FLOUE DES ILES MADRÉPORIQUES
Quenstâdt, d'un nombre incalculable de millions de Coralliaires ; il fournit des pierres pour le pavé d’Ulm et a donné les principaux matériaux pour les fortifications de cette ville ; ces petits auiinaux y ont donc ainsi travaillé des millions d’années à l’avance!
On connaît encore des bancs très-vastes de Coraux en d’autres parties de l’Allemagne, ainsi qu’en France et en Angleterre. A l'époque jurassique, ils ont joué en Europe un rôle semblable à celui des Coralliaires actuels de l’Océan indien et des mers du Sud. C’est une question intéressante et im problème à résoudre que la distribution exacte et la configuration des bancs de Coraux dans les mers jurassiques de l'Europe.
Revenant à nos bancs de Coraux, ou peut se demander s’ils étaient , recouverts par les eaux ou s’ils émergeaient et formaient des lies, comme on en voit en grand nombre dans les mers du Sud ; c’était le cas dans les cantons de Bâle et de Soleure. Dans le canton de Bâle, le calcaire corallien de Pfàffingor-Schloss et du château de Neuenstein est recouvert d’un dépôt de charbon très-peu important à la vérité, mais qui nous révèle un continent; près de Diinikon, dans le voisinage d’Olten, on a trouvé une belle fronde du Zamites feneonis Br. Dans le Jura occidental, les lies raadréporiques étaient couvertes de végétation comme on en a la preuve par la présence de belles feuilles de Cvcadées trouvées au Mont-Risoux et près de Dorche. Dans les environs de Lyon, il y avait une lie madréporique avec une forêt de Cycadées, car il n’est pas rare d’y rencontrer çà et là de grandes et belles feuilles de cet arbre.
La planche ci-contre peut donner une idée des îles madréporiques du Jura et de l’aspect que devaient avoir les antiques atolls de notre pays.
Nous y voyons des lies couronnées du Zamites feneonis ; des Tortues sortant de la mer , et gagnant la grève pour y déposer leurs œufs ; des Ptérodactyles volant vers le rivage et, dans le voisinage du littoral, des
Plésiosaures au long cou, cherchant leur nourriture. Dans les profon-
LA MER JURASSIQUE
(leurs (le la mer, nous distinguons toute une forêt de Coralliaires et la faune variée qui les accompagnait*.
Ainsi donc, au nord et à l’ouest delaSuisse, la mer jurassique présentait en général des bas-fonds, et le golfe alsacien était entouré de récifs bordures qui enserraient les côtes; au sud, ces récifs se réunissaient en atolls. A l’ouest, le nombre des bancs diminue ; mais quelques-uns d’entre eux sortaient des flots bleus de la mer pour former des lies bientôt ornées de Cycadées à feuilles découpées.
Nous ne savons pas ce qu’était la mer jurassique baignant tout le plat pays de la Suisse, parce qu’il est recouvert maintenant par la mollasse, le grès et le nagelfluh qui nous cachent l’ancien sol jurassique. Nous le retrouvons plus haut le long des Alpes où, ainsi que nous l’avons fait observer précédemment, il constitue quelques-unes de nos plus hautes montagnes. Le jura alpin a été formé à la même époque que celui du nord-puest de la Suisse, comme ses pétrifications nous le prouvent; ce n’est donc pas sans surprise qu’on les voit si différents à tant d’égards.
* Los Comiliaires représentas ici sont les suivants : flsastrsea hclanthoides à cellules polygonales, gros Polypier à forme globuleuse. Plus loin à droite : le Mændrina rastollina à côtes méandrines: tout à côté: le Stvlina castellum à cellules rondes. Dans le coin à droite: le Microsolena oxpnnsa à base amincie. Los Therosmilia, Cladophyllia ot fsocora représentent la majeure partie des Polypiers dendroïdes. Le Thecosmilia irregularis sort à gaucho de l'Isastnra, tandis «pie derrière nous voyons: le Th. tricbotoina à gros rameaux : à droite le Th. crassa et devant cette dernière, quelques échantillons du Confusastnea diantluis à branches courtes. Au coin gauche: l'Isocora Thunnanni, et à l'arrière-plan on distingue l'épais branchage des Cladophylliar Les Polypiers coniques du coin de droite représentent des Montlivaltia : entre eux on voit à gauche trois Apocrinus fixés sur un pied «le Corail et, à côté, un groupe d'Kponges (C'nemidium et Scvphia) près desquelles se trouve un Oursin: le Pygurus Blumenbachi Ag. ; sur le Polypier auquel il s’appuie s’est établie une Serpula qui étale ses bras délicats. — Au premier plan, çà là* nous trouvons des Bivalves et des Univalves: le Diceras arietina (coin de gauche), les Pteroccra Océan i, Nerinea bruiitrutana et Pecten avarie us Et. A droite un Oursin à gros radioles: le Cidaris Blumenbachi. Le sol est couvert du gazon des Nullipores. Les Bélemnites sortent de la for«»t «les Polypiers et se rapprochent de la surface de l’eau, on jouent deux espères de Poissons: le Lepplotus Levis, à gauche et à «lroite, le Pycnodus.