IV.W
Ah! c'est la col(ire de Dieu. C'est dans ce palais que j'ai tué mon lils, c'est là qu!il est tomhé eulre la p(Ute el la l'cnélre....
11 voulait se retenir au rideau, il ne le i)ul, il retomba, cl le sang de sa blessure rejaillit sur le rideau.
(// tressaille.)
Qu'est-ce?- Ecoutez! Qu'cnleuds-je sous le plancher? Enlendez-vous? Encore,... encore,... mais je suis encore tsar; mon heure n'est pas venue.... je puis me repentir. Irène, l'édor, Marie, approchez! approchez, bo'iars, meltcz-vous tous devant moi. De qui avez-vous peur? Plus près.... A vous tous....
(// se met à genoux.) A vous tous, je demande pardon.
BIELSKY.
Aie pitié de nous, Seigneur!
scnocïSKY, bas à Bicblnj.
Prends garde, c'est peut-être un piège qu'il nous tend.
IVAN, à genoux.
Mes fidèles serviteurs, il n'en est aucun, parmi vous, à qui je n'aie fait tort par mes actes ou mes paroles. Pardonnez-moi, Bielsky, Zacliarine, Schouïsky.
SCHOUÏSKY.
Seigneur, est-ce à toi de nous demander pardon?
IVAN
Tais-toi, drôle. Je peux me repentir et m'humilier devant qui je veu.K. Tais-toi et écoute : Je me repens,... mes péchés sont sans nombre et sans mesure,... j'ai été aveuglé par réclat de la pourpre, j'ai souillé mon âme par l'orgueil, mes lèvres par le blasphème, mes mains par le meurtre et le vol, mes entrailles par les excès, mes flancs par la débauche.
« Nous te pardonnons, répond Zacharine; mais il faut songer à la guerre que tu laisses. » Ivan se relève; il essaie d'apprendre à son fils Fédor ce rôle de tsar qui sera si lourd à remplir; mais Fédor est faible, inerte, il sera incapable de l'égner. Le tyran se prend de nouveau à regretter son fils Ivan....
Vous vous rappelez, dans le Louis XI de Delavigne, la scène entre le vieux roi et François de Paule. Le moine italien donne à Louis de sages conseils, il lui adresse de sévères remontrances : certes, le dialogue n'est pas sans beauté. M. Tolstoï s'en est peut-être souvenu en faisant appeler aussi un moine par Ivan. Mais la fiction qu'il invente est d'un effet bien autrement dramatique que la scène un peu froide du poète français. Le moine qu'Ivan a appelé vit depuis trente ans dans une retraite
l.A DKAMK .\UH»r.U.Ni: KN RUSSIE. 233
altsolue: il ignore et les fautes et les nialiieurs d'Ivan: les questions naïves qu'il lui pose oltligent le tsar à une conlession nouvelle, mais bien plus douloureuse que la preniirre. dans laquelle Ivan trouvait du moins je ne sais quelle satisfaction d'orgueil à son humiliation volontaire. Ivan expose au moine la situation tle l'empire. One doit-il faire?