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II. ANIMAUX MARINS

Schambelen nous en fournit 39 espèces ainsi réparties : 4 Rayonnés, 17 Mollusques, 6 Crustacés, 1 Saurien et 11 Poissons.

a. RAYONNÉS.

Au lieu du Lis marin dont nous avoas parlé (p. 53), c’est mie belle Pentacrine, Pentacrinus angulatus Opp. qui attirera la première notre attention.

Elle aussi a une longue tige noueuse, sorte de colonnettc pentagone à

LE LIAS EN SUISSE

Pentacrinus angulatus <>pp. ; a. morceau de la tige principale; b. insertion des branches ; c. morceau de bras avec ses branches ; d. bras avec ses poils ; e. coupe de la tige grossie 2 fois.

angles saillants (fig. 33 a), qui par place donne naissance à des branches également noueuses (fig. 33 b). Au sommet de cette tige se trouve une couronne composée de 5 bras qui se divisent en deux, peu après leur naissance, pour se subdiviser de nouveau ; ces bras sont cylindriques, et les ramifications secondaires, minces et ténues, sont garnies d’une rangée de poils longs et élégants : Pinnulæ (fig. 33 d).

A Scbambelen, on n’a pas trouvé de couronne entière, mais beaucoup de morceaux de tige et des débris de couronne qui sont enchevêtrés les uns dans les autres ; on rencontre surtout des morceaux de tige, dont la cassure offre un dessin ressemblant à une corolle (fig. 33 e). Ces Pentacrines vivaient probablement en colonies, et étaient fixées aux rochers, ainsi que les Lis de mer, au moyen de leur longue tige *.

Leurs proches parents, les Astéries, n’ont pas de tige, et vivent en liberté dans l’eau ; elles sont remarquables par leurs cinq rayons terminés .en pointe et recouverts d’écailles colorées ; une charmante espèce, Ophioderma Eschcri Hr.** (fig. 34) rappelle l’Ophiura texturata Lam.

• On connaît des tiges d’une espèce voisine, le P. subangularis Mill. sp., qui ont 35 pieds de long.

** L'Ophioderma Egertoni Brod. sp. du lias supérieur de Lyme en Angleterre lui est très-proche parent. La figure et la description qu’en donne Broderip (Transact. of the geol. soc. of London, V, p. 174, PI. XII, fig. 5, 6) sont très-insuffisantes, et il n’est pas possible, d’après elles, de terminer l’espèce. Quelques échantillons, à la vérité fort imparfaits, que j’ai reçus de cette localité m'engageraient cependant à y voir une

RAYONNÉS DE SCHAMBELEN.

Ophioderrcia Escheri Hr. ; a. petit exemplaire, côté supérieur ; b. grosseur moyenne, côté inferieur; c. animal jeune; d. deux bras arec les écailles correspondant au disque supérieur ; les trois autres bras et le reste du disque représentent la partie inférieure ; e. la base d'un bras, vu de dessus ; f. morceau de bras vu de dessous.

Elle nous est parvenue à toutes les phases de développement avec des rayons longs de quelques lignes à 3 pouces.

Un animal non moins remarquable que les Étoiles de mer est l’Oursin de Schambelen, Diademopsis Heerii Merian (PL VI, fig. 1), conservé presque en entier et armé encore d’une grande partie de ses radiolcs.

Il nous a fourni un type dont nous nous sommes servi pour étudier ce genre, qui commence à paraître dans les plus anciennes formations marines, et qui peuple encore nos mers.

espèce distincte. Chez le sujet anglais le disque est relativement plus grand, et les écailles latérales des bras semblent s’étendre jusque sur le milieu de la partie supérieure de cet organe. Chez l’O. Escheri les bras sont minces et cylindriques, recouverts de 4 lignes d’écailles élégantes, dont les latérales recouvrent les supérieures (fig. 34 e) et les inférieures (fig. 31 fj. Sur le coté supérieur, le disque se compose au centre do cinq petites plaques en forme de cœur autour desquelles dix plus grandes, et par paires, recouvrent la base de chaque bras (fig. 34 a, d, moitié gauche). Sur le côté inférieur du disque (fig. 34 b, d, moitié droite; cinq écailles semblables indiquent l'ouverture de la bouche. D’après le Dr Lotken notre espèce et l'O. Egertoni appartiennent au genre vivant Ophioglypha, voy. Additamcnta ad historiam Ophiuridarum. Kiobenhavn 1869, p. 107.

LE LIAS EN SUISSE

La PI. VI reproduit cette espèce de Scharabelen dont la grosseur varie de 12 à 32 millimètres de diamètre.

Nous voyons que le test est muni de nombreux radioles, et présente environ 10 champs. Sur le bord de|ô de ces champs, nous remarquons deux lignes de petits trous (PI. VI, fig. 1 d) par où passaient les pieds membraneux, ou ambulacres, qui pendant la vie dépassaient probablement les radioles et servaient à la marche. Les aires munis de ces trous d’où sortent les ambulacres sont nommés aires ambtdacraires. Dans ce genre, les aires ambulaeraires forment un demi-tour et sont ornés de deux lignes de petits tubercules (PI. VI, fig. l 'g); entre deux aires ambulaeraires, il y a deux rangées de plaques non trouées qui forment les aires dits : interam- . bu lacraircs. Chez notre espèce chaque aire interambulacraire possède 2 rangées de tubercules lisses qui sont un peu plus gros que ceux des aires ambulaeraires, et dont le rang extérieur se poursuit jusqu’au sommet, tandis que l’intérieur finit plus tôt. A ces tubercules sont attachés des radioles en forme d’aiguille et finement striés (l’I. VI, fig. 1 e, f, grossis). Cinq dents pointues (PI. VI, fig. 1 b) garnissent la bouche et se rencontrent à son centre; elles servaient à la mastication delà nourriture qui consistait probablement en Varech.

J’ai trouvé à Schambelen des familles entières de cette espèce, vieux et jeunes réunis ensemble; ils ont sans aucun doute vécu en cet endroit. Je n’ai rencontré par contre que quelques radioles d’une seconde espèce d’Oursin, le Cidaris psilonoti Quenst.

b. MOLLCSQI KS.

Les pétrifications, provenant d’animaux marins rejetés sur le rivage, se trouvent souvent accumlées en nombre considérable dans le même endroit; c’est un péle-méme complet de coquilles et de carapaces; il n’en est pas ainsi à Schambelen; les Mollusques n’y sont pas rares, il est vrai, mais le plus souvent ils sont réunis en petit nombre, et il n’y a que les Limes dont on rencontre de vrais monceaux.

Le nombre des espèces est restreint, et cette localité n’était évidem-

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