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ÉTAGES DE LA CRAIE

chaux. Tantôt le sable domine et nous donne un grès vert ou de couleur sombre, tantôt, au contraire, c’est la chaux, et alors nous avons un calcaire marneux, schisteux, bleu clair, qui se délite facilement, ou un calcaire noir et mélangé.

Le néocomien du Jura, dans sa partie inférieure, au contraire, consiste en une marne gris-bleu, mais jaune à la surface; elle se délite facilement à l’air; on l’emploie beaucoup comme engrais. Dans la partie supérieure, il est formé d’un calcaire compacte et fort souvent jaune. Les couches supérieures donnent une excellente pierre à bâtir qui se distingue par son grain fin et sa belle couleur jaune-clair. Neuchâtel est bâti avec ces matériaux et en a pris une physionomie particulière. C’est avec raison qu’on a donné à cette roche le nom de la ville de Neuchâtel, anciennement appelée Neocom. Les Romains s’en servaient déjà comme on s’en est assuré par les fouilles de l’antique Aventicum.

L'Urgonien est très-répandu dans les Alpes; il se distingue du précédent par sa couleur claire, et forme quelquefois des parois de rochers de plusieurs centaines de pieds, et par place de remarquables crevasses (Schrattenkalk), ainsi sur le Schafmatt, sur la Schrattenalp, dans l’Entlibuch, sur le Silber et derrière le Glârnisch. Ce calcaire est blanc et dur; il est parcouru par d’innombrables petites gouttières qui se réunissant ne laissent entre elles que des arêtes qui sont tranchantes comme un couteau. Cette disposition bizarre a fait donner à cette roche le nom de < Schrattenkalk. > Il est probable que ces gouttières ont pris naissance avec le cours des siècles. Les parties molles de la pierre, dissoutes peu à peu auront été entraînées, tandis que les parties dures sont restées et forment les arêtes. Par endroits, on voit de grosses coquilles de Mollusques en relief formant ainsi sur les parois gris-blanc des dessins d’une couleur plus foncée.

Dans le Jura, l’urgonien consiste généralement en une roche jaune qu’il est difficile de distinguer du néocomien; ailleurs, il est gris-clair, et on le confond facilement alors avec le jura supérieur. Il donne par endroits une bonne pierre à bâtir, et renferme dans plusieurs localités de

L’ÉPOQUE CRÉTACÉE

l’asphalte qui, depuis quelques années, est exploitée dans le Val Travers (entre Couvet et Travers). A la Perte-du-Ithône, dans un étage supérieur de la craie (le gault), on a également trouvé un gisement d’asphalte; celle de Seyssel, de Pyrimont et de Chavaroche au Fier (une lieue à l’ouest d’Annecy), se rencontre dans un calcaire urgonien blanc.

Dans les environs de Genève et en Savoie, les différences entre l’ urgonien alpin et le jurassien disparaissent.

Après cet étage vient l 'Aptien, que l’on remarque à la Perte-du- Rhfrae. C’est un calcaire marneux, jaune et une marne arénacée grise et jaune. Cet étage ne manque pas dans les Alpes, mais il se confond par sa couleur claire avec lp calcaire précédent.

Le Gault est reconnaissable à sa couleur foncée et se voit de loin, tranchant par ses bandes sombres sur les teintes claires des roches qui l’environnent. C’est un calcaire ou un grès tantôt vert, tantôt noir, renfermant une quantité de grains verts qui lui ont fait donner le nom de Grès vert. Ces grains sont composés d’un silicate de fer oxydulé; c’est par leur oxydation même qu’ils donnent à la pierre cette couleur sombre. Le gault renferme, par places, de nombreux rognons qui contiennent probablement du phosphate de chaux (ainsi au Wallenberg, près du pont de Mollis et sur la Plattenalp). Ils sont identiques avec les morceaux de calcaire phosphaté que l’on rencontre en si grande quantité dans le comté de Surrey (Angleterre) ; ils sont largement exploités pour l’agriculture. Lyell pense qu’ils proviennent d’excréments de Poissons, parce qu’ils ont une complète analogie de composition avec les Coprolithes.

C’est dans la zone alpine de la Suisse orientale que le gault est le plus répandu, surtout au Sentis, au lac de Wallenstadt, à Pragel, près de Seewen, et jusqu’à Unterwald; il manque au contraire dans les Alpes bernoises et lucemoises ; on le retrouve dans la vallée du Rhône ; dans la Savoie limitrophe, il atteint de grandes proportions. A la Perte-du- Rhône, il prend l’apparence d’un grès vert-clair ; il en est de même à

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