‹ Le monde primitif de la SuisseChapitre 37 sur 244 · EXPLOITATION DU SEL · texte numérisé non relu

EXPLOITATION DU SEL

ries de différentes hauteurs, qui communiquent ensemble. La seconde a une galerie longue et droite de 6,600 pieds d’étendue avec des rondspoints où l’eau mère est recueillie. La roche est attaquée par la mine et réduite en menus morceaux, puis transportée dans de grands réservoirs où le sel qu’elle contient est dissout au moyen de l’eau douce. L’eau (riche en sel de 25 à 26 %) est immédiatement amenée pour la cuite dans des fourneaux (salaigres), qui sont situés à Bévieux.

Il y a quelques années encore Bex produisait jusqu’à 146,000 quintaux de sel ; mais maintenant la production a diminué de moitié environ, et les salaigres de Devens ont été abandonnées. A Bex, de même qu’à Rheinfelden, l’eau salée trouve plusieurs applications thérapeutiques; on y a construit de vastes et importants établissements de bains.

Ces salines suisses fournissent la plus grande partie du sel consommé dans le pays. — On y importe annuellement environ 155,000 quintaux*, ce qui porte la consommation générale annuelle à 700,000 quintaux.— La Suisse allemande tire le supplément qui lui est nécessaire de Wilhelms- Hall, près de Villingen, en Wurtemberg, et des salines badoises**.

• 70,000 quintaux environ sont exportés de Suisse chaque année.

** D’après les documents officiels fournis par les douanes, voici les chiffres de l’importation en quintaux métriques.

1851: 151,858 quintaux. 1855: 172,593 quintaux. 1859: 131,800 quintaux. 1852: 152,263 » 1856: 163,452 » 1860: 126,926 »

Le canton de Zurich a vendu :

1858: 73,311 quintaux.

Il a importé : des Salines suisses, du Wurtemberg, de Bade,

en 1858 : 72,880 quintaux. 24,401 quintaux. 42,422 quintaux. 5,056 quintaux.

La consommation approximative annuelle de sel en Suisse se cantons :

repartit ainsi entre

Argovie

55,000 quintaux,

Schwytz

11,000 quintaux.

Appenzell, 2 Kh.

Soleure

Bàle, V. et C.

St.-Gall

FORMATION IIU SEL EN SUISSE

Nous avons dit plus haut que ces gisements allemands présentent une analogie de conformation avec ceux de la Suisse septentrionale ; on peut en conclure qu’ils ont été déposés à la même époque, et de la même manière.

Le sel du Wurtemberg, dont les couches atteignent de 30 à 50 pieds, est de même nature que le sel marin.

Pendant la formation du sol, il y eut de nombreuses fluctuations marines, et le fait que l’on rencontre des couches de muschelkalk au-dessus de gisements salins indique qu’ après l’évaporation de l’eau ctla formation des bancs de sel, la mer est revenue sur les endroits desséchés et y a déposé ce calcaire et des glaises. — Les animaux renfermés dans le muschelkalk nous donnent quelques notions sur l’époque de la formation des couches salines. Ils nous apprennent également à connaître la faune marine de ces temps reculés pendant lesquels la mer recouvrait tout notre pays. Nous y rencontrons une. grande variété de formes, preuve que la mer n’était pas très-profonde dans ces localités.

Nous trouvons une grande Écrevisse à longue queue (PemphixSueurri, tig. 20) qui a été recueillie dans plusieurs endroits (Augst, Itheinfelden , Schwaderloch, etc.). Elle est caractérisée par une caparace tuberculée, profondément sillonnée et par un rostre très-allongé. Ce Crustacé vivant dans le voisinage des côtes et dans les fissures de rochers, et jamais dans les grandes profondeurs, on peut en conclure que la mer, dans ces localités, ne présentait qu'un bas-fond voisin des côtes ; nous trouvons encore les Etoiles de mer (Aspidura scutellata Illumb. sp. fig. 19) et le curieux Encrinite ou Lis de mer (Encrinus liliiformis, fig. 18).

Cette espece appartient à la classe des Echinodermes ; mais elle était

Demc

100,000 quintaux

Tessin

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