‹ Le monde primitif de la SuisseChapitre 41 sur 244 · PRODUITS DU TRIAS · texte numérisé non relu

PRODUITS DU TRIAS

en pentes rapides sur le côté nord de ce lac charmant, appartient au trias supérieur ; c’est à lui que se rapportent aussi sous forme de dolomie les montagnes frontières : Monte Salvatore et Monte St. Giorgio , qui sont sa limite ouest.

On a trouvé dans ces roches les restes de 55 espèces'd’animaux marins qui ne laissent aucun doute sur leur origine. Nous y remarquons nonseulement l’Encrinus liliiformis, l'Halobia Lommelii si finement strié et l’Halobia obliqua Hauer; mais plusieurs Chcmnitzia: le Ch. tenuis Munst., Ch. Escheri Hiirn., l’ Ammonites luganensis Mer.. A. scaphitiformis Hauer, etc ; ou y trouve encore d’autres Mollusques et coquillages qui caractérisent le trias, et prouvent que la faune triasique était répandue sous les mêmes formes en Allemagne, en Suisse et en Italie.

Nous avons déjà dit que la plus importante production du trias avait ' été le sel ; mais chez nous le gypse est aussi en grande partie de formation triasique. Nous le trouvons entre le musehelkalk et le keuper; par exemple, à Bâle-Campagne, dans le Jura argovien de Staffelogg, à Habsbourg, à Niederweningen, Baden, Ehrendingen, Mullingen, Birmensdorf, Gebensdorf et à Munsterthal. Il est exploité avec succès dans de nombreuses localités, et employé comme engrais et dans plusieurs industries. Ces gypses renferment çà et là des sulfates de soude et de magnésie; ces sels, dissous dans l’eau, fournissent des eaux minérales purgatives. Le gypse est soumis à l’action de l’eau dans de petits bassins d’où l’on retire les principes salins. L’eau de Mullingen ainsi traitée renferme sur 1000 parties 32,4% de sel de Glauber, 1,5 de sulfate de magnésie; celle de Binnensdorf, 7 de sel de Glauber et 22 de sulfate de magnésie. Ces eaux minérales sont, par leur nature, un objet de commerce; il y a, du reste, d’autres sources minérales fort riches qui proviennent de la formation triasique: ainsi les eaux estimées de Baden qui, jaillissant d’une très-grande profondeur, proviennent vraisemblablement de la formation keupérienne.

L’eau sulfureuse de Schinznach et l’eau iodée de Wildegg prennent probablement leur source dans les gypses du trias. L’époque triasique

FORMATION DU SKI, EN SUISSE

nous a donc légué de grandes richesses ; les terrains renferment du sel et du gypse, et les eaux des sources minérales qui, chaque année, guérissent ou du moins soulagent une foule de personnes. Le trias nous fournit de riches matériaux de construction, et par sa décomposition même donne, sous forme de marne, un engrais estimé; les localités keupériennes se distinguent par leurs grasses prairies, leurs champs fertiles et leurs vignes productives ; partout le trias assure le bien-être des populations.

La dolomie seule fait exception: lorsque les pluies ont décomposé cette roche, il ne reste qu'un sable perméable à l’eau et stérile. Là où le terrain est exclusivement formé de dolomie, comme dans les montagnes calcaires du Vorarlberg et dans les vallées latérales de l’Engadine, la végétation est fort pauvre, les arbres et les buissons sont rabougris, les prairies et les pâturages ne sont recouverts que d’une herbe clair-semée et les régions élevées sont complètement arides.

Nous possédons quelques localités dolomitiques (ainsi la vallée de Mora qui conduit de St.-Giacomo à la Munsterthalalp) où la végétation manque complètement, et depuis le bas de la vallée jusqu’au sommet déchiré des montagnes, celles-ci n’offrent que le spectacle navrant de la désolation et de la mort.

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