‹ LE MONDE ROMAINChapitre 2 sur 91 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

qu’ait connue l’antiquilé, suprême résultat de qualités pratiques qu'ont mises en lumière plusieurs des précédenis volumes (1).

Originellement paysan, épris d’ordre, traditionaliste, mais observateur, accessible à l’expérience, enclin à respecter chez les autres, ou même à adopter pour son compte, toul ce qui pouvait servir la discipline sociale, le Romain a été conduit à établir des rapports réglés entre un nombre d’hommes iloujours croissant. Nous avons vu son empire s’élendre, au début, par le concours des circonstances et par la force même des choses — campagnes préventives, préoccupalions de « couverture », besoins d'ordre économique, entraînement militaire — plutôt que par une volonté impérialiste et d’après un plan préconçu. Nous avons constaté que, devant les meilleures occasions, le Sénat avait parfois des hésitations prudentes, — jusqu’au jour où les ambitions individuelles, l’appétit de gloire ou de lucre (qui toujours, d’ailleurs, ont dû jouer quelque rôle) s’avivèrent et emportèrent définitivement les résistances : « L’expansion continue de la puissance romaine était la condition première de toute domination personnelle (2). » L’impérialisme alors devint conscient, — mais un impérialisme assez complexe dans ses éléments. On le voit bien avec César, qui n’est pas sans ressembler à Alexandre et sans se souvenir de lui : comme le conquérant macédonien, il est mû à la fois par la passion égoïsle el par des tendances généreuses, des « aspirations vers une monarchie universelle, effaçant les distinctions de races et faisant tomber entre les peuples les barrières (3) ». En rappelant ici, dans un raccourci vigoureux, les accroissements successifs de l’Empire, V. Chapot montre que Rome, à partir d’un cerlain point de son développement, n’a pas

(1) Voir iomes XVI, p. vi, XVII, pp. vi, ; XIX, p. IX, (2) CHAPOT, p. 48, (3) GHapor, ibid,

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