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BANCS DE CORAUX

Corail s’accroît en hauteur sans interruption, et plus l’ouvrage avance, l>lus la partie extérieure devient puissante.

Le rempart de Corail s’éloignera de l’ile à mesure qu’elle deviendra plus petite et il formera avec elle une lagune ; nous aurons ainsi une lie entourée d'un récif en forme d’anneau, et séparée de lui par un profond chenal. C’est ce qu’on appelle un récif barrière , qui se distingue du récif bordure en ce que la lagune est plus ou moins profonde.

Si l’affaissement continue, l’ile disparaît complètement; elle est submergée et se coutrc de Coraux (fig. 59, ligne III, indiquant le nouveau niveau), qui se sont accrus sans interruption dans les mêmes profondeurs.

Le banc de Corail aura donc une forme plus ou moins circulaire, renfermera un lac central et s'appellera atoll ou lie à lagune. Celui que représente la fig. 00 est l’atoll de Whitsunday dans le Pacifique.

Fig. 00.

Atoll de Whitsunday dans l’Océan Pacifique.

Le bassin central est souvent d’une profondeur très-considérable et pourvu d’un ou plusieurs passages du côté opposé à celui d’où viennent les vents violents. S’il se produit des affaissements ultérieurs, Panneau de l’atoll se divise peu à peu en plusieurs petites îles, qui finissent par disparaître. Tout est submergé, et les Coraux, entraînés à de grandes profondeurs, meurent, et sont bientôt couverts de limon et de sable.

A l’appui de ce qui précède, Darwin cite de nombreux exemples et démontre que dans les mers du Sud les atolls et les récifs barrières doivent

LA HER JURASSIQUE

leur origine à un affaissement graduel du sol, tandis que les récifs bordures proviennent d'un relèvement ou de l’état stationnaire de la localité.

Dans les atolls, les Coraux forment donc, par le fait, le sol de l’ile, et plongent à de grandes profondeurs, mais ici ils sont morts. Ils ne s’accroissent et ne vivent que dans les zones supérieures, se renouvelant sans cesse, et exhaussant le fond primitif des mers.

Les Coralliaires se rencontrent dans toutes les mers; mais les espèces qui forment des bancs manquent actuellement dans li% zones froides et tempérées. Dans les mers tropicales, ils ne se trouvent pas partout : ainsi ils manquent dans les lies (îalopagos et sur les côtes ouest de l’Amérique centrale, ainsi que dans l'Océan atlantique, à l'exception des Bermudes. Leur area est donc immense.

L’Océan indien et le Pacifique sont remplis d’atolls et de récifs barrières ; ces derniers entourent <;à et là les côtes de vastes continents ; un large banc de 1000 milles anglais de longueur longe les côtes nord-est de la Nouvelle-Hollande; il a de 10 à 25 brasses de profondeur et est séparé de la côte par un canal large de 20 à 30 milles anglais.

Dans l’hémisphère sud les bancs de Coraux vont jusqu’au 2'.)° de latitude ; au nord, dans la Mer-Rouge, jusqu’au 30“ et aux Bermudes jusqu’au 32°, 15 latitude nord, sous l’influence favorable du Gulf-Stream.

Cette prodigieuse quantité de bancs- de Coraux se compose de myriades de petit-s architectes qui, de nos jours encore, sont occupés à la construction des rochers calcaires.

Le monde primitif de notre Suisse donnait asile à ces mêmes Coralliaires, et une importante partie de nos montagnes est due à l’activité de ces petits animaux. Notre mer jurassique nous présente des lies et des bancs de Coraux qui sont exactement semblables à ceux des mers tropicales. Quelques Coralliaires, et çà et là quelques bancs se rencontrent dans les plus anciens étages jurassiques, mais leur area s’étend beaucoup avec le jura blanc. Ils y forment des bancs calcaires souvent d’une très-grande importance et qui ont reçu le nom de Calcaire corallien.

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