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LES RÉGIONS DE LA GAULE

Notre pays n’est pas de ceux où, sauf en quelques points spécialement explorés, tout a sombré des souvenirs antiques. L’abondance des textes et la multiplicité des recherches donnent au moins un aperçu de l’activité régionale et de la physionomie des centres principaux.

Nous partons de la Narbonnaiïse (2), la première conquise et la plus vite évoluée, grâce à la contiguïté de l’Italie, au caractère méditerranéen d’une partie de la contrée, à la colonisation ‘grecque antérieure, aux créations de César et d’Auguste (3). L’œuvre romaine avant César reste pour nous obscure; ne se borna-t-elle pas, où à peu près, à la fondation de trois villes (4)P Les faits ne se précisent qu'avec l’entrée en scène du dictateur. Les circonstances le décidèrentà ruiner tout

(1) LXV, p. 333-384; CXLII, VI, p. 302 à la fin. (2) CXXX, p. 19-39 et 47-95; CLXXXIII, p. 189 et suiv. (3) J. KROMAYER, XVI, XXXI (1896), p. 1-18.— (4) Plus haut, p. 335.

LES GAULES ET LA FRONTIÈRE DE GERMANIE Wal

d’abord la glorieuse Marseille. Pour triompher de Pompée, il lui fallait enlever ce point d’appui ; de là le terrible siège, la capitulation de la ville, la perte de son territoire et de son matériel naval. Elleavait, à vrai dire, peu contribué à la fortune de ses possessions continentales, qui gagnèrent à cette séparation. Daus son port vide tout mouvement cessa presque aussitôt, mais son heureuse situation, son beau ciel, l’intelligence et la haute culture des habitants lui amenèrent un renouveau : nous avons mentionné son Université; les jeunes Italiens s’y rendaient en foule pour recevoir cette formation grecque qui conservait tout son prestige; ils y retrouvaient des compatriotes que la politique avait compromis et que Rome rejetait de son sein, revenant à la vieille manière de l’ostracisme athénien.

Deux cités r’ecueillirent l’héritage de Marseille. Forum Iulit (Fréjus) (1), le « marché de César », dut moins à lui qu’à Auguste sa prospérité passagère. L’empereur y établit des marins qui avaient vaincu à Actium et logea dans la baie les vaisseaux capturés. Ville toute militaire, comme l’attestent ses inscriptions, — des épitaphes desoldats, — elle commandait les contrées voisines, les routes de grande communication ; mais le port organisé par Auguste, purement artificiel et constamment menacé, s’ensabla assez vite pour rendre permanents les travaux d’entretien et décourager à la longue le gouvernement central. La flotte disparut, nous lavons dit, au n° siècle ; ce fut pour la cité le commencement d’une déchéance irrémédiable, dont elle ne s’est jamais relevée; ses remparts majestueux, s2s aménagements souterrains, les ruines de ses deux citadelles évoquent, mieux encore queses édifices de plaisance, son antique caractère. L’abaissement de Marseille avait seul permis à Fréjus son rôle de port de guerre.

Pour le négoce, c’est Narbonne qui supplanta lillustre cité.

(1) C. JULLIAN, Fréjus romain, Paris, 1886.

Narbo Marlius avait par deux fois reçu des colons romains, étant déjà ville florissante. Comme Fréjus, et davantage, elle est de nos jours loin de la mer. Aux temps romains, grâce aux

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