ALI PACHA
certainement, il causera ta mort ! Et sais-tu quelle e vais te le dire. Quand une musulmane aime un fût-elle la propre fille ou sœur du sultan, on la met 1 sac, avec un chat et un serpenta Le chat lui la poitrine de ses ongles, le serpent s'enroule autour cou, on lie au sac une lourde pierre, et le tout le, pierre, sac, serpent, chat et femme, on le jette au; la lumière du soleil ne Téclaire plus jamais. t, chez les Turcs, la récompense de celle qui aime iir. Quant à son amant, on lui coupe la tête et Ton son cadavre aux bêtes féroces et aux oiseaux de Us-moi quel est ton amant?
MEiRiMA, relevant la tête.
i/fe connais pas? Tu sais tout et tu ne sais pas son ^ce possible !
ALll»ACHA.
is me le dire, ici, à l'instant.
MEIRIMA, à part, iheur l
ALIPACUA*
lom... Son nom...
MEIRIMA.
e te le dise ! Que je le trahisse ! Tombe sur moi plu* gl!
it dit Voltaire de ce chat et de ce serj)ent, lui qui, à propos ïamlet, écrivait : Uii rat dans un corps de garde, passe ; mais tragédie !
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!rx ~M ÔEifr- 7x v^B^ ik &xJ Je te ramdierai par l
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Je mf eniôxs fots %a& paà^Baid: la ne sauras pas nu <«CB«t Tu firaix. mit suer.
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S%m, iiaisJŒi l'état!
{Elle iombe ècanouie.]
Au bout de qufdqu<s iustants elle reprend conuai sauce. Le pêne, qui adore sa fille et qui l'a crue mon cherche à la cousK^r, la rassure et recourt à la ru pour savoir sou secret. — Ne crains rien, mon enfai c'est la volonté de Dieu; ne crains rien, dis-moi s nom. — Tu veux le perdre, mon père ! — Je ne troi perai pas d'uue Jaçou aussi infâme le dernier c esclaves, à plus forte raison mon enfant. — Et elle avoue que cel amant c est Jivan, le fils de Novko. A pacha comprend maintenant le. mystère dont No^ avait enveloppé sow êu^^ksi^ irès'è\^v.\ûv\\ il envoie ch
LE DRAVB^aODfiRNE EN SERBIE. 145
cher Jivan. Il veut Tentretenir, mais défend à sa fille d'assister à l'entretien. Jivan arrive, la jeune fille sort. Alipacha lui révèle qu'il sait tout : Tu aimes ma fille Heirimal
JIVAN.
Gelai qui Va dit cela, puisse la langue lui tomber! Il Vql trompé. Hier même je me suis fiancé à une chrétienne.
ALIPACHA.
Ah! de mieux en mieux; à Tune le cœur, à l'autre ranneau nuptial, et tu les trompes toutes deux!
JIVAN.
rai tout donné à ma fiancée.
AUPACHA.
Tais-toi, misérable ! Ne te déshonore pas par d'autres mensonges. Je sais tout. Meirima m'a tout dit.
JIVAN.
Elle!
ALIPACBA.
Et c'est elle que tu dois remercier si ta tète est encore sur les épaules.
JIVAN.
Alors, il est inutile de dissimuler. Elle l'a dit et je ne la démens pas. Me voici en tes mains ; fais de moi ce que tu voudras.
ALIPACBA.
Tu es né sous une heureuse étoile. Non-seulement je te laisse la vie, mais encore je te donne ma fille, et avec elle toute ma fortune...; mais à une condition : c'est que tu renonceras à la Croix*
Que dis-tu? Tu veux m'éprouver!
^të Le MONi)E sLÂ<lnf.
ÂLIPACUA.
Non, je parle sérieusement. Tu t'étonnes?... Tu te lais... Ce que je te donne est-il trop peu pour toi?...
JIVAN.
Tes dons me sont aussi chers que ma vie ; mais ma foi m'est plus chère encore... Je ne puis... Mon père, ma mère, mes frères me maudiraient... Ils mourraient de honte et de douleur. D'ailleurs, je suis fiancé à la fille d'Ouroch; ce serait un péché d'abandonner la fiancée qui a reçu mon anneau.
ALIPACHA.
Tu as bien pensé à tout, sauf à une chose, c'est que lu es dans ma main, et qu'il me suffit de la serrer un peu pour t'étouffer comme un oiseau. Avant de me donner une réponse décisive, réfléchis donc!
JlVAN.
A quoi bon réfléchir?.... Je t'abandonne ma tête, mais je ne t'abandonne ni ma foi, ni mon honneur.
ALIPACHA.
Va-t-en, et puisse le démon l'emporter 1 Que jamais je ne voie l'ombre de ton corps ! Ne regarde jamais, même de loin, ma demeure ; et ne confie même pas à la terre sourde ce que tu as dit ici.
Jivan sort. Meirima rentre seule, elle se soutient à peine; elle a tout entendu, et ne comprenant rien à l'héroïsme du chrétien, elle s'imagine que Jivan aime Loubitsa; elle éclate en fureur contre l'infidèle. Elle veut se venger ; elle veut faire périr celui qui l'a trompée. Son père profite de ce brusque revirement; elle lui promet de faire dans trois jours un choix entre ses
i£ DHAMl MODE.RifE EN SERBIE. iil
irètendaiits; dans trois jours ce choix sera fait. Elle iera le prix du plus brave, de celui qui aura tué le imuv en combat singulier et qui lui apportera sa têle. Elle confie son sinistre projet à Ghérifa ; Chérifa l'en détourne : tout espoir n'est pas encore perdu. En éloignant Loubitsa on peut regagner le cœur de Jivan. — Va dire à Osman de Tenlever, qu'elle m'a offensée, de l'enlever bien loin !
GHÉRIFA.
Mais, qu'en fera-t-ilîOù Temmènera-t-il?
MEIRIMA.
Qu'il la vende, qu'il la noie dans le ruisseau, qu'il la tue d'une balle de son fusil l Qu'il en fasse ce qu'il voudra ; seulement, qu'elle n'épouse pas Jivan, comprends-tu? Quelle ne l'épouse pas. Va 1
Au début du second acte, le poëte nous transporte dans les montagnes de la Bosnie : une troupe de hey^ douks s*y est retirée. On appelle ainsi les Serbes chrétiens qui préféraient à la condition de raiahs une vie héroïque et aventureuse dans les montagnes. Ils viennent de prendre leur repas : les uns sont couchés sur le gazon, les autres ont allumé leur chibouk ; un guzar^ prend sa guzla et chante; sa chanson mérite Pétre traduite, elle peint fidèlement la vie du clephte osniaque*
Oh ! qu'elle est belle, la vie du heydouk I Vivre au sommet des montagnes,