MOLLUSQUES. AMMONITES
les côtes sont larges et séparées par des côtes plus petites se dirigeant vers la carène.
Fig. t»7 - Fig.es». Fig. 68 b.
Fig. 67. Ammonites Martinsii Orb. Oberblegialp, lrJ gr. imt. — Fit*. 68 a Animoni* tes Morris! Op. Oberblegialp, rue de dessou?, b. vue de face, l/9 gr. tiat.
L’A. Morrisi Op. ffig. 08 a, d’Oberblegialp) forme, avec l’A. maérocephalus et quelques autres espèces voisines, un groupe spécial; il se reconnaît à un corps très-globuleux à enroulement rapide, à l’élargissement du dernier tour de spire et à sa carène arrondie (fig. 68 b). Chez l’A. Morrisi, les côtes sont passablement serrées, simples et enveloppant la carène.
Souvent la coquille des Ammonites est ornée de cornes, de jwintes et de dents ; ainsi l’A. ornatus (fig. 71. un très-petit exemplaire), dont les flancs sont pourvus de côtes élégantes et d’une ligne de saillies; le dos est muni de deux rangées de dents. L’A. Ruppellensis Orb. (fig. 72), remarquable par ses grandes dents, et l’A. Jason Rein. sp. (fig. 70), dont la bouche est ornée de deux grandes oreilles en forme de languettes ; c’est une espèce répandue dans toute l'Europe, et jusque dans l’Oural ; mais elle n’a été observée que dans quelques localités de la Suisse (à Hornussen, canton d'Argovie, à Grand Caudon, canton de Vaud, et dans la chaîne du Stockhorn). L’A. Ruppellensis est également rare (Obergôsgen, près d’Oltcn, et Birmenstorf) ; par contre l’A. .ornatus est répandue dans tout le jura.
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Fig. 70. Fig. 71. Fig. 72.
Fig. 70. Ammonites Jason Rein. sp. — Fig 71. Ammonites oraatus Sehl. — Fig. 72 Ammonites Ruppellensis Orb.
Les Béleinnites, très-voisines des Ammonites, ont eu, comme celles-ci, une assez grande area dans la mer jurassique.
Le Musée de Zurich en possède GG espèces provenant du lias et du jura suisse, la plupart viennent du lias supérieur du jura bran et du jura blanc inférieur. Elles doivent avoir joué comme carnassiers un grand rôle parmi les habitants de la mer, d'autant plus que quelques espèces ont atteint une taille considérable. Les coquilles fusiformes de la Bclemnites giganteus et de la B. lmculoïdes ont un à deux pieds de long, et l'animal entier a certainement dû avoir le double de cette longueur. Plusieurs espèces sont extrêmement communes, ainsi le B. semihastatus se compte par millions dans l’argile à A. omatus d’Argovie.
Ces Céphalopodes étaient les Univalves les plus grands et les plus abondants de notre mer jurassique. Ils étaient accompagnés d’autres genres fort nombreux. Parmi ceux qui vivent encore dans les mers et les fleuves des zones chaudes, le genre Melania se rencontre dans le jura blanc de Porrentruy (M. striata, M. gigas, qui ont jusqu’à '/, pied de longueur), les Chemnitzia leur ressemblent beaucoup (Ch. Clio Orb. , fig. 77, ‘/a gr- nat.); ils ont une coquille fusiforme et terminée par une pointe très-fine.
Il en est de même des Nerinea, dont les coquilles sont tantôt lisses.
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Fig. 73 Fig, 79. Fig. 80.
Fig. 73. Turbo tegulatUB Muust. — Fig 71. TrochuB angulatoplicatus Munst. — Fig. 75. Natica gigas Stromb. sp. — Fig. 76. Nerinea bruntrutana Tlmrm. — Fig. 77. Chemnitzia Clio Orb. — Fig. 78. Pterocera Oceani Br — Fig. 7!) Patella castellana Thnrm — Fig. 80. Ditremaria (Pleurotomaria) discoidea Rœro. *p.
tantôt profondément striées ou munies de verrues délicates et de cabochons ; telle est la N. nodosa Volz. Ce genre à lui seul a donné à l’orrentruy 21 espèces, dont quelques-unes atteignent la taille d’un pied et plus, ainsi les N. arrarica Et., N. bruntrutana Thurni. (fig. 76, '/a gr. nat.). Cette dernière est si abondante dans le calcaire corallien, qu’on désigne quelquefois cette roche sous le nom de calcaire wrinécn. Le genre Natica (fig. 75) est également fort reconnaissable à la dernière spire de sa coquille; il renferme de grandes et nombreuses espèces, ainsi: N. grandis. N. gigas, N. semiglobosa Et. Les espèces des genres Turbo (fig. 73) et Trochus (fig. 74) ressemblent à des formes vivantes qui habitent des côtes. Les Ditremaria leur tiennent de près ; on en a trouvé à Porrentruv plusieurs grosses espèces, D. discoidea (fig. 80, ’/a Sr- nat.). Les Murex, ainsi que les Patella (P. castellana Th., de Porrentruy, fig. 79) fréquentent les bords de l’eau.
Les Pteroceras, remarquables par la digitation du labre, n’ont cer-
LA MER JURASSIQUE
taineinent vécu'que dans les bas-fonds. Une espèce, le Pterocera Oceani Br. (fig. 78, de Porreutruy) se retrouve depuis les anciens juras jusqu’au nouveau calcaire portlandien ; à Porrentruy, dans quelques couches, on les compte par milliers, tandis que, dans certaines couches intermédiaires, elles manquent complètement, ce qui indique qu'à plusieurs reprises, les conditions d'existence favorables à cette espèce lui ont fait défaut.
Fi*. 81. Fi* S’J. Fi*, s::.
Fi*. 81. Fi*. S.Y Fi*. Rti.
Fi*. SI Ostrea acumjnata Sw il- Friok. — Fig. SJ. Exogyra virgula Dfr. sp. — Fi*. 83. AsLarte supracorallina Orb. cross, l’orroniruy — Fig 84 Pholadomya paucicosta lUvm. >/, *r. nul. l’orroniniy. — Fi*. S, 3 Diceras arietina Lk. */, *r nul I'orrenlmy. — Fi* 88. Lyriodon suprajurensis A*. ' ,, *r. r.nt. l orrcnlruy.
Les Bivalves de notre mer jurassique étaient à peu près en nombre double des Univalves; ils présentent peu de variété dans les formes. Les quelques espèces, '.suivantes ont dominé dans la constitution des roches.
Les Huîtres : Ostrea acuminata (fig. 81), O. Marshii, O. bruutrutaua, O. cotylédon, etc. ; les Exogyres, Exogyra virgula (fig. 82), voisines des précédentes, ont le crochet enroulé; les petites Astarte sont presque rondes et à valves égales ; A. supracorallina Orb. (fig. 83), qui se ren-
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contre par millions. Les Térébratules possédaient un grand nombre d’espèces; les Terebratula impressa (fig. 88) et Rhynchonella lacunosa (fig. 87) remplissent des couches entières, auxquelles elles ont donné leur nom: Couches à Lacunosa et à Impressa. De grandes Pholadomies
Fig. 87. * Fig. 88. Fig. 8î».
Fig. 87 Rhynchonella lacunosa üdil, var. arolica Opp. du liirmensiorf. — Fig. 88 a. Terebratula impressa lir. : b. la coquille vue en dedans. — Fig. 8î).Serpula gordialis Scbl. de Porrentruv.
(Ph. paucicosta IUem., fig. 84), dont on a réuni lii espèces à Porrentruv, sont aussi très-répandues. Les Peignes et les Limes donnent 06 espèces, la plupart avec de grandes et fortes coquilles ornées en partie de stries et de crochets; on peut y ajouter de nombreuses espèces des genres Mytilus, Area, Cardium, Cyprina et Pinna. Je citerai encore comme fonne curieuse le Diceras arietina Lk. (fig. 8ô), remarquable par ses grands crochets, enroulés en spirales, et le Lyriodon supra jurensis Ag. (fig. 8G), reconnaissable à sa coquille triangulaire munie de stries et de verrues. Deux espèces de ce genre vivent encore dans les mers de l’Inde, tandis que le Diceras avait déjà disparu à l’époque tertiaire.
La glande, classe des Annélides, qui devait sans doute être largement représentée dans la mer jurassique, ne nous offre que quelques espèces qui se construisaient des tubes calcaires (les Serpules) ; leur corps mou était protégé par cette enveloppe ; elles allongeaient en dehors de l’ouverture, leurs bras (branchies) en éventail; dans les espèces vivantes, ces organes sont ornés des couleürs les plus variées et les plus brillantes. Jusqu’ici on a observé dans le jura blanc de Porrentruy 21 espèces de Serpules dont quelques-unes sont très-communes, par exemple : Serpula