AVANT-PROPOS VII
grandi par les seules conquéles : comme elle étendaïi la paix sur le monde conquis, la séduction de celte paix, les bienfaits de l’organisation forte ont déterminé des rois à lui léguer leur royaume en mourant (1).
Après la période préparatoire du Principal, ce que L. Homo appelle le « Dominat » inaugure une forme de gouvernement nellement appropriée aux résultats de l’impérialisme. Cette unité de la Romante, qui finit par s'étendre, sinon à lout l’univers connu, du moins jusqu’à la limite des résistances invincibles, a fait naître le sentiment très vif de nécessités nouvelles. Dans le tome XVIII, où il suit le développement des institutions politiques, Homo montre lumineusement que les empereurs ont substitué l’État à la Cité, ou, st l’on veut, l'État territorial à l’État urbain, — miniature d’État, — et perfectionné le régime dont les monarchies orientales avaient fournit des modèles. Homo analyse le mécanisme du pouvoir central : ici, V. Chapot s’allache à préciser de quelle façon les rouages gouvernementaux ont élé affectés par les particularités de la vie provinciale et, d’autre part, quel rôle ont joué les instilulions locales que, partout, l’État a reconnues ou créées. Car Rome a innové le moins possible (2) : elle « n’avait pas le tempérament niveleur; elle procédait avec beaucoup de prudence et de souplesse, tenait comple des faits, des habitudes établies (3) ». Elle a donc laissé aux peuples — Homo et Chapot s’accordent à le reconnaître — le maximum de liberté, de particularisme, compatible avec la sécurité et l’intérétéconomique de l’Empire.
(1) Le « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » étant une idée récente, les peuples anciens — surioui les plus évolués, et quand l'impérialisme apparaissait bienfaisant — se soumeltaient, en général, assez facilement, mais sans dévouement profond. Voir CHAPOT, p. 472. — Dans le catalogue de sa bibliothèque, Montesquieu, après avoir mentionné ses propres Considérations, cile ce passage de la satire de « Sulpicia » :.. Duosunt quibus extulit ingens | Roma caput, virtus belli et sapientia pacis.
(2) CHAPOT, p. 253,
(3) CHAPOT, p. 462,