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ÉTAGES DE LA CRAIE

Sainte-Croix, dans le Jura, où il repose sur un calcaire marneux jaunebrun et où il est recouvert par une argile bleue.

Les parois de rochers qui, à l’est de Seewen, dominent le joli petit lac Lowerz, donnent une bonne idée du Calcaire de Seewen ou Seewerkalk. C’est un calcaire compacte et à cassures coquillères, d’un gris qui va du clair au foncé et à cassures coquillères. Les parcelles qui s’en détachent sont ondulées et ordinairement recouvertes par mie pellicule de marne schisteuse d’un noir brillant. Il renferme par place des filons de pierre à fusil. Le seewerkalk manque dans le Jura, mais il est trèsabondant dans les Alpes orientales. Il forme la pointe des Mythen, où il est rougeâtre; plus loin, il occupe la couche supérieure d’Oberseealp et de Itauti, et il s’étend sur le Neueckkamm, le Leistkamm, lés Kurfdrsten et les montagnes d’Appenzell, couronnant presque tous leurs sommets.

Nous voyons par cet exposé que la côte nord de notre mer crétacée diffère d'une manière sensible par ses gisements de la côte sud (les Alpes). Elles ont cependant ceci de commun qu’elles renferment des grains verts que nous avons déjà vus dans le néocomien, qui manquent complètement dans l’urgonien, mais qui réapparaissent en grande quantité avec le gault pour disparaître de nouveau dans le seewerkalk.

Le fait que l’on rencontre partout de ces grains dans le crétacé et surtout dans le gault anglais, doit provenir d’une cause générale qui a présidé à leur formation et à leur disparition. Pendant l’époque crétacée, il a dû se produire à deux reprises une riche formation de fer provenant de l’intérieur de la terre, et qui s’est répandue sur toute l’Europe sans que nous soyons pour le moment en état de donner une explication plausible de ce phénomène.

La différence de constitution des dépôts des deux côtes ne doit pas nous étonner. Les matériaux provenaient de la terre ferme. Les ruisseaux descendant des lies alpines ont surtout travaillé à produire les dépôts sud en apportant le sable des roches cristallisées pour la formation des grès ; ceux des côtes jurassiennes amenaient du calcaire. Toutefois,

L’Éi’OQUE CRÉTACÉE.

nous sommes hors d’état d’expliquer en détail les différences qui existent entre les divers étages crétacés. la couleur sombre du néocomien alpin provient probablement de la teinte foncée des calcaires inférieurs des hautes montagnes, lesquels ont dû plus ou moins concourir à la formation de ces différents dépôts; les sédiments plus récents sont d’une teinte plus claire et ressemblent à ceux du Jura. Le gault seul fait exception; il doit son caractère spécial aux causes énumérées plus haut. Les ruisseaux et les fleuves qui se jetèrent des côtes nord dans la mer crétacée venaient d’un pays qui renfermait surtout des dépôts jurassiques, mais qui cependant possédait au loin, dans l’intérieur, toutes les anciennes formations. Une grande bande granitique faisait de la Forêt- Noire et des Vosges un pays de montagnes où probablement les fleuves prenaient leur source; ce pays était entouré de gisements de plusieurs sortes, car il s’était formé pendant l’époque triasique et la jurassique ; cette dernière eut une grande influence sur les gisements calcaires de la craie jurassienne et contribua à donner aux dépôts crétacés leur couleur claire.

Comme nous l’avons dit, les côtes sud et nord de notre mer crétacée diffèrent non-seulement par la nature de leurs masses constitutives, mais aussi par les espèces d’animaux marins qui y sont enfouis, quoiqu'en général le caractère des faunes soit presque le même et que beaucoup d’espèces semblables se rencontrent sur les deux côtes. Dans ces circonstances, l’étude de la distribution dos Céphalopodes dans notre mer crétacée sera particulièrement instructive. Ce sont des animaux pélasgiens, qui par conséquent sont, moins que d’autres, fixés à une certaine localité. Ils nous révéleront en môme temps la nature et l’étendue de la mer crétacée ; le tableau suivant donne un résumé des espèces observées en Suisse* :

* Pour établir ce tableau, j’ai consulté les ouvrages suivants :

Fr. -J. Pictet. Mollusques fossiles qui se trouvent dans les grès verts des environs de Genève. — Genève, 1847.

F. -J. Pictet et E. Renevieh. Description des fossiles du terrain aptien de la Perte-du-Ithône et des environs de Sainte-Croix. — Genève, 1854-1858.

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