est ouverl aujourd'hui
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dos calV'S où l'on trouve quelques journaux l'ranrais. Un de mes amis, qui a longtemps srjoui-né à Dublin, constatait avec douleur (jue les Irlandais étaient, à ee })oint de vue. fort inférieurs aux Croates. Quant à la société, autant que j'en ai i)U jugei-, elle est fort hospitalièi'e; c'est d'ailleurs ce que m'ont assuré quelques Français qui résideid à Agram ou dans h^s environs. Ils exploitent des forêts et des mines, et envoient à Marseille, par la voie de Trieste, des douves et des poutres qu'ils font fabriquer sur les lieux. Ils se louaient des relations qu'ils entretenaient avec les meilleures maisons de la ville et ne regrettaient qu'une chose, l'absence d'un consul français à Agram, pour veiller sur les nombreux intérêts commerciaux qu'ils ont dans le pays. Le peuple ne leur paraissait ni plus ni moins civilisé que celui des autres villes de l'Europe. On rencontre peu de mendiants et point d'ivrognes; il en est d'ailleurs ainsi dans tous les pays oîi le vin est abondant et à bon marché. Le vin de Croatie est rèche et saisit désagréablement l'étranger; mais on s'y habitue, et il faut s'y habituer, car l'hospitalité croate veut que l'hôte fasse raison à tous les toasts.
Le moyen d'y résister! Ils se présentent d'une façon si obligeante ! Le maître d'une maison oîi vous êtes reçu pour la première fois vous offre un verre de vin. « Voici, dit-il, les clefs de ma maison. Gardez-les et servez-vous-en tant qu'il vous plaira, k Je n'ai rencontré que chez les Croates cet usage ingénieux et délicat. Puis, on nomme, comme dans les repas des anciens, un roi ou plutôt un régisseur du festin istoloravnald). Il pol*te tour à tour la santé de chaque convive en y joignant celle d'une dame absente ou i)résente : « Je bois à la santé de M. N.... et alin qu'il ne
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hoivo pas soûl, je lui donne pour compaijfne madame ou mademoiselle.... » Suivant l'esprit ou la malice du régisseur, ces toasts deviennent fort piquants et entretiennent, dans le repas, une i>aiel«'> qu'on ne voit jamais déirénérer en Iieenr(> : le héros du toast doit remercier en son nom et au nom de sa C(>mi)agne. C'est un devoir lie galanterie auquel pei'sonne ne saurait mancpier.... .Mais arrivons à des détails plus sérieux.
Agram est la capitale non seulement de la Croatie, mais encore du royaume triitnitaire (Trojjedina Kralievina). On appelle ainsi l'eiiseiidjle des ti'ois royaumes de Croatie, Dalmatie et Slavonie, y conq)ris la frontière militaire Uirajinn).
La populalion de ces trois royaumes est l'oncièrcment slave. D'après le dernier recensement on conq)tait 1 9i:{9i-2 Croates contre 27 000 Allemands en Croatie et 20 000 Italiens en Dalmatie. Il ne faut donc pas se laisser égarer par les noms italiens que l'on rencontre dans cette dernière province, sur les cartes onicicUes. Chacun lieux cache un nom slave dont il n'est le plus souvent ([ue la traduction. Ainsi Itidia lia rivière) est connue sous le nom de Fiwne. Raguse s'appelle en réalité Dubrovnik. La langue italienne , inhospitalière aux mots étrangers, les transforme inqiitoyablement au l)oint de les rendre parfois méconnal)les. Qui retrouverait Munchen (Munich) sous la forme bizarre de Monaco? A entendre sans cesse nommer \t Monléiiégro, qui ne serait tenté de voir une colonie italienne dans cet inviolable sanctuaire de la nationalité serbe? One
les Itali(Mis ;iienl traduit le soi-be Tserna Gora ou le turc Kara-Dagh en Monte Ncgro, c'est leur droit: faisons comme eux, disons la Montagnc-Xoirc. Pour revenir au royaume triunitaire, lia été i'orl (lénieml)ré par les circonstances : il est plutôt aujourd'hui un souvenir et une espérance qu'une réalité politique. La Daluiati(\ nnic pendant plusieurs siècles à la Croatie, et conquise ensuite pièce à pièce par les Vénitiens, a été adjugée par le Congrès de Vienne, ainsi que la République jadis si florissante de Raguse, à Tempereur d'Autriche, qui l'a directement annexée à ses États. Néanmoins, le souverain actuel a reconnu en principe, par l'acte du 26 février 1801, l'union de la Dalmatie avec la Croatie. Mais cette union, réclamée par toutes les Diètes qui se sont succédé à Agram, n"a point encore été réalisée. D'une part, le lieutenant impérial résidant à Zara est regardé comme le liiogo tenente du ban de Croatie. De l'autre, la Dalmatie a une Diète, et elle envoie ses députés au Parlement de Vienne. Du reste, il est assez probable que le Gouvernement autrichien sera désormais moins tenté que jamais de la rendre au royaume triunitaire. Ce serait livrer aux Hongrois tout le littoral de l'Adriatique.
L'organisation des confins militaires a eidevé à la Croatie et à la Slavonie une portion considérable de leur territoire et de leurs habitants : 700 000 Croates et Slavons sont soumis à un régime militaire bien autrement rigoureux que ne lest notre inscription maritime, et séparés de la mère patrie ({ui les réclame en vain. Cette institution, utile au temps où les Osmanlis menaçaient sans ceese Pesth et Vienne, n'a plus aujourd'hui de raison d'être en face de la Turquie agonisante. Elle subsiste cei)endant par une contradiction singulière et
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roiilro l;i(|U('ll(> la Croali(> protostf vaincmoiit. Il csL il('|iiiis ((U('l(|iit' temps, (iiiestion de la supin'iiiicr '.
Malgré ces nnitilalions. riiiiiN' du royaume Iriuuilairc uCu subsiste pas moins, et Agram est considérée par li's Dalmales et les eonfinaires comme leur véritable capitale. Ce n'est pas tuic ville sans iuiporlancc (pie celle dont le prestige polititpu) rayonne sur deux millions d"hommes. et dont lauforité morale est aeee])tée par tous les .lougo-Slaves. Dans renseml)le dirais qui conslituenl l'empire (rAutriclie. Agram joue un rôle plus important que nélait celui de Stuttgart ou de Dresde dans l'ancienne Confédération germanique. Le royaume de Croatie n'est i)as une simple fiction de chancellerie : après avoir eu. du \ir au xn' siècle, une existence indépendante, il s'csl uni à la Hongrie, mais par un lien purement personnel, conime le Luxembourg, par exemple, est uni à la Hollande. Il a toujours été, par l'organe de sa Diète, partie contractante dans les transactions où le royaume de Hongrie est intervenu.
La Diète de Croatie élut en l.rJT Ferdinand de Habsbourg: en 1712. elle accepta la Pragmatique Sanction avant le royaume de Hongrie. Les actes dont l'ensendjle forme le Corpus juris piibliii de la Croatie consacrent tous cette indépendance-: elle avait |)Our symbole et pour gai'dien la |)ersonne du ban, magistrat suprême du royaume, sorte de vice-roi résidant à Agram. avec les pouvoirs les plus étendus, sans en excepter celui de convoquer la Diète. H devait être choisi parmi les grands proprii'laires de ll-ltat. Le royaume avait son drapeau et son sceau particulier, et se faisait au besoin représenter à \'ienne par des nonces délégués ad hoc. Dans