‹ Le monde primitif de la SuisseChapitre 36 sur 244 · DÉPÔTS 8 ALITER ES · texte numérisé non relu

DÉPÔTS 8 ALITER ES

trouve sur la rive gauche du Rhin, depuis Ryburg (près de Rheinfelden) jusqu’à Bâle. L’analogie de nos roches avec celles de la Souabc, où l’on exploite le sel en grand, tit supposer que notre sol pourrait aussi posséder des gisements salins, et cette hypothèse, fondée sur des recherches géologiques, fut pleinement confirmée.

A Schweizerhall (entre Bâle et Augst) on a découvert en 1830 un gisement de sel île 30 pieds de profondeur environ, d’autres à Rheinfelden eu 1844, et à Ryburg en 1847. En 1843, on commença à exploiter une saline à Augst, elle fut abandonnée 3 ans après, lorsqu’on 1804 une nouvelle compagnie par .actions reprit les travaux. A Rheinfelden les dépùts doivent avoir plus de 00 pieds d’épaisseur, puisqu’à cette profondeur on n’en a pas encore trouvé le fond. Les gisements sont à 3S0 pieds et à Schweizerhall à 420 pieds au-dessous du sol.

Les Mollusques trouvés dans les roches calcaires qui avoisinent ces gisements de sel, prouvent qu’ils doivent leur origine à des dépôts marins ; de là vient le nom de Mmchdkalk (calcaire coquillier) donné à ces roches.

Avec le sel on rencontre dans les différents gisements: le gypse et l’anhydrite (sulfate de chaux anhydre naturel), qui sont entourés de muschelkalk et de marne ; chez nous on ne peut juger de ces formations que par les sondages, mais dans les exploitations de Salzbourg et à Berchtesgaden, en Bavière, la montagne a été fortement minée; on en peut étudier ainsi l’intérieur et, par analogie, le caractère de nos couches salines. v

Pénétrons dans l’exploitation de Berchtesgaden en traversant la couche supérieure qui est de la dolomie, et arrivons à la couche inférieure formée de marne glaiseuse (mélangée de soude muriate native). Cette marne se compose de morceaux d’argile d’un brun noir, et veinés de filons de sel qui, tantôt est engagé dans ces masses noires, tantôt forme des couches compactes, brillantes ou teintes de blanc sale ou de rouge. Çà et là les galeries s’élargissent en de grandes chambres ou cavernes ; leur milieu est quelquefois occupé par un petit étang ; leurs parois et

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leurs voûtes étincellent de myriades de brillants cristaux de sel. C’est ce qu’on appelle les < chambres salines, > qui sont une des choses les plus surprenantes des salines, et qui produisent un effet admirable lorsqu’on les visite à la lueur des torches.

Ces chambres sont le résultat de l’exploitation. Lorsque les galeries ont été pratiquées à travers la marne glaiseuse jusqu’aux couches de sel, on y introduit de l’eau; cette eau dissout le sel, et les masses argileuses des couches qui séparaient les galeries superposées s’écroulent ; c’est ainsi que se tonnent les cavernes et les chambres salines ; lorsque l’eau est saturée de sel, on la retire et on en extrait ce produit par ébullition. On emploie dans nos salines le procédé suivant, qui dispense de faire des chambres. On pratique un puits dans le banc de sel, on le remplit d’eau qui dissout le minerai. Lorsque l’eau est suffisamment saturée, on la pompe et on la fait évaporer. D’après les renseignements que m’a fournis M. Guntert, directeur des salines de Rheinfeldcn, on extrait de cette manière annuellement environ 51)0,01)0 quintaux de sel, dont 230,000 de Schweizerhall ; 70, (XK) d’Augst; 145, (KK) de llheinfelden et 145, 000 de Ryburg. Les salines de Bex, dans le canton de Yaud, n’en fournissent actuellement que 25,000 quintaux. Le minerai, entouré de gypse et d’anhydrite, se présente sous forme de veines et de nids dans les failles de la roche calcaire. Ces roches salines (qui contiennent 30 livres de sel par pied cube de minerai) furent découvertes en 1554, et exploitées pendant 150 ans comme fief de l’État de Berne par des fermiers étrangers, et plus tard par le gouvernement lui-méme. Depuis 1708, les salines appartiennent au canton de Yaud. — En 1823, elles rendaient 13,400 quintaux, mais depuis, et sous la remarquable administration de leur directeur, Jean de Charpentier, qui prit en mains les travaux, la découverte de nouveaux gisements tripla rapidement les produits de l’exploitation.

Les deux fouilles les plus importantes sont : la mine du Fondement et celle de Bouillet, dont les entrées se trouvent dans la charmante et romantique vallée de Gryon. La première se compose de plusieurs gale-

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