ORIGINES ILI/VMENNES ET POLONAISES
dans Jornandès est appelée Slrava ; et ce mot veut dire en slovak repas funèbre. Parmi les villes et les châteaux que Procopc mentionne en Mésie, en Hlyrie, en Macédoine, plusieurs portent déjà des noms slaves. En outre comment expliquera-t-ou que le peuple turc et finnois des Bulgare, qui ébranla jusque dans ses fondements l'empire grec, ait pu au bout de quelques générations adopter tout d'un coup l'idiome slave? Un tel ftilt serait côîitrë nature, si on ne pôuvaii le motiver par la présence de peuplades déjà slaves au midi du Danube, peuplades assez nombreuses, assez organisées pour absorber au oout de quelque temps leurs conquérants bulgats et septentrionaux.
De tout ce qiii précède ne doit on pas conclure: d'abord qlie la période des migrations slaves commence bien des siècles avant le moment fixé jusqu'ici par les historiens; ensuite que les colonies karpathiques, en se répandant tout lé long du Danube dans les vastes contrées d'où leurs ancêtres venèdesou serbes avaient été refoulés, trouvèrent encore dans ces contrées des débris de peuples, qui n'avaient pas encore entièrement adopté les mœurs et la langue de leurs maîtres, tant latins que teutons? Ainsi s'explique l'étouliant silence des anciens chroniqueurs sur la prise de possession de tant de pays divers par les colonies vendes. Ces pays n'avaient jamais totalement cessé d'être considérés comme vendes ou slaves; et ce que lès historiens politiques d'Allemagne appelèrent plus lard due iuvasiou, n'avait été réellement qu'une restauration,
OUGDiES ILLTIUENNES.
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On Tient de le toit, ee fat an haut des Karpatbes qoe s arbora le premier drapeau d'insurrection des Stores contre leurs oppresseurs. Il s'agirait maintenant de chercher quelle fat la première nationalité slave, qui se dégagea historiquement du chaos des migrations.
L'histoire romaine nous a déjà montré les Karpi soutenant dans leurs montagnes une lutte de plusieurs siècles contre les Césars. D'où Tenaient les Karpi? C'est ce qu'aucun historien n'a jamais su dire. Ptolémëe et Pline mentionnent, il est Trai, des Karpi dans le nord ; et le géographe Guido de Ravenne, tcts l'an 886 , écrit d'après d'anciens auteurs : Sarmatia , ex quâ gens carporum in belto égrena, eujui po$t terga Oceanus innavigabilis est. Hais si l'on presse les témoignages sur ce peuple, on les trouve contradictoires ; et Ton s'aperçoit que chacun d'eux assigne aux Karpi des demeures différentes, depuis les côtes gis-
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eées où F Océan du nord n'est plus navigable , jusqu'aux rives bénies du Danube. Ne serait-ce pas là une preuve qu'après avoir désigné seulement les Slaves Hbres des Karpathes, le nom de Karpi s'était étendu avee le temps à tous les Slaves; et qu'à l'instar des noms de Vendes et de Serbes, il avait formé une troisième dénomination générale pour toute la race? Du moins semble-t-il difficile de nier ce fait pour ce qui concerne l'expression de Khrobati ou Croates, qui suceède au nom des Karpi.
Je crois donc qu'il faut renoncer à préciser la situation primitive de ce que les chroniqueurs de l'époque barbare ont appelé la grande Croatie. Un seul fait reste admis par tous : c'est qu'il y avait des Croates dans les montagnes qui séparent la Hongrie de la Pologne, et que ceux-là étaient appelés Croates Mânes, oc qui signifiait libres dans le langage de l'antiquité. On les distinguait par là des Croates noirs du nord, ainsi appelés parce qu'ils étaient encore esclaves. Enfin les premiers monuments du moyen-àge nous montrent des Croates en Pologne, en Russie, en Ulyrie, en Bohème, partout en un mot où nous avons vu précédemment des Vendes ou des Serbes.
Nulle part toutefois ce nom de Croates ne fut porté par les Slaves aussi fièrement qu'en lllyrie. Aussi est-il resté dans ce pays pour désigner une des trois grandes variétés dont se compose la nationalité moderne des llly riens. Ce fut vers Fan 634 que le seul peuple aujourd'hui appelé Croate, descendit de ses montagnes,
et franchit le Danube, à V appel de l'empereur grec Héraclius. Constantin Porphyrogénète ' nous représente ces Croates blancs émigrant sous la conduite de cinq frères, qu'il nomme Klukas, Lobelos, Kosentsis, Mukhlo et Khorbatos. Ils étaient accompagnés par deux de leurs sœurs appelées Tuga et Buga. Ces sept princes avaient conclu avec Héraclius un traité d'alliance, d'après lequel cet empereur leur cédait, sous la condition tlu tribut, toutes les parties du littoral de l'Adriatique, d'où ils réussiraient à chasser les Avares. L'expulsion de cette horde formidable fut pour ainsi dire l'affaire d'un moment. Les historiens ne mentionnent point de batailles ; ils ne savent nous donner aucuns détails sur cette guerre. Ils affirment seulement qu'au bout de trois années les Croates blancs avaient subjugué les Avares dans toute la Dalmatie et la Mœsie ; et. que cette vaste région qui s'étend depuis le Danube jusqu'aux frontières de l'Épire, était devenue slave.
Comment un événement si compliqué, si grave, aurait-il pu s'accomplir dans l'espace de trois années? Heureusement les chroniques indigènes racontent la
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