‹ Le monde slave, voyages et littéatureChapitre 1 sur 47 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les peuples slaves couvrent à peu près le tiers de r Europe et forment un quart au moins de sa populalion lulale. Ils sont loin d'occuper dans nos études et dans nos connaissances un part proportionnelle à leur importance géograpliique et numérique. 11 importe aujourd'hui, plus que jamais, d'avoir sur eux des notions complètes et précises; car ils sont constamment en lutte avec TAUemagne, ils voient, chaque jour, leur existence menacée par elle, et ils sont appelés à devenir, à un moment donné, nos plus fidèles alliés.

Esquissons, d'abord, à grands traits, la carte et la statistique du monde slave. Les peuples slaves se rencontrent en All'^ningne. en Autrii^ho. en Rus-

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sie et en Turquie. Deux Etats slaves sont réellement indépendants, la Russie et le Monténégro, un autre, la principauté de Serbie (et non Servie), est soumis à la suzeraineté de la Porte. En dehors de ces Etats, les Slaves ne figurent que conmie citoyens de pays où le souverain est étranger à leur nationalité.

Il est assez dilïicile de dresser un recensement exact de la race slave; les diiïérents peuples (pii la dominent oui Iroj) d'intérêt à la dissimulei* pour qu'on puisse compter sur l'exactitude des cliill'res qu'ils nous Iburnissent. Ceux que je dniine ici nont qu'une valeur approximative.

Les Slaves se divisent en trois grands groupes : Slaves occidentaux, Slaves orientaux, Slaves méridionaux ou lougo-Slaves.

Les Slaves occidentaux conq)rennenl les Polonais, au nombre de 1> millions, répartis entre la Russie, la Prusse et lAulriclie : les Tchèques, dansée royaume de Rohème, en Moravie et en Silésie, o millions, aux(piels il faut joindre 2 millions de Slovaques dans le nord de la Hongrie, les Lusacien>. uu W'oides, dernière délais des races de

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l'Elbe, au nombre de 142,000, répartis entre la Prusse et le rovaume de Saxe.

Les Slaves orientaux sont les liasses. Ils se divisent en Grands-Russes, qui habitent le nord et roi'ient de la Puissie prupremenl dite; en Malo- Fiusses ou Petits-Russiens, qui peuplent la Russie méridionale ; en Russes blancs, dans la Russie occidentale. On compte oo à 30 millions de Grands- Russes; 13 millions de Petits-Russiens; 3 millions de Russes Ijlancs. Les Petits-Russiens occupent une partie de la Galieic id queUpies districts du U(trtl de la lloniiiit'. Lcuscmble lurme un l<»l;il de ])lus de 50 millions.

Les louïiO-Slaves comprenjient les Rulaares (Rultîarie, Thrace et Macédoine dans lempire ottoman), au nombre de 3 du i» millions, les Serbes et les Croates qui forment en rt'alilé une seule iialiiMi |Kirtaii('e en deux éléMiicnls jtar hi dilVérence (11* reliuion ri diiIpliMliri. 11> liabili-ul l;i Groalie, la Slavoni»'. la l>aluialie. risliir. I..' .\lonléni''i.i-r(i. rilerzégovinr, la Ru>nie, la vieille Serbie, la piin^ çipaulé de Seibie. la fi-ontière militaire autri^ cliirmu.', quelques parties de la Hongrie mérididnale. Ils forment un total d'environ <» millions, li

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faut y joindre les Slovènes, qui. au nombre de 1,200,000. occupent la Carinthie, la Carniole, une partie de la Styrie, de Tlstrie, etc. Tous ces chiffres réunis donnent un total de soixante-treize millions, que l'on peut, sans être taxé d'exagération, porter à soixante-quinze ou quatre-vingts,. j)our tenir compte de l'accroissement incessant de la population. Les slavomanes élèvent ce chiffre jusqu'à qualrc-vingt-dix-liuit millions.

Cet ensemble de peuples est, malheureusement, loin de former un lout homogène. Les Slaves du Sud sont sé])arés des Tchèques pai- les Allemands d'Autriche, des Slovaques et des Polonais par les ITonp'rois qui se >ont élnblis. pour ainsi dire, au co?ur même du monde slave; des dilïérences de reliçion divisent et irritent les uns contre les autres les membres d'une même famille. Dans le ciiiitlil (les iWisses et des Polonais, le fanatisme rclipeux jout' un rôle plus tirand encore que l'idée ii;ili(>n;ili' : le iiroupe serbo-croalc comprend des catholiques, des orthodoxes cl des nuisulmans. i^es Wendes, ipii ne sont (puj liOjOOO, ont trouvé le moyen d'aj^partenir à deux sectes diiïérenlcs. et d'avoir deux oi'thographes. Dans le i)ays qui olTre, au premier aboi-d. l.i configinMlirin la plus

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nette et runité géographique la plus incontebtable,, trois millions de Tchèques sont tenus en échec par deux millions d'Allemands. « Les Slaves, a dit un écrivain çrrec du Moven Aère, sont une nation anaichique. » Leur histoire tout entière démontre la vérité de cet aphorisme : cet esprit d'anarchie s'étend jusqu'à la littérature. Au lieu de se grouper autour de quelques dialectes bien choisis, elle s'éparpille dans une foule d'idiomes, dont quelques-uns sont réellement impropres aux grandes productions. Quatre langues principales se partagent aujourd'hui le monde littéraire slave. Ce sont : le russe, le polonais, le tchèque ou bohème, et le serbe. Autour de ces idiomes, gravitent des idiomes secondaires qui Uniront^ sans doute, i)ai' se laisser aljsorber par eux. Il est possible, cependant, que les Bulgares arrivent à créer une lilté'rature nationale.

Pour- (|iii viMil >"iiiilirr Mil inonde slave, il esl à peu près indispensaljle d'apprendre au moins ]\me des langues slaves: mais notre littérature, comme toutes celles des nations occidentales, est encore fort pauvre en moyens d'étude.

Les Allemands, si impartiaux et si érudits quand il s'aj^il df peuples morts, ont trop d"inlf'ivl à caloninirr l.s Slaves pour rpi'on puisse se liera eux. C'est aux Slaves eux-mêmes qu'irfanl demander la clé de leui- histoire et le seci'elde leur destinée. Mais l'étude de leurs langues n'est pas aussi accessilile r(iie C(A\o de l'anglais on de l'italien. Certains idiomes, par exemple, n'dnl en français ni grammaiiv. ni dictionnaire.

Ceux i|iii V(Mdenl liiiM- profil de l.'in- travail pour la polilifpie cl ponr le commerce, feront bien de concentrer d'abord leur attention sur l'idiome jusse. La granimaii'- dr r.eiff el \o grand diction-

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