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BANCS UE CORAUX

Ce calcaire consiste en une niasse de Coraux plus ou moins cristallisés ou saccharidés. La structure intérieure a été le plus souvent détruite par la cristallisation; mais la forme extérieure, les cannelures, la sculpture des branches et leurs cellules sont fort bien conservées. Leur couleur ordinaire est d’un beau blanc, et fréquemment aussi rose chair.

Entre ces morceaux de Corail, qui souvent sont encore dans leur position perpendiculaire et dont le diamètre atteint parfois 2 ou 3 pieds, il y a de nombreux restes d’autres animaux (Oursins, Eponges, âFollusques et Crustacés) soudés par un ciment calcaire ou par des masses de roches spongieuses.

C’est dans l’intérieur des bancs de Coraux, qui autrefois étaient des récifs barrières et des atolls, qu’on trouve les animaux les mieux conservés. Les coquilles des Mollusques sont intactes et inunies encore de leur nacre; les Oursins de leurs stries, de leurs verrues et de leurs radioles finement sculptés; souvent ils étaient ensevelis dans le limon qui envahissait le milieu des atolls ; cela se voit encore de uos jours dans les lieux dont le sol, dit Darwin, est recouvert d’un fin limon calcaire. Dans notre jura, il n’est pas rare de rencontrer des individus de la même espèce ensevelis par milliers, les uns près des autres, ou dans des étages d’âges différents. Les Bivalves ont encore leurs deux coquilles dans la même position que pendant la vie. 11 est donc probable qu’à une certaine époque, ces animaux ont été ensevelis par une avalanche de boue et de sable, ou qu’entraînés par un affaissement du sol, ils périrent peu à peu, les conditions nouvelles où ils se trouvaient devenant impropres à la vie.

La roche nous a donc conservé la colonie telle qu’elle était alors.

Sur les bords extérieurs des bancs de Corail, nous remarquons au contraire des couches de rochers formés de restes d'animaux brisés et gisant pêle-mêle, résultat évident des tempêtes; on peut constater le fait sur le flanc ouest du Gunzberg et sur les bords du Hochwald et du Radersdorf."

Là, les espèces sont jetées en désordre; elles y ont été amenées de glandes distances; tandis que, dans l’intérieur des bancs, on peut reconnaître qu’elles sont chez elles.

LA MER JURASSIQUE

A côté des espèces qui se rencontrent partout dans la mer jurassique, presque chaque banc et chaque dépôt ont leurs formes spéciales ; le fait est frappant pour les Oursins, les Coralliaires et les Coinatules qui, dans beaucoup, d’endroits se trouvent réunis comme en famille. Gressly cite le fait digne d’attention que le calcaire compacte du Jura, un peu caillouteux et rempli de débris de Mollusques, est parfois l’avant-garde des bancs de Coraux. Les premiers occupants semblent avoir été principalement! des Pholadomyes, des Mytiles, des Modioles, etc., qui préfèrent les fonds sablonneux dans lesquels ils peuvent s’enterrer; les Huîtres, les Eponges et les Oursins ne tardèrent pas à les y suivre.

A I’orrentruy et dans plusieurs autres localités, au-dessus des bancs de Coraux, apparaissent des couches calcaires formées de masses de sable et de limon sans Coralliaires; puis, plus haut encore, ces derniers réapparaissent pour disparaître de nouveau, nous montrant ainsi une succession de modifications dans les conditions d’existence des faunes marines.

La carte qui suit indique l’area des bancs de Coraux dans une partie de notre mer jurassique (fig. 61). On peut y voir les bancs des cantons de Râle, de Soleure et de Berne. La Forêt-Noire était, pendant la formation jurassique, ce qu’elle était déjà à l’époque basique; tandis que le continent vosgien formait un vaste golfe représenté par les parties basses de l’Alsace actuelle.

Ce golfe nous fournit une grande quantité de Coraux et d’animaux de la grève qui nous indiquent que la côte ouest de la Forêt-Noire était bordée par un récif bordure ; il prenait la forme d’un récif barrière au sud de Dorneck, passant par Geinpen et Seeven et s’étendant jusqu’à Meltingen ; il était entouré de dépôts de limon et de brèche.

Plus loin, à l’Ouest, on rencontre quelques atolls proprement dits; je tiens pour tel celui qui est aii nord de Laufen et qui entoure le Blauenberg ; il y a là 3 bancs dessinant une lagune.

Un second atoll plus grand existait dans les environs ; du côté du nord, le banc n’est interrompu qu’à une ou deux places, et va du Mont-

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