‹ Le monde slave; son passé, son état présent et son avenirChapitre 29 sur 46 · ORIGINES ILLYRIENSES ET POLONAISES · texte numérisé non relu

ORIGINES ILLYRIENSES ET POLONAISES

chose <f une manière plus vraisemblable. Elles nous montrent l'empire des Avares sur le Danube comme un renouvellement de la puissance des Huns ; et ces nouvelles hordes traînaient à leur suite, comme celles d'Attila, des tribgs de laboureurs slaves, forcés de cultiver la terre, pour fournir à leurs maîtres nomades le blé et les aliments. Ainsi partout où se portait une horde .d'Avares, des Slaves la suivaient. In outre, plusieurs tribus de Croates libres s étaient alliées avec ces barbares dès le sixième siècle, et faisaient 4? concert avec eux des irruptions dans le midi. Le Lban des ^vçre» avait même envoyé en 603 un corps de Slaves auxiliaires , pour aider Agilulf, roi des Lombards, à conquérir Crémone. 11 y avait donc déjà des Slaves établis sur l'Adriatique, quand parurent sur cette merles Croates blancs, alliés d1 Hé radius ; et ces derniers n'eurent qu'à faire appel à leurs frères slaves opprimés par de féroces nomades , pour se trouver aussitôt maîtres du pays, en quelque sorte sans coupférir. C'est ainsi seulement qu'on peut expliquer l'imposante puissance que déployèrent tout-à-coup les Croates. A en croire l'historien impérial Constantin, ce peuple entretenait une armée permanente de cent mille fantassins et de soixante mille chevaux , sans compter une flotte de quatre-vingts galères de haut bord, entourées de leurs chaloupes d'abordage.

La capitale et le principal port de ces Biclo-Croates était Bielo-Grad, la ville blanche, dont il ne reste plus aujourd'hui que des ruiues, appelées en italien Zara-

IÎO 11 MOITOI 1LAT1.

Yrcchia , et dont les environs portaient le nom de Siclraga terra. Autoor de cette résidence se rangeaient, K'fon les auteurs grecs , onze villes de second ordre qn« serraient de siège a autant de jupanies, et dont les principales étaient : xa* Ct va, sans doute Livno en Hert- M-çovine ; ïtpôr*, aujourd'hui Imotski sur le lac du imHne nom, forteresse célèbre au moyen-âge ; TÇtvrywi sur la rivière nommée encore Tsetina; rAeCa, également ville et rivière, nommée aujourd'hui Pliva ; tvh^ actuellement Knin,'forte citaddle sur la Krka ; Kp/C*r«, peut-être aujourd'hui Krbava, district dominé par le château d'Udbina, fameux dans les chants populaires, et voisin du comitat de Lika, que les Byzantins appelaient Litza.

Le territoire que les Croates venaient de conquérir renfermait un grand nombre de cités déjà très anciennes. Telles étaient Scardooa, maintenant Skradin, Baloïe, en grec BtAirÇfiv, aujourd'hui Belaï , dans la Croatie turque, Korinium (Karin) et Stulpini (Sluin), toutes les deux mentionnées par Pline et Ptolémée. Cependant les villes les plus florissantes de la Dalraatie se maintinrent eu dehors de F administration slave , et continuèrent de former pour ainsi dire un état à part dans TÉtat. Maîtresses de tout le commerce de la Dalmatie, depuis l'antique Vaownov (Raguse) jusqu'à Tadar ou Zader, aujourd'hui Zara, ces villes conservèrent à leur territoire le nom romain de Dalmatie, par opposition aux parties montagneuses du pays qa Viles appelèrent Croatie, x?»Cari*. Fières de leur ori-

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4e leur civilisation antique et de leurs

'dations de ces villes dédaignaient les

irhares ; et jusqu'à ce jour encore

> .s Italiens contre les Morlaks,

. intérieur des terres. Parmi ces cités

.oulentes républiques au moyen-âge, se dis-

-d surtout la fameuse Tadar, par sa puissance et

ses malheurs. Longtemps rivale de Venise , elle finit

par devenir sous les coups de cette seconde Rome une

autre Cartbage.

Jusqu'où s étendaient les divers territoires de ces petites républiques, c'est ce qu'il serait difficile de préciser. Elles ne possédaient sans doute autour de leurs murailles qu'une banlieue très restreinte; car Constantin Porpbyrogenète affirme qu'elles tiraient leur principale subsistance, non pas de la terre ferme, mais des lies, qui leur étaient soumises. Il est également impossible d'indiquer jusqu'à quelles limites s'étendait la Croatie dans l'intérieur du continent. Car dépendant de l'état de force ou de faiblesse de l'empire grec 9 ces limites varièrent constamment d'an siècle à F autre. Du moins est-il prouvé que la partie septentrionale de la Dalmatie, et le nord-ouest de la Bosnie, faisaient partie des jupanies croates. Les diplômes princiers et monastiques de ces cantons jusqu'au dixseptième siècle, se servent tous du nom de Croates pour désigner la population indigène. Aussi jusqu'à présent ce nom est-il resté le plus usuel, celui sous lequel le peuple des campagnes se désigne lui-même au

4M Uf MONDf &UT|.

voyageur. Le littoral où se trouve le port deFiuroe,et qui appartieut encore actuellement au ci-devant royaume autrichien de Croatie, avait fait dès F origine, sous le nom de Primo rée (en grec napaBaXaeala, ) partie des possessions croates , qui s étendaient beaucoup plus loin qu'aujourd'hui du côté de Venise, puisqu'une grande partie de l'Istrie a conservé et parle encore le dialecte particulier des Croates. Ainsi l'étendue de côtes occupées par ce peuple était assez considérable pour le mettre en état de lutter avec avantage sur mer, comme sur terre, contre ses voisine.

Voilà comment au neuvième siècle les tribus nommées dans Constantin XpoCaroi, dans Kedrenos XopÇxroi, et dans les auteurs latins Cravati, assurèrent à la race slave sur la Méditerranée un débouché qui, à en croire les apparences, lui avait jusqu'alors manqué.

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