couches qui les composent.

A Utznach, les charbons feuilletés gisent dans une position horizontale sur la mollasse relevée perpendiculairement (voy. p. 598, fig. 329) ; il est donc clair que le redressement de la mollasse a précédé le dépôt de ces charbons. Partout donc où nous rencontrerons une semblable discordance, nous pourrons en conclure que de grands changements ont eu lieu dans l’intervalle qui sépara les deux formations. Dans les endroits où les couches d’âge différent se suivent dans l’ordre naturel, il n’y aura eu aucun relèvement local ou partiel, quoiqu’un relèvement général ait fort bien pu s’opérer. Si de deux couches superposées, l’une renferme des animaux d’eau douce, et la supérieure des animaux marins, nous devrons en conclure qu’à l’époque de la formation de la première, le pays se trouvait au-dessus du niveau de la mer, mais qu’il s’est abaissé audessous pendant la seconde, et cela lors même que le gisement serait régulier et uniforme.

La succession alternante des dépôts d’eau douce et de ceux d’eau de mer, ainsi que la comparaison des couches discordantes, nous indiquent qu’à diverses époques il y eut des changements de niveau qui eurent une grande influence sur la configuration du pays.

Les schistes anthracitifères, avec leurs plantes terrestres, sont recouverts dans plusieurs endroits (Petit-Cœur) par des couches marines de lias; il faut, par conséquent, qu’elles aient été sous la mer pendant l’époque basique. Ceci nous prouve qu’il s’opéra, du moins dans cette loca-

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lité, un affaissement depuis la période carbonifère. A partir de l’époque triasique, le nord de la Suisse s’est relevé, car le keuper vient après les dépôts marins du muschelkalk (p. 58). Ce relèvement dura jusqu’aux couches moyennes de Schambelen du lias inférieur qui représentent son maximum (p. 82); alors commença l’affaissement du pays; il dut être assez rapide, car nous voyons qu’immédiatement au-dessus de la formation d’eau douce de Schambelen viennent des couches marines qui renferment les mêmes espèces d’animaux que les gisements marins situés plus bas. Cet affaissement dura jusqu’au jura blanc. Pendant qu’il se formait, il s’opéra de nouveau un relèvement progressif du sol qui atteignit son maximum à la tin de la période jurassique. La chaîne entière de notre Jura sortait alors de la mer de l’est à l’ouest et demeura à sec. Mais nous avons démontré plus haut (p. 203, 204) qu’il y eut pendant cette longue période plusieurs changements de niveau et qu’on peut reconnaître plusieurs relèvements et dépressions. Le résultat final fut un relèvement qui s’opéra aussi en France, en Allemagne et en Angleterre et qui peut être considéré comme continental. Son point maximum coïncida avec l’étage wealdien. Cependant une dépression eut lieu alors. Déjà pendant le valangien, la mer envahissait encore une fois le sud-ouest de la Suisse ; le point maximum de cette dépression tomba au milieu de l’époque crétacée. Au commencement du crétacé supérieur, le pays recommence à se relever ; la mer disparaît du domaine jurassien qui se trouva ainsi à sec pendant toute la durée de l’époque éocène(voy. p. 315 et suiv.). Ce relèvement dura jusqu’à la fin de l’aquitanien (époque miocène) ; la mer se retirait alors aussi du territoire alpin , ne laissant que quelques lagunes, qui se transformèrent bientôt en lacs d’eau douce , en sorte que lorsque le relèvement eut atteint son point maximum, la mer s’était complètement retirée de notre pays. Pendant cette dernière longue période de relèvement, il dut s’en produire un partiel dans la direction des Alpes ; il eut lieu après le dépôt des roches nummulitiques et du flysch, et mit pour toujours les Alpes à l’abri des envahissements de la mer. D’autre part, durant l’époque tongrienne, le nord-ouest de la Suisse

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subit une dépression à la suite de laquelle la mer s'avança jusqu’à Bâle, Porrentruy et Delsberg. Une dépression continentale commença à l’époque de la formation de la mollasse grise et atteignit son maximum pendant l’étage helvétien. Les bas-fonds de notre pays furent occupés de nouveau par la mer. Après cette dépression, le continent se releva encore; ce fut l’époque des lignites supérieurs ou des étages œningiens. Tout le pays émergeait alors ; les masses de sable et de cailloux que les eaux avaient amenées durent faciliter ce mouvement. Le dernier relèvement eut lieu plus tard, après que les différents étages de notre mollasse eurent été déposés. Ce dernier relèvement fut le plus important de tous et donna à notre pays sa physionomie actuelle. Comme les dépôts de mollasse horizontaux sont relevés dans le voisinage des Alpes, et que le long de cette chaîne ils sont non-seulement relevés en forme de toit * (voy. p. 332), mais que, sur de vastes étendues ils plongent même sous des gisements plus anciens, il n’y a pas de doute que le relèvement de la chaîne alpine commença après la mollasse. Puisqu’il était achevé à l’époque des charbons feuilletés, il dut nécessairement avoir lieu durant le pliocène. Tendant ce temps, il se faisait de grandioses transformations dans la physionomie orographique de notre pays. — Les masses cristallines qui, déjà à l’époque carbonifère , formaient probablement une île, subissaient alors une pression énorme partant de l’intérieur de la terre et se trouvaient poussées à d’immenses hauteurs. Ces masses cristallines, entourées pendant le cours des siècles comme d’un manteau par les dépôts stratifiés, brisèrent ceux-ci et les plièrent par une pression latérale en de hautes voussures qui, de leur côté, se fracturèrent; aujourd’hui encore, elles présentent leurs crêts. Plusieurs de ces dépôts furent aussi renversés; leurs fragments accumulés se sont trouvés souvent amoncelés les uns sous les autres comme des blocs de glace charriés par une rivière.

* La direction de cette ligne anticlinale, qu’on peut suivre depuis le Kheinthal jusqu’à Genève, est indiquée sur la carte géologique. On observe même deux plissements dans la Suisse orientale; il y avait donc deux voussures poussées latéralement l’une contre l’autre.

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